Dormir en camping ou à l’hôtel lors d’un road trip moto ?


Quand on prépare un road trip à moto, on pense généralement à l’itinéraire, aux kilomètres, aux cols que l’on va traverser, aux paysages que l’on va découvrir… Mais il y a une autre question qui revient assez rapidement : où est-ce qu’on va dormir ?

Camping, hôtel, chambre d’hôtes, auberge, parfois même une nuit improvisée chez l’habitant… Au fil de mes voyages à moto, j’ai testé différentes façons de passer la nuit et je me suis rendu compte qu’il n’y avait finalement pas vraiment de bonne ou de mauvaise solution.

Tout dépend du voyage, de la météo, du budget, du nombre de kilomètres prévu dans la journée et surtout de l’état dans lequel on arrive après plusieurs heures au guidon.

Et lorsque l’on part à moto pour rejoindre un événement comme le Wheels & Waves, le Tourist Trophy ou un MotoGP, le choix de l’hébergement peut même faire partie intégrante de l’aventure.

Le camping, la version la plus aventureuse

Il y a quelque chose de particulier dans le fait de terminer une journée de moto et de planter sa tente quelque part.

On enlève les équipements, on sort le matériel des sacoches, on installe son petit campement et, tout à coup, la journée prend une autre dimension.

J’ai eu l’occasion de vivre ce genre de moments lors de plusieurs voyages et c’est clairement ce qui me plaît dans le camping à moto. On est beaucoup plus proche de ce qui nous entoure. On peut se retrouver au milieu des montagnes, dans un petit camping perdu au bord d’une route ou dans un endroit où l’on n’aurait probablement jamais mis les pieds autrement.

Et puis il y a ces soirées où l’on rencontre d’autres voyageurs. Des motards qui viennent parfois de très loin, avec leur propre itinéraire, leurs anecdotes et leurs histoires de voyage. C’est souvent autour d’un repas ou d’un café que les meilleures discussions commencent.

Pour un événement comme le Tourist Trophy, par exemple, cette ambiance prend encore une autre dimension. L’île se remplit de motards venus de partout et le camping devient presque une partie de l’expérience.

Mais après 400 kilomètres, monter une tente peut devenir une épreuve

C’est là que la théorie rencontre parfois la réalité.

Sur le papier, planter sa tente au coucher du soleil avec une jolie vue sur les montagnes paraît absolument parfait… Après huit heures de moto, un sac à dos, des bouchons dans les oreilles et plusieurs centaines de kilomètres dans les bras, l’idée de sortir la tente, le matelas et le sac de couchage est parfois nettement moins séduisante 😉

C’est notamment pour cette raison que j’aime bien garder une certaine souplesse dans mes voyages. Il y a des jours où l’on a encore de l’énergie et où l’on est ravi de monter son petit campement et puis il y a les jours où l’on rêve simplement d’une douche, d’un vrai lit et de ne plus avoir à réfléchir à quoi que ce soit.

L’hôtel, le plaisir du confort

L’hôtel a donc un avantage assez évident : après une longue journée de route, tout est déjà prêt. On arrive, on gare la moto, on récupère les clés et on peut enfin enlever les bottes. Après une grosse journée de roulage pour rejoindre un événement moto, ce confort peut être particulièrement appréciable.

Lorsqu’on part rejoindre un MotoGP, par exemple, les journées peuvent déjà être bien remplies une fois arrivé sur place. Entre les essais, les courses, les déplacements et parfois les kilomètres parcourus pour rejoindre le circuit, on n’a pas forcément envie de passer une heure supplémentaire à monter son campement le soir.

L’hôtel permet aussi de mieux récupérer avant de reprendre la route lorsqu’il reste encore plusieurs centaines de kilomètres à parcourir le lendemain. Une bonne nuit de sommeil peut finalement être beaucoup plus importante qu’une dizaine d’euros économisés.

L’autre avantage de l’hôtel : voyager plus léger

C’est un point auquel on ne pense pas forcément au départ… le camping demande beaucoup de matériel. Par exemple : tente, matelas, sac de couchage, réchaud, nourriture, parfois même une petite table ou une chaise si l’on veut améliorer un peu son confort, et tout cela finit bien évidement sur la moto. Lorsque l’on part pour plusieurs jours, chaque litre disponible dans les valises ou les sacoches compte. À l’inverse, avec l’hôtel, il suffit finalement de prendre ses vêtements, sa trousse de toilette et quelques affaires personnelles. Pour certains road trips où l’objectif est avant tout de rouler et de découvrir un maximum de choses, cette simplicité est vraiment agréable.

