Partir en road trip : ce qu’il faut prévoir et savoir


Le meilleur moyen de profiter avec son équipement en sécurité, les valises et topcase pardi!

Le road trip, chaque motard(e) qui a des envies d’aventure y a déjà songé au moins une fois. Soi, la machine, la route, des paysages magnifiques et l’océan comme unique limite (ou pas)… Sur le papier, ça vend du rêve. Mais pour que le rêve devienne réalité et pour éviter que cela tourne au cauchemar, partir en road trip requiert un minimum de préparation.

En s’appuyant sur des expériences personnelles (bonnes ou mauvaises), cet article a pour but de synthétiser et lister les choses essentielles à savoir  avant de partir en road trip. Étant donné que nous n’avons pas la science infuse, nous avons aussi condensé tout ce que l’on peut trouver sur le net…

Partie 1 : la moto

La bonne moto pour partir en road trip

Notre moto, c’est la meilleure, la plus belle… Bref, c’est pour ça qu’on l’a choisie elle et pas une autre. Malheureusement, le budget est souvent le principal frein dans le choix d’une moto. Si certaines motos sont clairement équipées et destinées à avaler du kilomètre (tourings, maxi trails…), ce n’est pas le cas de toutes (bobbers, scrambler, hypersport). Si vous doutez des aptitudes de votre machine à partir en road trip, je vous recommande de commencer lors d’un weekend, idéalement par une boucle d’au moins 1000 km alternant voies rapides et petites départementales viroleuses. De là, vous verrez quelles sont les modifications à réaliser pour profiter de vos prochains voyages à moto.

Préparer sa moto pour partir en road trip

Pour éviter de se dire au bout du 100ème kilomètre « ah si j’avais un saute-vent… » : mieux vaut préparer votre moto en circonstance. Il faut avouer que parfois, les solutions les plus pratiques sont les moins esthétiques. À vous de jouer sur les différents paramètres :

  • Esthétisme
  • Efficacité
  • Facilité de montage / démontage avant et après le départ

Les éléments à prévoir

  • Le saute-vent / bulle : il vous préservera (un minimum) des effets du vent : fatigue due aux remous sur le torse ou le casque, bruit, froid. Il limitera aussi les projections d’eau.
  • Selle confort : il faut avouer que certains constructeurs proposent des selles d’origines dignes d’un morceau de bois. Ainsi, il est possible d’opter pour des selles dites « confort » permettant d’éviter le mal de fesses ou de dos ou de refaire sa selle par un sellier.
  • Coussin de selle : le problème des selles confort, c’est qu’une fois qu’on change de machine, on peut lui dire adieu. Et parfois, on ne ressent pas de grosse différence… L’alternative est d’opter pour le coussin de selle. Il peut aller d’une machine à l’autre, et une fois le ride terminé, on le range. Il permet aussi d’être plus haut, et de gagner en confort.
  • Réhausse de guidon : sur certaines machines, le fait d’être constamment penché en avant peut causer des douleurs aux cervicales. Surtout quand on est grand… Ici, il est possible de remonter le guidon via des rehausseurs. Il faut cependant disposer d’assez de mou dans les câbles de votre machine.
  • Poignées chauffantes : si vous partez en road trip moto vers des contrées fraîches ou en montagne, les poignées chauffantes seront un bon atout. Même pour aller bosser en hiver !
  • Ports USB : pour recharger le téléphone, le GPS, l’appareil photo, la cigarette électronique…
  • Feux longues portées : si votre moto et vos finances le permettent, n’hésitez pas à installer des feux longues portées ou antibrouillards pour les trajets nocturnes ou être suffisamment vu.
  • L’intercom : si vous avez envie de partir à plusieurs et papoter sur la route, ou écouter la radio, de la musique ou entendre les instructions du GPS, n’oubliez pas l’intercom.

Navigation

Aller quelque part, c’est bien. Savoir quelle route prendre, c’est mieux. Il existe pléthore d’applications mobiles pour faciliter votre navigation. Attention à votre forfait quand vous partez à l’étranger, cela dit ! Sinon, vous pouvez aussi privilégier le GPS moto : étanche, lumineux, adapté à l’utilisation avec gants moto. Prenez bien soin de l’essayer avant le grand départ pour en tirer les meilleures fonctionnalités et vous assurer que les dernières mises à jour ont été effectuées.

Mon meilleur pote pour les road trip se nomme Tomtom Rider 550. Il est rapide, lisible, dispose d’une base de données bien remplie, vous indique où se situent les photomatons des forces de l’ordre et plein de trucs pratiques (office de tourisme, restau, campings, hôtel, secours, station-service…). Il est certes pas donné, mais s’il vous faut vendre votre dernier né pour obtenir ce bijou, n’hésitez pas. Le jeu en vaut la chandelle (p.s. : c’est de l’humour hein).

modes de navigation pour partir en road trip

Roadbook, carte, GPS, application mobile : à vous de choisir votre mode de navigation

Et si vous êtes techno-sceptique ou pour les endroits plus reculés, cette bonne vieille carte vous apportera bien des services. Idéalement, celle-ci sera couplée à un roadbook. Quand j’utilisais ce moyen de navigation, je le préparais en utilisant Google Maps, en m’appuyant sur la fonctionnalité Street View pour repérer les intersections les plus subtiles. Assurez-vous qu’il soit facilement lisible, notez les informations essentielles, utilisez une police d’écriture simple et de grand format. Notez-y aussi la position des radars ! Information facilement trouvable sur le net ou indiquée sur une carte récente.

Révisions à faire avant de partir en road trip

Et bien oui, on ne part pas dans les Carpates comme si on partait chercher son pain. Une révision complète de la moto s’impose. D’autant plus si l’échéance de la prochaine révision approche, autant la faire avant ! Attention, certaines motos présentent certaines spécificités. Il est important de bien connaître sa machine sans pour autant passer son diplôme de mécanicien avant de partir en road trip. Pour cela, je vous invite à potasser votre notice d’utilisation et au mieux d’aller dégoter le manuel d’atelier de votre machine sur le net ou en concession.

