#17 – Une journée de piste en Australie


Nous retrouvons Flo au matin d’une grande journée de piste. Entre chaleur de plomb, trous et piste tumultueuse, cette nouvelle journée au cœur de l’Australie s’annonce longue… Et chaotique pour nos motards.

Petit détour par les kangourous

A la sortie de Coober Pedy, il y a une petite nursery de kangourous. C’est un endroit où sont recueillis les kangourous accidentés. Ici, il en a quatre de neuf ans. Tous ont été récupérés blessés sur le bord de la route. Et il y a également un bébé de cinq mois qui lui a été abandonné.

Nous donnons à manger aux adultes et assistons au repas du bébé. Le voir téter son biberon est un régal. Le spectacle et les explications sont très intéressants, et la propriétaire semble très impliquée dans son action.

En piste !

Il faut cependant repartir rapidement. Etant dans la voiture suiveuse, nous ne devons pas être trop éloignés des motos, au cas où il arriverait quelque chose aux motards ou à leur machine. Nous sortons de la ville et arrivons très vite sur la piste. Il est 13 h 30, et il fait 39,5°C. La voiture n’est pas climatisée, il y fait très très chaud.

La voiture commence à cahoter de toute part. La piste s’étend sur des kilomètres, toute poussiéreuse, défoncée et avec des trous de sable piégeurs.

Devant ce constat, je suis ravie d’être en voiture ! Et j’ai une grosse pensée d’encouragement pour mes amis motards sur la piste qui doivent gérer toutes ces difficultés de terrain.

Il fait de plus en plus chaud, pas un brin d’ombre, la température continue de grimper, il fait maintenant 41°C.

C’est la chute…

Au bout d’une demi-heure de piste et de route chaotique, nous voyons un petit groupe de nos motards sur le bas-côté. Nous nous arrêtons.

Hugues a chuté. Il est trop fatigué, la chaleur a eu raison de lui. Il est un peu blessé à la tête, mais rien de grave. Nous mettons sa moto sur le camion suiveur, et lui vient avec nous dans le 4×4.

Et nous reprenons notre chemin. Un quart d’heure après, encore un groupe de motards à l’arrêt. Là, c’est plus grave : la couverture de survie est sortie pour protéger le motard, au sol, du soleil. Cela me rappelle d’âpres souvenirs. Patrick a également chuté, il a mal à l’épaule. Peut-être est-elle cassée… Jean Paul l’immobilise pour qu’il soit bien installé dans le 4×4. Je lui cède ma place, et monte dans le camion suiveur.

Malheureusement, il n’y a plus de place pour la moto sur le camion. Alors, nous partons pour l’hôtel à 60 km de là. Le chauffeur du camion y dépose les motos ainsi que tous les passagers, puis il retourne sur la piste rechercher la moto de Patrick. Sur place, quelques passagères en profitent pour se faire ramener en camion. Elles sont trop épuisées pour terminer en moto, il fait maintenant 44°C.

Le 4×4 avec Patrick rentre doucement par la piste en tôle ondulée. À son arrivée, il nous apprend que Marc aussi est tombé, là aussi assez gravement. Il a certainement des côtes cassées et/ou peut-être un pneumothorax. A l’écoute de cet accident, les propriétaires de notre hôtel sautent dans leur 4×4 et filent le chercher. La solidarité et la gentillesse des Australiens… !

La fin d’une journée chaotique

Les motards arrivent enfin, les uns après les autres, dans un état de fatigue extrême. Certains mettront trois heures de plus que d’autres, mais ils arriveront entiers. Tant mieux ! A 19 h, tout le monde est enfin arrivé.

Nous attendons, pour la fin de journée, et avec impatience, les Flying doctors. Rappelez-vous : le centre que nous avons visité à Alice Springs. Ils viennent en avion évacuer Patrick et Marc, nos blessés, et surtout, évaluer avec leur matériel volant la gravité de leurs blessures. Leurs motos ont été ramenées par d’autres motards qui sont retournés sur la piste les chercher.

C’est une drôle de journée qui se termine, avec un goût particulier de déception et d’amertume.

En plus comme les ennuis volent en escadrille, Scout, la voiture suiveuse tombe en panne. Notre 4×4 est HS : le moteur pisse l’huile ! Il ne reste plus que le camion. Beaucoup de passagères ne veulent pas renouveler l’expérience de la piste en moto sous plus de 45°C. Il faut donc réorganiser la journée de demain. Nous nous serrerons tous et toutes dans le camion.

Et comme l’écrivait Hubert : La suite bientôt !

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Florence et Hubert

Tous deux, à la cinquantaine plus les intérêts, vivons la vie avec passion. Ce que nous recherchons dans nos voyages? L’émerveillement ! Vous savez : cette petite lumière qui s’allume dans les yeux à un moment ou un autre… et quand on peut en plus, la partager, n’est-elle pas encore plus belle ?