Le Paris-Dunkerque 2016, un Trail Adventure de 3 jours


Quand l’organisateur des Rando Trail et Maxi Trail Cocorico Rando vous appelle pour vous mettre au défi de tester l’un de ses week-ends lors de la randonnée moto Paris – Dunkerque 2016 – 3 jours d’aventure en maxi trail à travers monts et vaux au guidon de la nouvelle Honda Africa Twin – vous me pardonnerez la faiblesse, mais j’ai dit oui  sans mesurer l’ampleur de cet engagement !

 Le départ, le cadre du weekend est posé, enfin presque…

Nous sommes le 13 mai 2016 il est 7h30, un épais brouillard entoure notre grande dame, cela n’est pas sans me rappeler une certaine scène d’avant bataille de Braveheart, devrais-je m’inquiéter ?

Près de 200 motards barbus ou non, sont rassemblés sur les pavés du Trocadéro prêts à en découdre avec un itinéraire aux petits oignons chargé dans leur Trippy, concocté par un certain Yann Lacante, que j’appellerai amicalement plus tard le bourreau.

J’imaginais que les chemins du nord de l’hexagone n’intéresseraient que des  Béhemistes en GS en mal d’aventures avec leur Trail, mais il en est tout autre. Néerlandais, Belges, Suisses, Anglais et Français sont tous regroupés autour d’un café chaud et de croissants à quelques minutes du départ, prêts à en découdre et mettre à l’épreuve leur trail. L’occasion pour moi de saluer notre amL’Aventurier Viking ainsi que Laurent Cochet et Maître Cigaloutous de la partie et ne sachant pas encore à quoi s’attendre.

Mais ne vous y trompez pas, café chaud, croissants et Tour Eiffel, ce ne sont pas là les composantes d’un regroupement d’aventuriers du périphérique parisien. Il ne s’agit que d’une trêve avant d’entrer dans le vif du sujet.

L’aventure en Trail aux portes de Paris vous dites ?

C’est accompagné de mon Africa Twin, valises chargées, tente et sac de couchage solidement arrimés sur la moto que je me présente au départ… La tour Eiffel nous fait face et Yann se tient prêt à nous donner le tant attendu signal de départ.

À noter la présence d’une Ténéré qui se présente au départ en même temps que moi, il ne faudra pas longtemps avant que j’apprenne que celui qui la surmonte s’appelle Alain, à vrai dire je l’apprendrai dès le premier bourbier quand il m’aidera à relever l’Africa Twin (AT pour les initiés).

Le départ donné, les 200 ne traîneront pas longtemps dans les rues encombrées de la capitale, un bref passage sur l’autoroute pour se sortir de l’effervescence de la vie parisienne, puis quelques ruelles d’une résidence pavillonnaire et nous voilà face à un petit chemin de terre. Une pause s’impose, la vue de ce chemin et son état nous met tout de suite en garde !

Pied à terre, c’est l’instant ou la pression redescend ! Les sculptures de nos pneus ne feront pas tout, il est nécessaire d’abaisser d’en moyenne 1 kilo la pression de nos pneus. Tout de suite l’esprit qui me marquera le plus lors de ces 3 jours se fait ressentir, tout le monde y va de son petit conseil, pas de compétition on est tous là pour une partie de plaisir, l’esprit motard est mis en exergue.

Les dernières précautions prises et fort des conseils de mes pairs, vous le devinerez aisément c’est la première fois que je me lance hors de mes petits chemins traversant gravillonnés pendant plusieurs jours.

Ambiance et bonne humeur malgré les difficultés

Trois jours de précipitations auront eu raison de la capacité d’absorption des sols et c’est en terrain boueux que commenceront les hostilités… Les trails tireront leur épingle du jeu grâce à leurs 180 kg tout mouillé, toutefois les maxi Trails auront eu toutes les peines du monde à parcourir les 300 premiers kilomètres du Weekend.

Mais c’est sans compter l’esprit de camaraderie et d’entraide : une chute était l’affaire de tous, et la remise sur leurs roues de nos « tracteurs » l’était également. À chacun sa spécialité, l’un répare les chambres à air, l’autre trouve les clous disséminés sur les pistes 🙂

Une piste trouvée par Yann et regroupée autour d’une trace qui lui aura demandé plusieurs mois de travail, afin de déterminer les enchaînements qui raviront les débutants et les plus téméraires autour de 2 traces, l’une « Aventure » et l’autre « Extrême », mais également prévoir des zones « roulantes » pour reposer les jambes et les bras ainsi que de demander les autorisations nécessaires au passage de certaines parcelles privées ou gérées par l’ONF.

Les pneus à tétines auront été l’atout clé de cette journée, permettant un dégagement nécessaire dans les bourbiers ou les parties humides. Tandis que les pneus du type TKC 70 se gorgeront rapidement de boue et donneront quelques belles sensations sur la roue arrière.