A vérifier :

  • Contrôler l’état des plaquettes de frein / disques et leur niveau d’usure, faire un bon nettoyage avec un produit adapté
  • Contrôler :
    • le niveau de liquide de refroidissement
    • le niveau d’huile (moteur / boîte)
    • le liquide de frein et en profiter pour le changer s’il a plus de deux ans. En effet le liquide de frein est hygroscopique, et plus il contient d’eau, moins il sera efficace.
  • Régler les suspensions en fonction du niveau de charge de votre machine (bagages + passager)
  • Contrôler l’éclairage : la propreté de l’optique, son bon fonctionnement et régler le faisceau une fois la moto chargée
  • Contrôler l’état des pneus : leur pression, vérifier qu’ils ne présentent aucun dégât et leur niveau d’usure. Il faut s’assurer qu’ils vont tenir tout votre road trip que ce soit sur le sec ou le mouillé. Certains pneus ont une durée de vie très courte, assurez-vous qu’ils ne terminent pas sur la toile à la fin du voyage.
  • Contrôler l’état du kit chaîne / de la courroie, les changer si nécessaire, faire la tension, et la lubrification requise
  • S’assurer que la moto n’a aucun défaut d’étanchéité
  • Contrôler le potentiel jeu dans la poignée des gaz et le régler pour avoir le meilleur feeling possible
  • La batterie : prévoir au minimum un nettoyage des cosses et leur graissage, s’assurer que tout est bien serré

On recommande de faire ces interventions au moins 200 km avant votre départ pour vous assurer que la moto soit réglée parfaitement à votre convenance, et que vous n’avez pas oublié de changer le joint lors de la précédente vidange. En effet, se rendre compte d’une avarie la veille du départ et se dire « tant pis, je ferais avec » n’est pas la plus sage décision.

Sécurisation de la machine

Il est toujours chouette de retrouver sa machine là où on l’a stationnée. Il convient donc de garer sa machine dans un endroit fréquenté, de l’arrimer à un point fixe avec une chaîne ou un antivol U certifié. N’hésitez pas à la combiner avec un bloc disque avec alarme.

 

Partie 2 : la bagagerie pour partir en road trip

partir en road trip moto

Choix du type de bagagerie

Maintenant que vous vous sentez à l’aise sur votre machine, il faut se poser la question du type de bagagerie moto. En effet, ils doivent allier contenance, confort, sécurité des biens stockés, étanchéité. De plus, il faut savoir que le type de road trip moto va conditionner le type de bagagerie.

Sacoches cavalières Valises latérales Sac à dos
+ + +
Petit prix Ne ferment pas à clé Ferment à clé Fixation propre à chaque moto Affaires sur soi à l’arrêt Fatigue
Peuvent passer d’une moto à l’autre Si vous ajoutez un cadenas, peuvent être déchirées pour accéder à vos biens Difficilement fracturables Déformation en cas de chute Pratique même au quotidien Risque pour la colonne vertébrale en cas de chute
Volume extensible par poches Étanches à l’immersion Risque pour les chevilles en cas de chute Petit prix Petite contenance
Prix élevé
Type d’utilisation Utilisation Utilisation
Trajet avec moto constamment sous surveillance, Offroad Tourisme, moto sans surveillance, utile au quotidien, Offroad (attention aux chutes) Voyage léger et court
Sac de selle Sacoche de réservoir Top case
+ + +
Facilité de transport une fois arrivé Se vole facilement Affaires sous la main Se vole facilement Confort pour passager Uniquement pour les affaires légères en roulant ou lourdes à l’arrêt
Grande contenance Poche pour carte ou smartphone Ferme à clé
Certaines sont extensibles Pratique même au quotidien
Possibilité d’être convertible en sac à dos
Pratique même au quotidien
Type d’utilisation Utilisation Utilisation
Trajet avec moto constamment sous surveillance, Offroad Trajet avec moto constamment sous surveillance, Offroad Tourisme, moto sans surveillance, utile au quotidien

Choisir en fonction de votre trip

Ainsi, il faut choisir votre bagagerie en fonction du type de road trip moto que vous comptez faire. Vous allez au camping, en gîte, à l’hôtel ? Laissez-y votre bagagerie souple pendant que vous visitez le coin. Vous souhaitez parcourir les pistes et chemins de terre avant de bivouaquer la nuit ? Privilégiez la bagagerie souple qui supportera les chutes sans se déformer et vous broyer les chevilles. Vous voulez visiter les merveilles d’un pays ou d’une région inconnue ? Privilégiez les valises et top case pour y laisser vos affaires en sécurité.

valises et top case pour partir en road trip moto

Le meilleur moyen de profiter avec son équipement en sécurité : les valises et top case, pardi !

Organiser sa bagagerie

Chacun organise sa bagagerie comme il le veut. Ce qu’on recommande, c’est de trier pour mieux retrouver vos affaires. Le top case permettra d’alterner le stockage entre l’équipement lorsque vous vous arrêtez et l’équipement quand vous roulez. Comme ça, si vous avez pris une averse vous ne mouillez pas ce qui est bien au sec dans les valises.

Enfin, pour vous permettre de retrouver tout ce qu’il vous faut rapidement, pensez à répartir dans des sacs individuels. Par exemple, un sac pour la nourriture, un sac pour les fringues de rechange, un sac pour les pièces et l’outillage, un sac pour les cartes, la navigation etc.

Précautions relatives à la bagagerie

La visibilité

On ne pilote pas sa moto chargée comme on la pilote « à vide ». Tout d’abord, il faut s’assurer que la bagagerie soit parfaitement arrimée. Il faut faire attention à ce qu’aucune sangle ne dépasse ou limite la visibilité de vos feux, ou irait se prendre dans la chaîne ou la courroie. Attention à ne pas rayer votre belle peinture. Il faut aussi vous assurer d’avoir une bonne visibilité vers l’arrière, que rien n’obstrue le champ des rétroviseurs.

