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Des femmes au palmarès moto incroyable !


Du bitume des circuits aux pistes poussiéreuses du Dakar, elles ont imposé leur talent dans un univers longtemps considéré comme masculin. Championnes du monde, pilotes d’exception et pionnières, ces femmes ont marqué l’histoire de la moto à coups de chronos, de victoires et de performances qui forcent le respect.

Quand on parle de compétition moto, certains noms viennent immédiatement à l’esprit. Valentino Rossi, Marc Márquez, Fabio Quartararo ou encore Toni Bou. Mais derrière ces figures incontournables, des femmes ont elles aussi construit des palmarès impressionnants, parfois au prix de combats supplémentaires pour simplement obtenir leur place sur la ligne de départ.

En tant que motarde, je trouve leurs parcours particulièrement inspirants. Parce qu’au-delà des titres et des trophées, il y a cette passion commune pour la moto, cette envie d’aller toujours plus loin et cette détermination à ne pas se laisser enfermer dans les cases. Elles roulent vite, elles chutent, elles se relèvent et elles gagnent. Et surtout, elles prouvent que le talent ne se résume pas à une question de genre.

Voici quelques-unes de ces femmes qui ont repoussé les limites du sport moto.

Laia Sanz : une légende du tout-terrain et du Dakar

Si je devais citer une pilote qui incarne à elle seule la polyvalence, l’endurance et la détermination, Laia Sanz serait certainement en haut de ma liste.

Cette pilote espagnole possède un palmarès exceptionnel. Avant même de s’illustrer sur les rallyes-raid, elle s’est imposée en trial, une discipline qui demande un équilibre remarquable, une maîtrise technique précise et une capacité à lire le terrain à chaque instant. Son bilan donne le vertige : 14 titres mondiaux féminins en trial et six en enduro.

Mais c’est aussi sur le Dakar qu’elle a marqué les esprits. Entre 2011 et 2021, elle a participé à onze éditions de l’épreuve à moto, terminant chacune d’elles. En 2015, elle réalise une performance historique en décrochant la neuvième place du classement général moto. Elle devient ainsi la première femme à intégrer le top 10 de cette catégorie, face à une concurrence particulièrement relevée.

Le Dakar n’a pourtant rien d’une simple course de vitesse. Il faut savoir naviguer, gérer la fatigue, composer avec les imprévus mécaniques et continuer à avancer lorsque le corps réclame du repos. Chaque étape est un défi en soi.

Laia Sanz a démontré qu’une pilote pouvait exceller dans cet environnement exigeant, où l’expérience, la résistance et la lucidité comptent autant que la vitesse pure.

Après avoir mis un terme à sa carrière professionnelle en rallye-raid à moto, elle s’est tournée vers l’automobile. Une nouvelle aventure qui illustre parfaitement son état d’esprit : lorsque l’on atteint une limite, pourquoi ne pas chercher à en repousser une autre ?

Ana Carrasco : celle qui a fait tomber une barrière historique

En 2018, Ana Carrasco entre dans l’histoire du sport moto. À seulement 21 ans, l’Espagnole remporte le championnat du monde Supersport 300 et devient la première femme à décrocher un titre mondial de vitesse moto.

Ce n’est pas simplement une victoire symbolique. C’est un championnat disputé, avec des courses où chaque freinage, chaque trajectoire et chaque dépassement peuvent faire basculer le classement.

Ana Carrasco avait déjà montré qu’elle était capable de rivaliser avec les meilleurs. Après ses débuts en championnat du monde Moto3, elle a poursuivi son parcours malgré des saisons difficiles, avant de trouver en Supersport 300 un terrain favorable pour exprimer pleinement son potentiel.

Son titre de 2018 a marqué un tournant : une femme pouvait non seulement participer à un championnat mondial mixte, mais aussi le remporter.

Et elle ne s’est pas arrêtée là. En 2024, elle devient la première championne du monde du nouveau championnat FIM féminin de vitesse, le WorldWCR. Une saison remarquable, avec quatre victoires et un podium à chacune des courses disputées.