Les pauses café / madeleine étaient l’occasion de se challenger sur l’heure d’arrivée, ou le nombre de chutes ou de comparer la performance des « anciennes » avec les « petites jeunes » comme l’AT.

Petit clin d’œil à tous ceux qui auront parcouru la trace « Extrême » pour qui, la tâche de rallier le Bivouac aura été plus ardue, mais le sourire sur les visages à l’arrivée laissait imaginer qu’ils reviendraient l’année suivante.

Trace Paris Dunkerque 2016

Trace Paris Dunkerque 2016

Les journées suivantes seront bien plus aisées avec des traces séchantes et des parcours moins éprouvants pour les hommes et leur machine. Mais en gardant tout de même des petites surprises aux participants avec des franchissements de gués, de pierriers ou de bourbiers.

Fin de journée : Le bivouac, une oasis dans un monde de boue

Les journées sont bien remplies, pas le temps de prendre le soleil, de toute manière ce dernier est au-dessus de la couche de nuages gris qui fait la particularité de nos latitudes. 

Le vendredi soir nous avons eu l’occasion de poser nos tentes autour d’un étang, cadre digne de relever d’une étape du Paris-Dakar tel une oasis Picard au lieu-dit de Beauchamps. Les douches chaudes mises à disposition par l’organisation seront l’exutoire de cette journée éprouvante. Le Bivouac du samedi s’établira pour sa part dans les dépendances du Château de Bertangles, en Picardie. L’occasion de se rassembler autour d’un grand banquet alimenté par un barbecue qui fera le festin des compagnons d’un weekend.

Le soir l’ambiance est calme. Il semblerait que les chemins aient eu raison des forces vives mises en oeuvre lors de la journée, c’est bon signe, car tous, sont venus chasser la lassitude du quotidien.

Les rencontres

Les 3 jours auront été chargés d’émotions et de rencontres, camaraderie et bon vivre étaient de la partie, un souvenir ou un petit exploit personnel de la journée était toujours l’élément déclencheur d’une discussion, ce qui permettait de récolter des conseils avisés pour le lendemain ou de faire connaissance de nouveau trailistes. L’organisation ne manquait pas de créer ces instants de partage lors des points de ravitaillement, avec café, eau et collation.

Lolo était de la partie cette année et en bonne compagnie puisque les filles de l’équipée ont relevé le défi. S’il n’est plus besoin de présenter Laurent, il n’est pas de même de Cindy, Pauline, Cécile et  Louise. Nos quatre aventurières étaient équipées respectivement d’une Africa Twin 650 de 1988, d’une Honda AT dernière génération boite DCT, d’une Dominator de 93  et une Yamaha Ténéré de 1987.

Après leur traversée de l’Himalaya en Royal Enfield, les voici sur les chemins des Hauts de France pour un Trail Adventure à la française et il semblerait qu’elles n’imaginaient pas rencontrer autant de difficultés sur nos routes si proches de Paris.

Au détour d’un chemin, je croise Cigalou – Quentin de son vrai nom qui me dépasse malgré sa moto « bridée », vous retrouverez pour l’occasion le récit de son expérience du Paris Dunkerque sur sa chaîne Youtube, Quentin aura eu l’occasion de tester la nouvelle Moto Trail Adventure, La Mash 400 Adventure. Souvent abordé par les participants sur un ton humoristique, il sera pourtant le seul à terminer l’intégralité de la trace « Extrême » le vendredi et sur ses deux roues.

L’aventurier Viking était pour cette occasion l’ouvreur officiel du Trail Adventure Paris Dunkerque 2016, après avoir remis en état son KLE 500 de 1991, sa mission ?

Repérer que la trace « Extreme » était praticable enfin presque et que les autorisations obtenues par l’organisateur sur certains chemins étaient toujours valables, l’occasion pour moi de faire quelques tours de roue avec Baptiste après son retour de Mongolie qu’il avait ralliée avec son Transalp de 1989

Dédicace particulière à Alain, rencontré sur la ligne de départ au Trocadéro et qui m’a accompagné lors de ces 3 jours et avec qui j’aurais jardiné et traversé quelques galères.

Verdict : Le Paris-Dunkerque, je recommande !

Ce weekend aura était vraiment une belle expérience pour moi, le trailiste novice et hésitant du vendredi matin, qui finira les 3 jours, certes un peu fatigué et courbaturé mais bien plus à l’aise sur sa machine et aguerri sur les passages difficiles des chemins de nos campagnes. Une expérience que je recommande également aux novices de cette pratique, car selon un vieil adage, c’est en forgeant qu’on devient forgeront, et ces trois jours auront été formateurs, entouré de trailistes plus expérimentés, avides de partager leurs conseils pour éviter de « jardiner ».

Merci à Cocoricorando pour les photos

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Pierre

Béhemiste émérite, je taille la route au quotidien comme en vacances, quelle que soit la météo au guidon de ma 1200 GS Adventure. Je privilégie l'équipement moto bien pensé et efficace en toutes circonstances.

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