Le poids

Assurez-vous de répartir convenablement le poids dans votre bagagerie. Les affaires les plus lourdes se placent au plus proche du centre de gravité de la machine et les affaires les plus légères, au-dessus pour ne pas amputer la maniabilité de la moto. Référez-vous aux préconisations données dans la notice de votre moto et de votre bagagerie. C’est le poids maximal cité dans la notice de votre moto qui prime ! Respectez aussi la vitesse à ne pas dépasser pour ne pas perdre le contrôle de votre engin.

L’amortissement

Il faudra aussi régler l’amortissement de votre moto : précharge, compression, détente à l’avant et à l’arrière (si votre moto le permet), régler le faisceau de votre phare et adapter la pression de vos pneus selon les préconisations du constructeur.

Adapter son pilotage

Enfin, adaptez votre pilotage à votre chargement. Cela se traduit par l’adaptation de votre allure, des distances de sécurité, l’anticipation d’un virage. Le comportement de votre machine peut changer : louvoiement, guidonnage, diminution de la maniabilité, accélération moins franche en cas de dépassement, plus grosse prise au vent… Et soyez très vigilant sur route humide. Faites aussi attention à la nouvelle largeur de votre moto, pour éviter d’embarquer des rétros en cas de remontée de file.

Bonus : le filet araignée

L’heure du départ approche, on charge tout et… oups, plus de place ! Ou alors on roule, et on se dit « ah si j’avais ça à portée de main« .  Mais oui, le filet araignée bien sûr ! Il vous permet de placer les affaires dont vous avez besoin à l’arrêt ou de laisser à portée de main votre équipement de pluie. Bien évidemment, quand vous êtes à l’arrêt, il ne faut pas y laisser des choses précieuses sans surveillance.

 

Partie 3 : l’équipement du pilote

L’équipement du pilote peut faire toute la différence. Il doit certes assurer un maximum de protection, et se montrer suffisamment souple, confortable, étanche, pratique tout en assurant un excellent agrément thermique. Pour bien préparer un road trip moto, pensez à prendre un équipement adapté à tout type de température. Donc évitez l’équipement qui vous fera transpirer en cas de forte chaleur ou vous glacera en cas de chute brutale du thermomètre.

Le casque

Intégral, modulable, jet ? A vous de choisir. Le principal étant que le casque vous protège suffisamment en cas de chute, et vous protège des projections de gravier, des insectes… Préférez un casque silencieux, avec un bon dispositif d’aération en cas de fortes chaleurs, un écran solaire, une bavette et un écran Pinlock pour limiter la buée en cas de pluie ou matinée fraîche. Si vous comptez utiliser un intercom, assurez-vous que le casque puisse l’accueillir. Et s’il doit être stocké en extérieur, n’oubliez pas sa housse.

Les gants

Ils doivent être adaptés à la période à laquelle vous roulez et aux conditions climatiques que vous allez rencontrer. Même en été, prenez toujours une paire de gants mi-saison étanches en cas de pluie ou pour les matinées bien froides. Assurez-vous que vos gants soient en bon état, qu’ils procurent un excellent feeling sur les commandes et vous permettent d’utiliser votre système de navigation.

Le blouson / la veste

Il est l’un des éléments les plus importants en termes de confort. Assurez-vous qu’il ait assez de poches pour accueillir votre smartphone, vos clés, votre portefeuille, les papiers de la moto et d’autres trucs que vous jugez utiles. Evitez les blousons qui n’offrent qu’une protection de niveau urbain. Prenez-en un avec des protections de niveau 2 aux épaules, coudes et une dorsale. Encore une fois, prévoyez-en un adapté aux conditions climatiques. Il devra donc impérativement être étanche et offrir une bonne aération ou au moins une membrane respirante. Si la chaleur n’est pas au rendez-vous, laissez la doublure thermique.

Le pantalon

Jean Kevlar ? cuir ? synthétique ? surpantalon ? Encore une fois, à vous de choisir. Cependant, si vous prenez un jean, ne faites pas l’impasse sur un surpantalon de pluie. Quoi qu’il en soit, prévoyez un pantalon qui vous apporte confort et sécurité. Cela passe par des protections de genoux et de hanches, ces dernières étant trop fréquemment oubliées…

Le chaussant

Les bottes, c’est top. Sauf quand il s’agit de marcher des kilomètres à pied. Les baskets, c’est top. Sauf en cas de chute… Quel choix cornélien. Si vous avez de la place dans vos bagages, n’hésitez pas à utiliser des bottes et à garder des chaussures souples pour l’arrivée. Mon rêve de trekkeur ? Une bottine de moto taillée pour la randonnée pédestre.

Revenons sur terre, encore une fois : protection, feeling sur les commandes, étanchéité, membrane respirante et confort sont les maîtres-mots pour guider votre choix. Attention, souvent les fabricants de chaussants indiquent une durée de vie pour laquelle la rigidité, et donc la protection voire l’étanchéité, n’est plus assurée passé ce délai. N’hésitez pas à changer votre chaussant s’il a fait son temps.

Si votre voyage à moto comprend des parties offroad, privilégiez des bottes d’enduro / trail. Elles sont certes rigides et pas des plus confortables mais assureront une protection maximale. Et dans ce cas, prévoyez les tongs pour le bivouac.

Dorsale / Airbag

Honnêtement, les dorsales de nos blousons / vestes sont souvent trop courtes. Vous pouvez donc les ôter pour mettre une dorsale indépendante de niveau 2. C’est certes encombrant mais ça ne nuit pas au confort, et il n’y a pas mieux pour protéger son dos. Si, l’Airbag ! Mais une fois de plus, ça prend de la place et ça tient chaud, trop chaud. Mieux vaut avoir de bonnes valises pour les accueillir car passés les 25°C, me concernant, je lui dis bye bye.

En cas de pluie ?

Parfois la pluie est telle que même l’équipement ne résiste pas. Il existe pour cela des équipements de pluie tels que combinaisons, surgants, surbottes. C’est moche, ça n’est pas forcément confortable mais ça permet de rester au sec et en plus, ça coupe le vent. Tout cela combiné vous permettra d’éviter de vous épuiser trop vite.