Ce double accomplissement raconte quelque chose d’important : Ana Carrasco n’a pas seulement ouvert une porte. Elle a continué à gagner, à évoluer et à démontrer qu’elle avait toute sa place parmi les pilotes de haut niveau.

Pour moi, c’est aussi ce qui rend son parcours intéressant. Elle ne représente pas uniquement une réussite féminine. Elle est une pilote qui a su transformer son talent en résultats concrets, malgré les difficultés rencontrées au cours de sa carrière.

Maria Herrera : la persévérance au plus haut niveau

Le nom de Maria Herrera mérite lui aussi une place dans cette histoire.

L’Espagnole a évolué dans plusieurs championnats de vitesse, notamment en Moto3 et en MotoE, avant de poursuivre son parcours en WorldWCR. Une carrière qui témoigne de sa volonté de rester compétitive dans un milieu où les places sont chères et où la moindre contre-performance peut compliquer la suite d’un projet.

En 2024, elle termine deuxième de la première saison du championnat du monde féminin de vitesse. L’année suivante, elle revient avec un objectif clair : décrocher le titre.

En 2025, elle devient championne du monde WorldWCR après une saison disputée jusqu’à la dernière manche. Avec six victoires, elle finit par s’imposer au terme d’une bataille serrée face à sa compatriote Beatriz Neila.

Ce qui me plaît dans ce parcours, c’est cette capacité à revenir après une déception. En compétition, le talent ne suffit pas toujours. Il faut également accepter les défaites, analyser ses erreurs, continuer à travailler et saisir les occasions lorsqu’elles se présentent.

Maria Herrera incarne cette persévérance. Son titre de 2025 confirme que le championnat féminin de vitesse gagne en intensité et que les pilotes engagées ne sont pas là pour faire de la figuration.

Livia Lancelot : la Française qui a marqué le motocross

Changeons d’univers et quittons les circuits asphaltés pour retrouver la terre, les ornières et les réceptions parfois brutales des sauts de motocross.

Livia Lancelot est l’une des figures majeures du motocross féminin français. En 2008, elle remporte le tout premier championnat du monde féminin de motocross. Huit ans plus tard, en 2016, elle décroche un deuxième titre mondial.

Entre les deux, elle accumule également les titres nationaux et les podiums internationaux. Son parcours ne se limite d’ailleurs pas à la catégorie féminine : elle a aussi cherché à se mesurer aux hommes, notamment en tentant de se qualifier sur une épreuve du championnat du monde MX2 en 2014.

Ce choix est révélateur d’une ambition qui dépasse les frontières habituelles de la discipline. Dans le motocross, la puissance de la moto, la condition physique, la gestion des sauts et la capacité à rester lucide dans des conditions difficiles sont déterminantes.

Livia Lancelot a prouvé qu’elle pouvait rivaliser au plus haut niveau féminin tout en allant chercher de nouveaux défis.

Après sa carrière de pilote, elle a également poursuivi son engagement dans le sport en prenant la tête de sa propre structure, 114 Motorsports. Une autre manière de contribuer à la discipline et de participer à l’évolution de la place des femmes dans les paddocks.

Son histoire rappelle que repousser les limites ne signifie pas uniquement gagner une course. Cela peut aussi consister à ouvrir des portes, à prendre des responsabilités et à préparer le terrain pour celles qui arrivent derrière.

Au-delà des titres, un combat pour la reconnaissance

Ces parcours ont un point commun : aucune de ces pilotes n’a construit sa carrière uniquement sur un statut de femme dans un sport masculin. Elles ont surtout travaillé, roulé, chuté, progressé et gagné.

Pourtant, il serait naïf de prétendre que leur chemin est identique à celui de leurs homologues masculins. L’accès aux budgets, aux sponsors, aux équipes et à la visibilité médiatique reste un enjeu important pour de nombreuses compétitrices.

Le cas de Livia Lancelot illustre notamment cette difficulté : disposer du talent nécessaire ne garantit pas de réunir les moyens financiers pour continuer à courir au plus haut niveau.

C’est aussi pour cette raison que les championnats féminins ont leur importance. Ils permettent à des pilotes de s’affronter dans un cadre international, de gagner en visibilité et de démontrer leur niveau. Mais l’objectif ne devrait pas être de cantonner les femmes à ces seules catégories.

