Guide complet : Louer une moto à Bali


Pas besoin de rouler vite pour se faire plaisir à Bali !

Bali, rien qu’un nid à touristes ? Pas si vous prenez la peine de vous écarter des sentiers battus avec une moto de location, qui vous ouvrira les portes des endroits plus confidentiels de cette île paradisiaque… Petit retour d’expérience !

On peut partir en vacances à moto. Et on peut aussi louer une moto quand on arrive à destination ! C’est ce que nous avons choisi de faire avec ma passagère quand nous avons posé le pied à Bali, cette île diverse baignée par les eaux turquoises de l’océan Indien. La moto reste le moyen de transport national en Indonésie (dont Bali est l’une des milliers d’îles), même si la voiture avec sa clim’ bienfaisante tend à gagner du terrain. La moto demeure où qu’on soit autour du monde un excellent mode de découverte des lieux. Et à Bali, elle constitue le sésame qui vous permettra de vous écarter des zones les plus touristiques afin de percer à jour le cœur plus confidentiel et de nouer des contacts plus authentiques avec les Balinais.

Les volcans ont façonné les paysages de l'île, pour le plus grand plaisir des yeux !

Les volcans ont façonné les paysages de l’île, pour le plus grand plaisir des yeux !

Louer une moto à Bali, le meilleur moyen de visiter l’île loin de la foule

« Le mieux pour trouver un deux-roues en toute confiance, c’est de s’adresser à l’accueil de votre hôtel !» rabâchent les guides touristiques Dans notre cas, l’hôtelier ne nous aura pas été d’un grand secours, donc nous nous sommes lancés dans les rues de Denpasar, capitale de l’île où nous avons atterri, sacs sur le dos, en quête d’une monture digne de ce nom. Bien entendu, vous pouvez aussi louer un scooter, plus facile à trouver et moins cher qu’une moto, sans que la qualité de votre balade ne soit remise en cause. Mais nous, on préférait une trapanelle !

On trouve quelques anciennes entretenues avec soin à Bali, comme ce Honda Super Cub

On trouve quelques anciennes entretenues avec soin à Bali, comme ce Honda Super Cub

D’innombrables machines sont garées le long des trottoirs, la plupart inconnues au bataillon en Europe. Passons sur les scooters et autres deux-roues à cadres ouverts type Super Cub, qui représentent 90 % du parc, pour le plus gros sortis des usines Honda. L’essentiel des 10 % restants est composé de petits roadsters 150 cm³, de quelques Kawasaki Enduro et de rares Ninja 300, fleuron de ce qu’il est possible de louer sur place. Les gros cubes ? J’en ai croisé trois pendant mon séjour, dont une R1 Crossplane égarée dans les ruelles de la ville. En ce qui nous concerne, nous préférons de toute façon nous fondre dans la masse avec une moto courante et pas trop tape-à-l’œil.

La Honda GLS Tiger n'est pas moche, elle n'a pas un physique facile, c'est différent !

La Honda GLS Tiger n’est pas moche, elle n’a pas un physique facile, c’est différent !

Notre « Mulet », une Honda GLS 200 Tiger

Sac à dos aidant, un rabatteur qui nous a repéré de loin nous conduit vers un loueur de deux-roues proposant juste ce qu’il nous faut : une Honda GLS Tiger en bon état ! Ce petit roadster haut sur pattes et pas bling-bling pour un sou (j’irais presque jusqu’à dire assez vilain, même) nous permettra de circuler dans un confort correct et son monocylindre de 200 cm³ nous tractera avec aplomb sur les routes serpentant à flanc de volcan – bon, tout est relatif, hein ! « Le mulet », comme nous ne tarderons pas à la surnommer, ne dispose hélas pas de porte-bagage. Qu’importe, je porterai notre sac à dos à l’avant, en appui sur le réservoir, une option qui n’aura causé aucun désagrément avec le recul.

Pause aux abords d'une rizière

Pause aux abords d’une rizière

Après quelques dizaines de mètres au guidon pour appréhender l’état de l’engin, on se met d’accord sur le prix avec le loueur, qui parle correctement l’anglais, comme la plupart de nos interlocuteurs. Comptez un peu moins de 9 € par jour si vous êtes aussi mauvais marchandeur que moi. On signe le contrat de location, et on laisse l’un de nos deux sacs préalablement chargé du plus superflu de notre barda au loueur qui accepte de bon cœur de nous le garder – super sympa, comme tous les gens à qui nous aurons affaire pendant notre séjour. Casque KYT (une grosse marque locale) vissé sur la tête, à nous les contrées les plus inaccessibles aux touristes !