Les petits plus

Pour assurer votre confort, il existe des petits plus pour partir en road trip qui font de grosses différences :

  • Les bouchons d’oreille : le bruit du moteur, de l’échappement, du vent, du sac de sable qui râle derrière vous… ça saoule. Les bouchons d’oreille, c’est pratique. À vous de choisir entre les bouchons réutilisables en silicone ou les bouchons en mousse à usage unique. Attention à ce qu’ils soient confortables. Par exemple d’excellents bouchons pour le tir sportif qui isolent bien risquent de très rapidement vous irriter le conduit auditif.
  • Le tour de cou: ça évite d’avoir froid le matin, ça évite les coups de soleil l’aprem. Bref, un incontournable.
  • Les vêtements et sous vêtement techniques : pratiques quand il s’agit de traverser la Sibérie en faisant un gros crochet par le Cap Nord (on n’est plus à ça près). Pratiques aussi en guise de pyjama quand on dort en tente et que ça caille sec !

 

Partie 4 : préparation du voyage et de l’itinéraire

Impératifs liés à la destination

On a déjà répondu à la question « comment on va ? » Réponse : à moto. Mais, où on va ? Pour bien organiser un road trip, il est primordial de se renseigner sur la région, le pays où on va poser ses roues pour éviter toute surprise désagréable.

Obligations administratives

Quels documents prendre ? Le pays demande-t-il un visa ? Est-il nécessaire de prendre ou passer un permis de conduire international ? Avez-vous besoin d’une vignette autoroutière ?

Restrictions

Certains pays ne tolèrent pas certains objets. Par exemple : prenez votre drone pour photographier des vues aériennes lors de votre voyage à moto dans l’Atlas Marocain, et le passage aux douanes vous laissera un goût amer…

Numéros d’urgence

Quels sont les numéros d’urgence à connaître ? Notamment : police, urgences médicales, services incendie…

Vaccins

Il y a t-il et quels sont, si c’est le cas, les vaccins à effectuer avant de partir en road trip ?

Culture

Il y a certains codes culturels à respecter, certaines choses qu’il convient de faire pour avoir le meilleur accueil possible. Et aussi certaines choses à éviter de faire ou dire pour ne pas paraître pour le crétin de touriste, et ainsi éviter que ça dégénère. Il convient donc de se renseigner au maximum sur la culture du pays.

Code de la route

Chaque pays a un code de la route plus ou moins spécifique. Que ce soit pour le stationnement, les limitations de vitesse, les droits des autres usagers, le marquage au sol. Il est aussi intéressant de se renseigner préalablement sur l’état des routes et de se renseigner sur la manière dont « conduisent » les autochtones.

L’aspect des radars locaux

On a tous, dans un moment d’inattention (ou pas), dépassé les limitations de vitesse. Et comme par hasard, c’est à ce moment-là qu’un radar vient vous photographier… N’hésitez pas à regarder sur le net à quoi ressemblent les radars qu’utilisent les forces de l’ordre du pays visité.

Moyens de paiement en fonction du pays

Si dans certains pays, il est facile de vivre sans liquide, dans d’autres, ça se complique. Prévoyez donc suffisamment de cash quand vous devez partir dans l’arrière-pays. De plus, faites attention au type de carte de crédit utilisée. Par exemple, aux Pays-Bas, la Maestro est plus répandue que la Mastercard, ce qui cause des frayeurs à la station-service à 22 h 30 quand on est sur la réserve…

Avoir un petit guide linguistique

Papier et/ou une application permettant de faciliter la communication est un plus. Pensez-y !

Sécurité / Insécurité

C’est malheureusement un point à prendre en compte. Certaines destinations ou zones de passage demandent plus de vigilance que la normale. Renseignez-vous bien avant votre départ, notamment sur les zones qu’il est préférable d’éviter à moto. N’hésitez pas à contacter le consulat. Dans certains pays, les vestiges de la guerre sont encore présent, hélas. On pense notamment aux Balkans où il reste encore de nombreuses zones minées… Et on peut vous assurer que traverser un champ de mines dans un couloir de sécurité de deux mètres de large n’est pas des plus rassurants.

La qualité de l’eau

Un truc très bête dont on ne pense pas toujours. Dans certains endroits, les robinets d’eau potable ne sont pas légion. Et s’ils le sont, vos tripes ne sont pas habituées à certaines bactéries locales… Alors investissez dans une LifeStraw® ou des pastilles de Micropur®. Et demandez à vos hôtes de faire bouillir l’eau de lavage des légumes si vous ne le faites pas vous-mêmes. Cela vous évitera de raconter vos vacances au médecin après le retour à la maison.

Les guides de voyage

On vous recommande vivement d’investir dans un guide de voyage de renommée ou, au moins, de vous rendre sur les sites Internet spécialisés pour avoir les informations relatives à vos destinations. Consultez aussi le site du gouvernement qui regorge d’informations intéressantes.

Quoi qu’il en soit, prenez toujours vos papiers d’identité, votre permis de conduire, la carte grise de la moto et votre attestation d’assurance. En cas d’échappement de seconde monte, prenez l’attestation d’homologation en cas de contrôle routier par un représentant des forces de l’ordre trop zélé.

L’itinéraire

Ahhhh l’itinéraire. Le simple fait de préparer un road trip moto, on se sent déjà en vacances. Chacun sa méthode pour tracer sa route. Aucune n’est critiquable. Certains prendront l’autoroute pour arriver à destination et profiter une fois sur place. D’autres profiteront de la route pour prendre les itinéraires bucoliques et découvrir des pépites. Enfin, il y a ceux qui font une boucle : départ maison et arrivée maison, en se fixant une région ou un pays à visiter.

Préparer un road trip moto

Internet, presse spécialisée, guides de voyage… tout est bon pour préparer son itinéraire.

Les questions à se poser

Si le premier mode de voyage cité n’est pas forcément exigeant, les deux autres requièrent un minimum de préparation. Pour cela, plusieurs questions peuvent vous servir de canevas pour définir votre itinéraire, sachant que l’on sait déjà où on va et que l’on y va à moto.