Le piège de l’hôtel : réserver trop à l’avance

C’est quelque chose que j’ai appris avec le temps. Lorsque l’on prépare un road trip, on peut facilement avoir envie de tout organiser à l’avance. Les étapes, les hôtels, les restaurants, les horaires…

Mais à moto, les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Une route magnifique peut donner envie de faire un détour. Une petite route de montagne peut prendre beaucoup plus de temps que prévu. On peut rencontrer quelqu’un et décider de prolonger la pause. Ou tout simplement avoir envie de rouler encore un peu parce que la journée est belle. Personnellement, j’aime donc bien garder une partie du voyage flexible lorsque c’est possible.

Et puis il y a la météo…

Le camping est génial quand il fait beau. Il l’est beaucoup moins lorsque l’on arrive sous la pluie avec une tente à monter et des affaires déjà trempées ! (Je me souviens de mon road-trip jusque l’ile de Man ou j’ai fait les 3 premières journées sous la pluie diluvienne… ce n’était pas des journées les plus agréables !)

Et sur un road trip à moto, la météo peut rapidement changer les plans. C’est particulièrement vrai lorsqu’on traverse des régions montagneuses ou que l’on enchaîne plusieurs pays.

Après avoir roulé plusieurs heures sous la pluie, l’idée de prendre une douche chaude, de faire sécher ses affaires et de dormir dans un vrai lit devient soudainement extrêmement séduisante. C’est aussi pour cette raison que je ne vois pas l’hôtel comme l’ennemi du road trip. Au contraire, une nuit confortable peut permettre de repartir le lendemain avec beaucoup plus d’énergie.

Pour les grands événements moto, je dirais même que les deux se complètent

Pour des voyages comme le Wheels & Waves, le Tourist Trophy ou un MotoGP, le choix de l’hébergement dépend aussi beaucoup de l’ambiance que l’on recherche. Le camping permet de prolonger l’esprit de l’événement. On retrouve facilement d’autres motards, on échange sur les motos, les itinéraires, les préparations et les kilomètres parcourus pour arriver jusque-là.

C’est souvent une expérience à part entière. L’hôtel, lui, permet de faire une vraie coupure ! Après une journée entière passée sur un événement, au milieu du bruit, du monde et de l’excitation, retrouver une chambre calme peut être particulièrement appréciable.

Et puis il faut aussi penser à la moto : quand on transporte tout son équipement, il est quand même agréable de savoir que la moto peut dormir dans un parking sécurisé, idéalement à proximité de la chambre. C’est un détail, mais lorsqu’on a passé plusieurs jours sur la route, on apprécie vraiment de ne pas avoir à se demander si tout sera bien là le lendemain matin.

Alors, camping ou hôtel ?

Après plusieurs road trips, je serais bien incapable de choisir définitivement. Le camping (ou bivouac pour ma part également) correspond davantage à l’esprit aventure et à cette sensation de liberté que j’aime retrouver lorsque je pars plusieurs jours à moto. L’hôtel, lui, est parfait lorsque la priorité devient le repos et la récupération. Mais finalement, je pense que la meilleure solution est souvent de faire les deux.

Quelques nuits sous la tente pour profiter pleinement du voyage, puis une nuit à l’hôtel lorsque le corps réclame un peu de confort. C’est d’ailleurs ce que j’aime dans les road trips à moto : ne pas forcément tout prévoir. On peut partir avec une idée d’itinéraire, quelques étapes incontournables et une vague idée de l’endroit où l’on dormira puis laisser les kilomètres décider du reste…. Parce qu’au fond, un road trip à moto, ce n’est pas seulement aller d’un point A à un point B. 🙂

C’est tout ce qui se passe entre les deux. Les routes que l’on n’avait pas prévues de prendre, les rencontres, les galères, les paysages, les pauses improvisées, les soirées autour d’une bière avec d’autres motards… et parfois cette petite question qui revient en fin de journée :

« Bon, alors… on dort où ce soir ? »

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Alyson Aigrain

Moi c'est Lily, vous me connaissez peut-être sous le nom de "Talons et Guidon". Passionnée par l'univers mécanique, j'aime écrire et présenter des chroniques sur ce sujet. Pilote et journaliste, je travaille pour divers médias comme Moto Heroes ou encore la chaine Lestream. Je suis également la créatrice de Ride Trippers et auteur du livre sur la moto au féminin Talons & Guidon.

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