L'hebergement de caractère fait partie des charmes de Bali

L’hébergement de caractère fait partie des charmes de Bali

Bali, le paradis du routard radin aux goûts de luxe

Contrairement à Baptiste, nous n’avons rien de vrais aventuriers. Même si nous ne savons pas où les roues du mulet nous porteront le lendemain, nous avons déjà déterminé quelle était notre destination du jour, et même réservé un petit bungalow sympa sur place. Eh oui, on n’est pas en vacances pour se faire du mal ! Et puis les logements de caractères appartiennent à ces petits bonheurs qui légitiment le voyage à Bali. Enfin, pour ne rien gâcher, ils se montrent bon marché : pour moitié moins qu’un hôtel entrée de gamme chez nous, vous louerez sans peine un bungalow privatif avec piscine et vue à tomber par terre à Bali…

Petit aparté, j’en profite pour vous recommander Agoda, une application concurrente de Booking qui, à défaut d’avoir un catalogue aussi fourni, vous permet de régler votre hébergement en ligne, ce qui évite de devoir trimbaler le budget logement en petites coupures et qui vous affranchit des frais de transaction à l’étranger. Pratique. Bref, revenons à nos moutons, ou plutôt à notre mulet !

Pas besoin de rouler vite pour se faire plaisir à Bali !

Pas besoin de rouler vite pour se faire plaisir à Bali !

Peu de kilomètres pour s’en mettre plein les yeux !

Bali, ce n’est pas très grand. Pour autant, les points d’intérêts sont multiples ! Pas besoin d’enlever des centaines de kilomètres tous les jours pour s’en mettre plein les yeux. Je vous laisse tracer votre propre itinéraire, mais sachez que nous avons écumé l’île à coups de 120 km de moyenne par journée, avec une préférence pour l’intérieur des terres, puisqu’on a prévu de profiter des eaux cristallines d’une petite île corallienne peu fréquentée à un autre moment de notre séjour.

120 km, ça n’a l’air de rien, mais ça représente quand même quelques heures de route : vu l’état inégal du réseau routier et le rythme tranquille des Indonésiens sur leurs deux-roues souvent chargés, difficile de tenir les 40 km/h de moyenne. Cela dit, ce rythme se montre idéal pour flâner, admirer le paysage et les temples hindous qui le ponctuent, répondre aux « Hello ! » criés par les enfants, s’arrêter en un éclair pour prendre LA photo qui rendra le plus jaloux nos amis, etc. Et puis même sur les meilleures parties de la route, je n’ai été amené à passer la cinquième que de rares fois. Ici, on prend son temps ! Le contre la montre, c’est tout le reste de l’année !

Sur le réseau routier secondaire de Bali, le bitume est parfois en piteux état !

Sur le réseau routier secondaire de Bali, le bitume est parfois en piteux état !

Les petites routes balinaises, pittoresques et cabossées

Certains tronçons (trop rares) sont cependant de véritables invitations à la prise d’angle avec un revêtement parfait et des courbes qui se ferment juste comme il faut ! Je vous recommande en particulier la route Klungkung à Karangasem via Sideman, dans l’est de l’île, que les amateurs de conduite plus dynamique apprécieront. Veillez tout de même à garder en tête qu’un camion farceur est susceptible de doubler sans visibilité dans le sens opposé à n’importe quel moment, comme nos amies Audrey et Laura de Let’s ride from Sydney to Paris en ont fait les frais sur l’île voisine de Sumatra…

Si comme nous vous souhaitez éviter les sections à fort trafic, vous serez amené(e) à vous engager sur des voies aussi pittoresques que leur environnement, avec des arbres tombés sur la chaussée, des gués à traverser ou des pentes raides comme la justice. Qui plus est, le réseau secondaire s’avère pauvrement entretenu, il n’est pas rare d’emprunter des sections tellement fréquentées et ravinées par la pluie que l’enrobé a par endroit disparu, voire n’est plus qu’un lointain souvenir. Le cas échéant, on roule au pas, on sautille, bref on rigole ! La petite cylindrée fait alors valoir sa maniabilité record, et le modeste couple de son mono suffit à nous sortir des pires ornières.

Rien de tel qu'un p'tit casque Batman pour être le roi de la route !

Rien de tel qu’un p’tit casque Batman pour être le roi de la route !