  • Combien de temps me faudra-t-il pour arriver à la destination finale ?
  • Combien de kilomètres je peux parcourir par jour ?
  • De combien de temps je dispose entre deux étapes ? (heure d’arrivée maximale à l’hôtel ou au camping)
  • Le parcours prévu initialement présente-t-il des difficultés particulières (route encombrée, technique, météo capricieuse) ?
  • Où faire mes pauses ?
  • Où ravitailler en carburant et/ou en nourriture ?
  • Ma route présente-t-elle des points d’intérêt à proximité ?
  • Ma route nécessite-t-elle un transport spécifique ou un péage obligatoire (Ferry, Bac, pont, tunnel) ?

Si vous prévoyez de partir en groupe, posez-vous ces questions pour vous organiser. Sur un total de quinze motos, on s’est déjà retrouvé à se diviser en 6 groupes avec des impératifs, attentes, capacités différentes. Bref, je me suis retrouvé seul sur 800 km… Mais j’ai pris un méga pied.

Concernant le ravitaillement en carburant, pensez à repérer les déserts ruraux sur votre itinéraire et n’hésitez pas à faire un plein avant de les traverser. Il est très frustrant de tomber sur une station ne proposant que du diesel puis sur une autre fermée depuis 2 ans (alors que votre carte est vieille de 5 ans). C’est la panne assurée.

Enfin, renseignez-vous aussi sur les hébergements disponibles sur votre itinéraire. Et prenez en compte l’heure maximale d’arrivée au moment du choix / de la réservation.

Tracer son itinéraire et adapter sa route

Pour vous aider à tracer cet itinéraire, consultez les guides touristiques, les sites Internet dédiés, les guides spécialisés dans le voyage à moto (quelques-uns se trouveront dans la bibliographie). Demandez conseil à vos amis qui sont partis en vacances par-là, regardez les avis de visiteurs pour savoir si telle étape est cruciale, optionnelle, mérite d’y retourner plus tard pour en profiter dignement, mérite d’y retourner à une autre période. Parfois, les avis des visiteurs peuvent être négatifs par rapport à ce qui est proposé « sur papier », cela vous permet d’évaluer le degré d’intérêt d’une étape.

Certaines routes sont très réputées dans le monde des fans de conduite sportive ou de routes à faire fondre les tétines de repose-pieds. D’autres sont réputées pour leurs panoramas magnifiques. Quoi qu’il en soit, si vous préférez y poser vos roues plutôt que de manger de la ligne droite dans la vallée, roulez quand même prudemment et ce, quelle que soit l’heure de la journée. Vous n’êtes pas seul à vouloir outrepasser le code de la route à 6 h 30 du matin en pensant que vous aurez la route uniquement pour vous. Et ça, les forces de l’ordre le savent aussi. A bon entendeur… Quoi qu’il en soit, prudence ! Les traces de freinage donnant dans le précipice en sont un bon indicateur.

Création et sauvegarde de l’itinéraire

Voilà, vous savez où aller, quelles routes prendre, où faire les arrêts, que visiter en chemin et où vous arrêter pour dormir. Mais tout le monde n’a pas une mémoire surhumaine. Comme expliqué précédemment dans le chapitre « Navigation », à vous de choisir votre support.

Pour transposer cet itinéraire sur votre système de navigation, certains outils peuvent vous aider. Je pense notamment à Google Maps, Via Michelin, Mappy… ou l’éditeur de trajet de votre GPS. Le but de ces outils étant d’estimer le kilométrage, le temps de parcours, les stations-service sur votre itinéraire, les trajets alternatifs, les zones à péage, puis d’éditer un roadbook en cas de nécessité.

exemple d'itinéraire pour préparer un road trip moto

Adapter son itinéraire

Il est parfois intéressant et prudent d’adapter son itinéraire. Comme par exemple, d’éviter le passage des cols si la météo est mauvaise et/ou la visibilité quasi nulle. Vous devez pouvoir adapter votre départ à la météo et modifier l’itinéraire en conséquences. Aussi, privilégiez les étapes courtes les jours de mauvais temps. En effet, rouler sous la pluie est particulièrement épuisant, encore plus de nuit et surtout quand on a déjà enquillé pas mal de kilomètres la journée. N’hésitez pas à vous dégoter une application météo fiable et de qualité professionnelle.

 

Partie 5 : parer à l’imprévisible

« Anything that can go wrong will go wrong ». Ça, c’est la loi de Murphy. On peut la traduire par « Tout ce qui peut dégénérer va dégénérer« . Nous avons déjà été victime de cette loi, alors forcément, on en tire des leçons.

Connaître sa moto

Comme indiqué au début de l’article, avant de partir en road trip moto, il faut préparer un minimum sa moto, l’équipement pilote / passager et contrôler ces deux éléments. Mais certains modèles de moto, certains millésimes ont parfois un caprice propre qui a fait l’objet d’un rappel. Ou non… Il est donc important de bien connaître sa moto et fiabiliser ce qui doit l’être avant le départ.

Il est intéressant de se renseigner sur les avaries connues de votre moto et faire les travaux nécessaires de manière anticipée ou prendre de quoi permettre une réparation. N’hésitez pas à consulter les forums d’utilisateurs de votre moto. Repérez le boîtier à fusibles, regardez comment faire pour changer une ampoule qui aurait choisie de griller au mauvais moment. Si vous prévoyez une escapade au milieu de nulle part et que votre moto est équipée de chambre à air, apprenez à démonter vos roues en cas de crevaison pour y poser une rustine ou changer une chambre à air sans pincer la nouvelle.

Préparer la bonne trousse à outils

Certaines motos sont d’office livrées avec leur trousse à outils. N’hésitez pas à la compléter avec des outils manquants pour certaines interventions ou à utiliser des outils plus fiables, efficaces, pratiques. Si vous roulez en Harley, n’oubliez pas que l’outillage doit être en pouces ! Certains écrous / boulons peuvent être récalcitrants, notamment les axes de roue, étriers de frein. Prévoyez une extension pour faciliter l’effet « bras de levier ». N’hésitez pas à vérifier si votre outillage sera apte à desserrer ce qui doit l’être. Aussi, si votre trousse à outils et votre gilet jaune se trouvent dans une valise ou sacoche latérale, placez-les dans celle de droite (gauche au Royaume-Uni, Australie, Afrique du Sud…) pour rester en permanence sur l’accotement.