Les trajectoires d’Ana Carrasco et de Laia Sanz montrent justement que les ambitions peuvent être multiples : remporter un championnat féminin, s’imposer dans une compétition mixte ou aller chercher une performance historique au classement général.

Il n’existe pas une seule façon d’être une femme pilote. Il existe des personnalités, des disciplines, des ambitions et des parcours différents.

Et nous, les motardes du quotidien ?

Bien sûr, nous ne sommes pas toutes destinées à prendre le départ d’un championnat du monde ou à traverser le désert à pleine vitesse. Et heureusement : la moto ne se résume pas à la compétition.

Mais je trouve qu’il y a quelque chose de commun entre ces championnes et toutes les femmes qui décident de monter sur une moto, de passer leur permis, de partir seules en voyage ou de se lancer dans une nouvelle discipline.

C’est cette envie de se faire confiance, de découvrir ses propres capacités et de ne pas renoncer simplement parce que l’on nous explique parfois que ce n’est pas fait pour nous.

Quand je pars rouler, je ne cherche pas à battre un record du monde. Je cherche le plaisir de la route, les paysages, les sensations et cette liberté que seule la moto sait procurer. Pourtant, savoir que des femmes ont réussi à se hisser au sommet de disciplines aussi exigeantes donne forcément envie d’aller plus loin.

Leurs histoires contribuent à faire évoluer les mentalités. Elles donnent des modèles aux jeunes filles qui rêvent de compétition, mais aussi à celles qui hésitent encore à franchir le pas.

Et c’est peut-être là leur plus belle victoire : faire en sorte que la présence d’une femme sur une moto ne soit plus considérée comme une exception.

Repousser les limites, chacune à notre manière

Laia Sanz, Ana Carrasco, Maria Herrera et Livia Lancelot ont marqué l’histoire de la moto à leur manière. L’une a repoussé les limites de l’endurance et du rallye-raid, une autre a remporté un championnat du monde mixte, une troisième a confirmé son statut au plus haut niveau de la vitesse féminine, tandis que la dernière a marqué durablement le motocross français et international.

Leurs palmarès sont impressionnants, mais leur héritage ne se mesure pas uniquement au nombre de titres remportés.

Bien sûr, cette sélection est loin d’être exhaustive. Il existe encore de nombreuses femmes qui mériteraient d’être mises en lumière pour leur palmarès, leur parcours, leur engagement ou simplement leur façon de faire évoluer le monde de la moto. Celles que j’ai présentées ici sont quelques exemples parmi beaucoup d’autres, des profils qui m’inspirent et qui illustrent, chacun à leur manière, la diversité des chemins possibles dans cet univers.

J’ai d’ailleurs eu la chance d’interviewer plusieurs femmes aux parcours inspirants dans mon livre Talons et guidon, le guide des motardes. Des témoignages qui montrent qu’il n’existe pas une seule façon de vivre sa passion pour la moto, mais une multitude d’histoires, d’expériences et d’ambitions.

Et vous, quelles sont les motardes, pilotes ou personnalités féminines du monde de la moto qui vous inspirent ? Partagez leurs noms et leurs parcours en commentaire ! Ce serait l’occasion de faire découvrir d’autres profils, de mettre en avant celles dont on parle encore trop peu et de continuer, ensemble, à faire vivre ces belles histoires de femmes qui repoussent les limites.

Alors, que l’on roule sur route, sur piste, dans la boue ou au milieu des dunes, une chose est certaine : la passion de la moto n’a pas de genre. Et si les limites existent, elles sont surtout là pour nous donner envie d’aller voir ce qu’il y a de l’autre côté.

Tags Pratique

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Alyson Aigrain

Moi c'est Lily, vous me connaissez peut-être sous le nom de "Talons et Guidon". Passionnée par l'univers mécanique, j'aime écrire et présenter des chroniques sur ce sujet. Pilote et journaliste, je travaille pour divers médias comme Moto Heroes ou encore la chaine Lestream. Je suis également la créatrice de Ride Trippers et auteur du livre sur la moto au féminin Talons & Guidon.

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