L’Espagne à moto : De Benissa a Fuentealbilla


L'Espagne à moto de Benissa à Fuentealbilla : Sous le signe de la chaleur !

Peut-être est-ce le réveil compliqué, le saut dans la piscine qui s’est quelque peu prolongé, ou le repas tardif constitué d’une bonne grosse salade… Toujours est-il que ce jour là, je prends la route sur les coups de 16h, juste « assez tôt » pour ne pas arriver de nuit sur Fuentealbilla…

J’embrasse tout le monde, et hop, je chevauche ma douce Forty-Eight ! La série de virages qui me relie à Calp, où j’avais frotté mes repose-pied plus tôt, me redonne la banane. S’ouvre ensuite une belle ligne droite, avec la montagne et la mer pour voisins. Il fait chaud, très chaud même. J’ai l’impression de rouler dans le flux d’air surchauffé propulsé par un sèche-cheveux…

Coup de chaud sur Alicante

Vers Alicante, après 80 km dans cette fournaise, je commence à me sentir bizarre. Un peu nauséeux, et victime de maux de tête, vous voyez ? Je décide de m’arrêter, profitant de l’une des multiples aires de repos que propose le réseau secondaire espagnol. Je me gare à l’ombre, et en retirant mon casque je manque de me brûler tellement celui-ci est bouillant ! Des points blancs apparaissent au milieu de mon champ de vision. Aucun doute, ce sont là les signes avant-coureurs d’une insolation !

Premier réflexe : je retire ma veste, m’assois au sol et me vide une bonne partie de la bouteille bien fraîche gentiment offerte par ma sœur sur la nuque et les cheveux. Je m’allonge une quinzaine de minutes… Avant de reprendre le guidon, je jette aussi un peu d’eau sur le casque, histoire de le rafraîchir. Elle s’évapore presque aussi sec, impressionnant ! Je me sens mieux, je suis rassuré. Par pitié, n’en parlez pas à ma mère, ou elle me passe un savon !

Assez perdu de temps ! Je file en direction de Yecla, dans la région de Murcia. Juste avant Alicante, je fais le plein (peanut gaz tank power !) puis je bifurque vers Sant Joan de Alacant. Je me perds et me reperds dans cette petite ville charmante. C’est le bon moment pour faire appel au GPS. Eh bien figurez-vous que même lui s’y perd entre les changements de sens de circulation, les rues fermées pour festivités et autres travaux… Je prends pas loin de trois quarts d’heure dans la vue avec cette histoire.

Pas de voiture, pas de réseau, personne à l'horizon... Pas le moment de tomber en panne !

Pas de voiture, pas de réseau, personne à l’horizon… Pas le moment de tomber en panne !

Une route 66 à l’Espagnole !

Enfin sorti de la ville, en route vers Yecla ! Je m’éloigne de la côte et de son air humide et pesant. Au-delà de la région de Murcia, une énorme différence thermique se fait même sentir. Il fait évidemment toujours aussi chaud, mais l’air étant sec, c’est plus soutenable.

J’arrive enfin dans la région de Castilla la Mancha et la province d’Albacete. Direction Almansa puis Alpera. Ici, les virages ont tiré leur révérence : j’enchaine les grandes lignes droites en pleine pampa. Une vraie route 66 à l’Espagnole, parfaite pour mon custom ! Je prends le temps de faire une pause une vingtaine de minutes, histoire de me désaltérer et de jouer les photographes. Pas un bruit… Aucune voiture dans les environs… Pas de réseau d’après mon smartphone… Je prie pour qu’il ne m’arrive pas un pépin dans le coin !

Je m’approche de Fuentealbilla. La route que j’emprunte passe de deux voies à une seule, puis se mue en chemin maltraité par le matériel agricole. J’en viens à me demander si je suis sur le bon chemin… Aurais-je dû partir avec une BMW GS ? Juste avant d’arriver sur la bourgade d’Alpera, je suis captivé par le coucher de soleil. Je lui tire vite fait le portrait, et je file, car la nuit tombe. Je n’ai en effet pour seul écran que mes lunettes de soleil, puisque j’ai laissé l’écran Bubble de mon jet Bell Custom au départ… Glurps !

Le magnifique coucher de soleil d'Alpera... qui signe le début des ennuis nocturnes !

Le magnifique coucher de soleil d’Alpera… qui sonne le début des ennuis nocturnes !

Pas d’écran pour mon casque… La blague !

Hélas, le soir prenant le dessus, je ne vois plus grand-chose. Et surtout, toutes les bestioles nocturnes commencent à chercher l’embrouille ! Après avoir mis 4 ou 5 coups de boules a des insectes volants du genre kamikaze, je décide de prendre un vieux t-shirt pour en faire un tour de cou. Bravo l’aventurier !

Je passe Yecla. Il fait de plus en plus noir, au point que j’oublie que je roule depuis 60 km en plein désert et que la réserve pointe son nez… Un sentiment de panique grandit sous mon casque. Je réduis la vitesse afin de limiter la consommation. Un panneau m’annonce qu’Alcala del Jucar, la ville la plus proche, se trouve 40 kilomètres plus loin… Bref, ça va être sport pour mon autonomie de Solex… L’inquiétude est à son comble quand soudain, sans prévenir, une colline dévoile mètre après mètre un panneau Repsol en plein milieu de la pampa manchega ! Je lève les bras au ciel, tel Marquez un jour de victoire…

Le plein est vite fait, mais le pompiste est motard lui aussi, et nous ne pouvons nous empêcher d’entamer une longue discussion… Je dois abréger cet échange super sympa pour reprendre la route. Rouler devient un véritable calvaire avec la nuit toujours plus opaque. Sans mes lunettes de soleil, l’air sec me pique les yeux et les embue de larmes. Avec, je vois tout au plus à 20 mètres. Bref, c’est le pied !

Une ville éclairée au loin me redonne foi en la nuit espagnole !

Une ville éclairée au loin me redonne foi en la nuit espagnole !

Pleine balle : À 50 km/h vers Fuentealbilla…

Qui plus est, à l’approche de Fuentealbilla, la route redevient viroleuse à souhait. C’est qu’il faut gravir ce haut plateau de Castilla la Mancha. Mais avec la visibilité qui est la mienne, autant vous dire que ce ne sera pas une partie de plaisir…

Pourtant, il suffit que la vue sur un village éclairé en contrebas s’ouvre au détour d’un virage pour me faire oublier mes déboires. Je reste un temps en admiration – de toute façon, il fait noir ! J’enquille la série de virages comme le premier jour où je suis monté sur une moto : droit comme I… Le tout avec des pointes à la vitesse stratosphérique de 50 km/h – au risque de me faire doubler par un 50 cm³ !

J’arrive enfin à Fuentealbilla, chez mes parents ! Au final, j’aurai mis 6 heures 30 pour dérouler les 350 km de mon périple du jour. Il restera comme le trajet le plus pénible que j’ai pu faire cet été… Tels sont aussi les aléas du road trip.

La suite au prochain épisode : direction Toledo !

Et n’oubliez pas de freiner 😉

 

Tags Roadtrip

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Bruno

Membre émérite du service client Motoblouz, je suis un grand fan de customs, en particulier de Harley-Davidson ! Vous pouvez aussi me retrouver sur la chaîne Youtube de Motoblouz, où j'anime les vidéos produit avec PEB...

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