Outillage et accessoires pour partir en road trip moto

En plus de la trousse à outils habituelle, il peut être utile de compléter son outillage et accessoires.

Prévoyez une trousse à outils dépliante pour mieux visualiser votre outillage, et pour y poser les vis, circlips, boulons, écrous pour éviter de les perdre.

Pour les réparations à l’arrache, n’oubliez pas l’adhésif ! Pour les trajets plus longs, prenez de quoi lubrifier votre chaîne et un jerrycan d’essence d’urgence sous forme de pochette pour aller ravitailler en cas de panne.

Enfin, prévoyez des essuies microfibres pour vous nettoyer les mains, la bulle, le casque. En cas de mains franchement dégueu, collantes, poisseuses, grasses : faites d’abord un nettoyage à sec avec de la terre fine (motte de taupinière) qui va se mêler à la saleté, l’absorber et qui sera plus facile à laver après.

Problème de santé, savoir s’en prémunir

Si vous partez à l’autre bout de notre monde, renseignez-vous sur les vaccins à effectuer, renseignez-vous aussi sur les risques sanitaires propres au pays que vous visitez. En plus de la trousse à outils, pensez à la trousse à pharmacie. Si vous restez dans l’Union Européenne, n’oubliez pas de faire votre carte européenne d’assurance maladie. Renseignez-vous sur les garanties offertes par votre mutuelle. Et enfin, renseignez-vous sur les garanties offertes par votre carte bancaire ou sur les différentes offres d’assurance voyage.

Votre assurance, partout tout le temps ?

Et oui, parfois la panne est irréparable par vos propres moyens, et l’assistance est nécessaire. Pire, l’accident peut survenir… avec un véhicule totalement immobilisé. Contactez votre assureur ou relisez votre contrat d’assurance pour vous renseigner sur les garanties offertes et les pays couverts, avant de partir en road trip. D’ailleurs, certains pays exigeront que vous contractiez une assurance lors du passage de la frontière. Si vous le souhaitez, certains constructeurs proposent une assurance qui vous assure le dépannage vers un concessionnaire agréé pour votre machine.

 

Partie 6 : une fois sur la route, savoir se préserver

Rouler, c’est bien, ça procure un sentiment de liberté et des sensations uniques. Mais nous avons tous nos limites, et il est important que vous soyez en bonne condition pour aller au bout de l’aventure. Tout d’abord, il est important de se connaître soi : quelles sont vos propres limites, vos faiblesses ? Avez-vous un problème de santé qui risque de compliquer votre voyage à moto ? Si oui, prenez les bonnes dispositions pour qu’il ne vienne pas tout gâcher.

partir en road trip, et savoir se reposer

Il est important de limiter la fatigue. Comment ? Adoptez une bonne position sur votre machine, n’hésitez pas à utiliser des bouchons d’oreille confortables pour les longues portions de route, couvrez-vous suffisamment et protégez-vous de la chaleur, du froid, des rayons du soleil. Avec le refroidissement éolien, on ne ressent pas toujours le soleil nous brûler la peau. On peut autant se cramer la nuque dans l’Atlas marocain malgré une forte couverture nuageuse qu’après une balade estivale de 450 km dans l’Aisne…

Les pauses sont importantes, si votre itinéraire comprend beaucoup d’étapes touristiques tant mieux ! Sinon profitez du ravitaillement en carburant pour vous dégourdir les jambes, faire les étirements nécessaires. La pause n’est pas une tare, elle vous permet de lire vos sms, mails, consulter l’info routière, la météo, faire un point sur l’itinéraire, casser la croûte, soulager sa vessie (ou autre). Profitez-en pour remettre une couche de vêtements / en retirer une ou, cas extrême, mouiller le t-shirt pour rester au frais sous la canicule. Pas trop quand-même, sinon on va se moquer de votre rhume alors que l’été bat tous les records de chaleur… Quoi qu’il en soit, hydratez-vous bien et ne dépassez pas la limite légale d’alcool au guidon !

Détecter les signaux d’alerte

Vous roulez depuis maintenant de nombreux jours, vous avez du mal à trouver le sommeil, vous avez un coup de mou et la route vous semble longue. Et là, certains signaux d’alarme se déclenchent : vous faites moins attention aux panneaux, vous grillez une priorité sans vous en rendre compte, vous êtes moins mobile sur votre machine, vous prenez mal vos virages… Bref, vous êtes FA-TI-GUÉ.

La pause s’impose, peut-être même une bonne grosse pause. Trouvez un coin tranquille (où faire trempette) suivi d’une petite sieste, ou prenez un bon repas. Priorité n°1 : ressourcez-vous. Mieux vaut arriver en retard ou sauter une étape que de terminer les vacances à déguster le savoir-faire culinaire de l’hôpital local…

quand faire des pauses en voyage à moto

Profiter des pauses pour jouer la fée du logis

Nos amies les bêtes… ou pas !

Qui ne s’est jamais retrouvé à piler comme un bourrin et voir sa vie défiler à cause d’un animal sauvage ou domestique ? Pour certains motards qui roulent peu à la campagne et veulent s’y risquer dans le cadre de vacances, il y a certaines choses à savoir.

Tout d’abord, un animal domestique peut-être aussi dangereux qu’un animal sauvage. Donc même dans les traversées de zones urbaines, gardez ça à l’esprit ! Soyez prudent quand vous croisez des cavaliers, évitez de faire le gros lourd en donnant du gaz et coupez le moteur si vous êtes en offroad. Cela redorera légèrement notre blason. Soyez vigilant en forêt, surtout du crépuscule jusqu’au petit matin, période préférée pour la promenade du gibier. Ralentissez au maximum, les animaux sont imprévisibles. Si certains bestiaux se contentent de traverser, d’autres veulent votre peau en se plantant bêtement devant vous : lapins, chats, faisans… Et même si vous voulez tenter l’évitement, gardez à l’esprit qu’ils vont tout faire pour se jeter sous vos roues, même s’ils doivent faire demi-tour.