L’équipement moto, un cauchemar incontournable

Et puis revêtement roulant ou pas, on est toujours pressé de se faire emmener par le mulet : on n’a pas trouvé ventilateur plus efficace pendant notre séjour, et seul notre deux-roues préféré a su rendre la chaleur moite de l’Océan Indien agréable. Miraculeux ! Dans ces conditions, on s’équipe avant de rouler comme on va à la potence. Pour autant, on n’y coupe pas, et on s’inflige des vêtements longs et le plus costaud possible. À défaut de protéger aussi bien qu’un équipement moto digne de ce nom, limiteront les dégâts de l’abrasion, « au cas où ».

Le permis international, indispensable pour circuler à Bali. Vous l'obtiendrez gratuitement en quelques semaines auprès de la préfecture de votre département.

Le permis international, indispensable pour circuler à Bali. Vous l’obtiendrez gratuitement auprès de la préfecture de votre département.

À ce titre, n’hésitez pas à emporter une paire de gants été légers, qui prendront peu de place dans vos bagages et pourront vous sauver la mise. Pour autant, seul le casque est obligatoire en cas de contrôle de police (deux en trois semaines). Sans oublier votre permis international, à obtenir gratuitement auprès de la préfecture de votre département avant le départ, qui vous sera systématiquement demandé !

Les équilibristes à deux-roues sont monnaie courante sur les routes balinaises

Les équilibristes à deux-roues sont monnaie courante sur les routes balinaises

Bien s’inclure dans le trafic

Côté circulation, vous pouvez rassurer votre belle mère. J’ai trouvé la logique de fonctionnement du code local finalement plutôt logique. Le principe est simple : vous ne vous préoccupez que de ce qui se passe devant vous, et vous veillez à avertir à grand renfort de klaxon toute personne qui vous précède de votre dépassement imminent pour ne pas qu’il entreprenne une manœuvre périlleuse pour vous pendant ce temps là.

Une fois que c’est intégré, tout se passe bien. En dépit de quelques petites montées d’adrénalines que les routiers nous ont offertes sans sourciller, on a roulé paisiblement quand l’horizon était ouvert, et en s’incluant dans le flux de circulation dans les villes bondées. Et puis le trafic à Bali n’a rien à voir avec celui de Java, donc une attention continue à ce qui se passe devant s’impose. D’autant qu’en cas d’accident avec un Balinais, responsable ou pas, vous paierez les pots cassés… J’oubliais un point important : en Indonésie, on roule à gauche !

Outre dans les stations service, l'essence est vendue au litre par des commerçants de rue qui la stockent dans des bouteilles de vodka Absolut.

Outre dans les stations service Pertamina, l’essence est vendue au litre par des commerçants dans des bouteilles de vodka Absolut

Benzin, a full tank please !

Bien que d’une grande sobriété, le mulet réclamait ponctuellement sa pitance. Il est facile de trouver de quoi remplir le réservoir. Le plus fiable reste de se rendre dans les stations-service Pertamina, où le litre d’essence (« benzin ») vous coûtera le moins cher (compter 2/3 du prix français, en gros). Elles ne sont pas rares, surtout autour des plus grandes agglomérations de Bali. Et en cas de d’urgence, vous pourrez vous arrêter chez un commerçant au bord de la route qui, outre des fruits, de l’eau en bouteille et des fausses casquettes Nike, pourra vous vendre du carburant au litre, stocké dans bouteilles de vodka Absolut. On en trouve partout, même au fin fond de la jungle, donc impossible de se faire surprendre par une panne sèche !

Dans le centre de l'île, les rizières offrent des points de vue assez canon

Dans le centre de l’île, les rizières offrent des points de vue assez canon

Ça y est, vous voilà prêt à prendre la route à Bali ! Si vous avez des questions complémentaires, les commentaires vous sont ouverts. En ce qui nous concerne, on a tellement aimé notre mini-périple qu’on a décidé de reproduire l’expérience sur l’île voisine de Lombok, plus sauvage, pendant le peu de temps qui nous était encore imparti. Parce que la moto reste à notre sens le meilleur moyen de bien s’imprégner du lieu dans un temps limité ! Et nos prochaines vacances seront certainement à nouveau agrémentées d’un deux-roues motorisé…

Photos Motoblouz et SH

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Loïc

Rédacteur et testeur pour Motoblouz, je suis l'extra-terrestre qui attend impatiemment la pluie pour mettre à l'épreuve l'étanchéité d'une veste ou d'une paire de gants... Fan inconditionnel de routes à virages, la moto est pour moi un moyen d'évasion comme un moyen de transport.

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