Nb : nous tenons à préciser qu’en dehors des besoins nutritifs de l’auteur, aucun vertébré n’a été martyrisé pour les besoins de cet article.

Plus petits mais pas forcément sympathiques : les insectes. Essayez de cacher au maximum votre cou, votre visage. Et évitez de rouler visière ouverte, surtout si votre machine n’a pas de bulle ! Une guêpe n’est jamais bienvenue à l’intérieur de votre casque.

 

Partie 7 : modes d’hébergement

Voilà, la journée touche à sa fin, vous êtes plus ou moins claqué, et il est temps pour vous de vous reposer. Ok, mais où ? Pour répondre à votre question, il faut encore une fois savoir s’écouter. Quel est votre budget ? Quelles sont vos exigences en termes de confort ? Que pouvez transporter sur votre machine ? Renseignez-vous aussi sur les hébergements dits « bikers friendly » qui proposent un accueil et un service adaptés aux motards. Quoi qu’il en soit, l’idéal avant de partir en road trip est de préparer un petit carnet avec les adresses qui vous intéressent dans les villes traversées, les coordonnées et l’heure maximale d’arrivée.

Gîtes, hôtels, hébergement chez l’habitant

Le mieux, le top, le grand luxe. En effet, quoi de plus agréable que de piquer une tête dans une piscine chauffée pour soulager des muscles atrophiés par une dure journée de roulage ? Oh, et bien oui, un massage ! Bon ça n’est pas tout, mais maintenant que la machine est stationnée en sécurité, que l’on est changé, allons visiter la ville. Ce restaurant semble fort sympathique : un bon apéro, un bon repas, une douche et au dodo. Après une bonne nuit de sommeil, rien ne vaut le buffet petit déjeuner…

Bref, l’hôtel, c’est le top. Ca évite de s’encombrer du matériel de camping pour voyager plus léger, ou avec plus de vêtements de rechange ou des trucs moins nécessaires. Mais une nuit d’hôtel, tous les soirs, pendant quinze jours ou un mois n’est pas forcément dans le budget de tous…

Hébergement en dortoir : le top au printemps et à l’automne

Une bonne alternative pour ceux qui ne veulent pas se trimballer le nécessaire de camping et qui veulent dormir avec un toit sur la tête sans avoir à vendre un rein pour partir : les auberges de jeunesse ou autres hébergements en dortoir (comptez entre 10 € et 35 € en moyenne par nuit selon le pays).

Ce type d’hébergements dispose parfois d’une cuisine à utiliser soi-même. Bien évidemment, les aléas viennent des camarades de chambrée parfois bruyants ou à l’hygiène douteuse… Si vous voulez bénéficier des avantages (prix, hébergement « en dur ») et éviter les inconvénients (partage de la chambre), l’idéal est de réserver ce mode d’hébergement en intersaison quand il fait trop froid pour le camping… Ça limite franchement le poids des bagages, ça ne fait pas saigner le portefeuille et  je n’ai jamais eu à me plaindre du confort. Cependant, attention car on en trouve essentiellement dans les grandes villes.

Camping

Ah le charme du camping. On plante la tente, on déballe le matelas, le sac de couchage… On tape causette avec le voisinage et pourquoi pas prendre l’apéro ensemble. Et on reprend la bécane pour aller manger en ville ou faire des courses pour le repas du soir. La belle vie quoi… Bon, les voisins peuvent être bruyants et l’environnement aussi. Mais tout comme l’hôtel, certains campings offrent certains services : piscine, brasserie sur place, électricité, machines à laver… Cela dit, attention là aussi à l’heure d’arrivée limite, et prévoyez un adaptateur pour le courant. Si votre roadtrip a connu la pluie du début à la fin, profitez-en pour déballer votre tente et la faire sécher pour éviter les moisissures.

Semi camping

Ma découverte de l’année 2019 ! Certains campings proposent des hébergements alternatifs : cabanes, yourtes, abris en forme de tonneaux pour un petit prix (25 € / nuit en moyenne, fonction des régions).

L’avantage ? Une bonne protection face aux éléments, une certaine intimité, un lit douillet et des grosses araignées toutes mimi pour vous tenir compagnie. Et, autre gros avantage, on ne se tape pas tout le matos de camping (tente, duvet, oreiller, matelas gonflable). L’inconvénient ? C’est encore fort peu répandu, on les retrouve essentiellement dans les gros campings, et c’est très prisé (surtout en Allemagne). Donc, il faut parfois prévoir la réservation…

logement alternatif pour partir en road trip

Un hébergement alternatif bien sympathique

Partir en road trip et faire du bivouac

Rien que d’écrire ce titre donne la banane. Choix de l’emplacement, de l’heure d’arrivée, tranquillité totale si vous choisissez le bon spot, gratuité. Idéalement, demandez l’autorisation au propriétaire du terrain où vous comptez dormir. Hélas, les meilleures choses sont souvent limitées dans le cadre légal… Assurez-vous que le bivouac est autorisé dans le pays que vous visitez. Certains pays prônent le droit à la nature, d’autres non. Dans ce dernier cas, rapatriez-vous sur les campings ou demandez à un fermier de planter la tente dans son champ. Respectez la tranquillité de l’emplacement, la faune et la flore. Laissez l’endroit aussi propre voire encore plus que vous l’avez trouvé en arrivant. En été, faites attention aux risques d’incendie. Ne faites pas de feu, et si vous fumez, prenez un cendrier portable.

Aussi, faites attention si vous plantez la tente ou le tarp près d’un cours d’eau : prenez garde à ne pas vous retrouver piégé en cas d’orage, d’averse ou de montée rapide des eaux suite à l’ouverture des vannes d’un barrage. En montagne, la vigilance doit être accrue et on déconseille vivement de dormir près d’un cours d’eau. En effet, même si en vallée il y a un grand soleil et sur les hauteurs de gros orages à peine visibles, l’eau peut subitement monter suite aux précipitations.

Le bivouac, bonne alternative pour partir en road trip à moto

Plus de place au camping, pas envie de payer, et bien on va bivouaquer !

Se préparer à bivouaquer

Et là, vous vous dites : « t’es sympa avec ton bivouac, mais pour laver le linge, recharger le smartphone, l’appareil photo, le drone, la cigarette électronique et j’en passe… Je fais comment ? »

Alors, pour charger l’électronique, si on vous recommande d’installer un double port USB sur la machine ça n’est pas pour rien. Si ça n’est pas suffisant, de temps en temps, faites une halte par un camping, hôtel, gîte… Pour en effet bénéficier du courant et passer une nuit plus reposante.

Pour laver le linge, optez pour une lessive écologique et nettoyez votre linge dans une fontaine ou un cours d’eau. Le séchage est le point le plus compliqué. Vous pouvez par exemple placer votre linge humide dans un sac en mesh et l’arrimer sur une valise latérale, la plus exposée au soleil. Privilégiez vraiment la valise latérale au lieu du Top Case pour une meilleure prise au vent et accélérer le séchage. Bien évidemment, en cas de pluie pas le choix : il faudra tout laisser dans une valise…

Attention !

Le bivouac impose une certaine vigilance par rapport à la faune, faites attention aux piqûres de tiques. Munissez-vous d’un tire-tique et/ou faites un vaccin contre l’encéphalite à tiques avant votre départ. Faites aussi attention à certaines espèces. Si le loup qui est de retour en France n’a à ce jour agressé aucun humain en Europe Occidentale, il faut cependant rester méfiant quant aux ours. Ces derniers sont surtout présents dans les pays scandinaves et en Europe de l’Est (Roumanie, Slovaquie, République Tchèque, Pologne, Balkans…). Si les cas d’attaques sont fort heureusement extrêmement rares, il convient de connaître certaines techniques pour éviter qu’ils vous approchent, voire comment éviter une agression. Vu que vous disposez d’une moto, en cas de visite ursine, n’hésitez pas à la démarrer, klaxonner et grimper sur la selle pour lui faire peur.

Sonya vous recommandera aussi de prévoir une lotion anti-moustiques de compétition, et même le filet anti-smidges, ces moustiques qui se déplacent par essaim en Ecosse et en Irlande. En effet, s’ils sont petits, il faut savoir qu’ils ont cette faculté de gâcher le plaisir de la pause…

Voyage en groupe ? Louer un logement

Outre la solidarité, l’entraide, le fun et les engueulades, l’avantage de partir en road trip en groupe est le fait de pouvoir diviser les frais d’hébergement. Ainsi, n’hésitez pas à louer un logement suffisamment grand pour accueillir toute votre tribu dans le meilleur des conforts.

Check-list camping et bivouac

Si vous voulez tenter l’expérience du camping ou du bivouac, on vous laisse une liste pour partir en road trip avec le matériel à prévoir. Encore une fois, ça n’est pas LA référence. Chacun adaptera en fonction de ses besoins et de la place disponible. Car si le camping comprend de nombreux avantages, il présente un encombrement conséquent. Donc, nous vous recommandons de vous orienter vers du matériel de trekking, certes onéreux, mais qui présente des avantages de taille, de poids et de confort.

Camping
Tente Sac de couchage Matelas gonflable
Gamelle Couverts Oreiller gonflable
Sac mesh + sac poubelle maillet Vêtements thermiques
Lampe torche Gourde / Lifestraw® / Micropur®

 

Deux types de matériel de camping, compact, léger et cher, ou économique, lourd et volumineux

Deux types de matériel de camping, compact, léger et cher, ou économique, lourd et volumineux

Tranquillité absolue ? Les agences spécialisées !

Tout ce qui est ci-dessus vous a refroidi. Trop de choses à penser, prévoir, prendre, préparer, organiser… Et donc, vous ne souhaitez plus partir en road trip ? Pas si vite camarade !

C’est vrai quoi, les vacances, c’est aussi fait pour se poser et arrêter de devoir toujours penser à tout et se stresser. Une solution s’offre à vous : les agences de voyages à moto ! Il existe un nombre incalculable de prestataires plus ou moins réputés par leur sérieux, par leur panel d’offres et les machines proposées. Les formules vont du simple roadbook et sélection d’hébergements pour que vous puissiez utiliser votre machine et y aller à votre rythme, jusqu’à la formule tout compris dans des contrées aussi fascinantes que lointaines. Bien souvent, ces prestataires sont des passionnés de moto et de voyage qui ont décidé d’en faire leur métier. Forcément, la tranquillité a un prix.

 

Partie 8 : le contact humain, un des meilleurs aspects du voyage à moto

Oui, cet aspect mérite d’être mis en avant. Que nous utilisions notre machine 365 jours par an à but utilitaire ou pour profiter de la route par beau temps, la moto a quelque chose de magique. Et ceci ne se limite pas qu’à l’utilisateur. Il faut dire que la moto dégage une certaine aura qui ne laisse pas indifférent les passants. Elle génère aussi une solidarité entre motards qui est à mes yeux, primordiale de conserver. N’hésitez pas à aider un(e) camarade en détresse, et n’hésitez pas à demander de l’aide ou des conseils aux locaux.

Enfin, une moto chargée pour partir en road trip suscite souvent l’intérêt, la curiosité. Parfois le mépris mais plus souvent, le respect. Plusieurs fois, on nous a aidés quand on en a eu besoin. Plusieurs fois, on est venu nous demander notre itinéraire, notre destination, on nous a recommandé des endroits à visiter. Souvent, nous avons vu l’envie dans les yeux de nos interlocuteurs suivi de leurs encouragements. On nous a même proposé le gîte et le couvert plutôt que le bivouac. Pour terminer, vous utilisez, pour partir en road trip, un fameux outil de contact, alors enjoy!

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Gab

Moi c'est Gab', depuis que j'ai obtenu le précieux sésame en 2013, je roule sur mon Sportster pour déambuler sur les boulevards et plus récemment mon Africa Twin pour affronter les conditions climatiques hostiles ou pour rider vers d'autres horizons. Egalement cycliste et parfois automobiliste, je prône le partage, la responsabilité et la sagesse collective sur la route. Quoiqu'il en soit, je recherche l'équipement sachant allier style, efficacité et protection.