Avec plus de 25 ans de bécane au compteur, dont une bonne partie à user mes semelles sur les pistes de plateau en tant que formateur moto, on peut dire que j’ai vu défiler un paquet d’équipements. S’il y a bien un accessoire qui peut transformer un super roadtrip en véritable chemin de croix, ce sont les chaussures. Trouver la perle rare relève souvent du compromis impossible : on exige la sécurité d’une vraie botte de piste, la souplesse d’une sneaker pour marcher et si possible, un rempart efficace contre la météo. Dernièrement, j’ai eu l’occasion d’essayer l’une des nouveautés de la marque à la panthère : les baskets Furygan V5 D3O WP (WP pour waterproof). Voici mon avis sans concession après un essai qui ne les a pas ménagées !
Les conditions de cet essai : aucun traitement de faveur
Pour savoir ce que vaut vraiment une paire de chaussures moto étanches, faire le tour du pâté de maison ne suffit pas. Il faut les brusquer. J’ai donc imposé à ces baskets Furygan V5 D3O WP un traitement de choc pendant deux grosses semaines.
Elles m’ont parfois accompagné jusqu’à 12 heures d’affilée. De longues matinées passées debout à piétiner l’asphalte avec mes élèves, jusqu’aux trajets de liaison aux commandes d’un de mes propres roadsters sportifs. Autoroute, ville, variations de températures, averses surprises et pas mal de marche à pied… Elles ont eu droit au menu complet.

Fiche technique : une véritable armure sous un look de sneaker urbaine
Avant même d’enfourcher la moto, un petit tour du propriétaire s’impose. Visuellement, on est face à une paire de baskets urbaines au look sportif et soigné mais techniquement, la V5 D3O WP est un authentique Équipement de protection individuelle (EPI). La tige principale mixe le cuir synthétique PU et la microfibre. Le rendu est robuste au toucher, tout en offrant d’emblée la flexibilité indispensable pour ne pas marcher comme un robot. Un point également appréciable quand les chaussures sont neuves !
L’exigeante norme CE EN 13634
Bien entendu ce modèle répond aux exigences drastiques de la norme CE EN 13634. Pour ceux qui l’ignorent, cette homologation est une garantie vitale. Elle valide en effet la résistance des matériaux à l’abrasion en cas de glissade sur le bitume ainsi que leur ténacité face aux coupures et aux déchirures. Plus important encore, les tests valident la rigidité transversale de la semelle. En clair ? C’est ce qui empêchera votre pied de se faire broyer sous les 200 kilos de votre machine en cas de chute.

La magie du D3O® aux malléoles
Le véritable tour de force technique de ces baskets moto Furygan se situe au niveau des chevilles. La marque y a intégré des inserts en D3O®. Concrètement, le D3O® est un matériau souple dont les molécules se verrouillent à l’impact pour absorber l’énergie cinétique. Plus d’explications pour les curieux sur le site de Furygan.
On connaît très bien cette technologie pour les dorsales ou les autres coques de protection dans les blousons ou les pantalons mais son application ici est brillante. La malléole est une zone extrêmement exposée en deux-roues et les traumatismes y sont complexes à soigner (et les séquelles parfois permanentes). Cette technologie permet d’aboutir à des protections souples, ergonomiques et performantes pour un confort et une sécurité accrus. On profite donc d’une chaussure souple à tout point de vue qui ne fait pas mal en marchant mais qui se transforme en véritable bouclier à l’impact. La marque a par ailleurs judicieusement complété cette armure avec des renforts aux talons et aux orteils.
Enfilage et ergonomie : pensés pour les rouleurs exigeants
Au quotidien, l’ergonomie de ces baskets moto s’avère redoutable. L’ouverture est suffisamment large pour un enfilage express, et le système de laçage se montre particulièrement tolérant. C’est un détail qui a toute son importance si, comme beaucoup, vous avez le pied un peu « fort » ou un cou-de-pied imposant.
D’ailleurs, petit conseil pointure : ce modèle a tendance à tailler légèrement grand. Mais c’est loin d’être un défaut ! Ce petit volume supplémentaire devient un atout majeur en plein hiver car il permet de glisser une épaisse paire de chaussettes thermiques sans pour autant se couper la circulation sanguine.

Une languette de sécurité bien pensée
Tout en haut du laçage, Furygan a placé un strap de serrage particulièrement futé. Équipé d’une petite section élastique, il vient épouser la cheville sans jamais créer de point de compression.
Surtout, cette fameuse languette de sécurité a une mission cruciale : elle est là pour maintenir le lacet contre la chaussure et éviter qu’il ne se prenne dans une pièce mobile de la machine. Avec ce système, le risque est réduit à zéro, tant que le lacet est bien positionné derrière.

Sur la route : un feeling des commandes chirurgical
Passons au vif du sujet : la dynamique. Au guidon de ma Ducati Streetfighter V4S, une machine qui exige un minimum de doigté sur la sélection des rapports, le feeling renvoyé par ces baskets est tout bonnement excellent.
La semelle retranscrit parfaitement les informations mécaniques. Qu’il s’agisse d’effleurer la pédale de frein arrière en courbe ou de monter les vitesses à la volée, le « toucher » est d’une précision absolue.

Le choix stratégique pour les jeunes permis moto
Furygan confirme ici sa réputation historique : la marque sait faire des chaussures moto qui « communiquent » avec la mécanique. C’est d’ailleurs pour ce retour d’information si précis que je recommande chaudement cette paire à ceux qui passent le permis moto. Quand on débute, réussir à sentir le verrouillage du sélecteur est un avantage non négligeable. Avec les V5 D3O, vous mettez toutes les chances de votre côté.

L’épreuve de la météo : le verdict de la membrane étanche
Opter pour des chaussures moto étanches (Waterproof), c’est souvent prendre le risque de finir avec les pieds en surchauffe dès que le soleil pointe le bout de son nez. J’ai pu valider la polyvalence de ces baskets sur une belle plage thermique, allant de 10°C le matin à de bons 26°C l’après-midi.
Le bilan de la membrane climatique est très positif. La respirabilité est au rendez-vous, et même par 26°C, la chaleur reste complètement gérable. À l’opposé, les matins à 10°C, le froid ne perfore pas le rempart, y compris sur mes trajets de 45 minutes comportant de bonnes portions d’autoroute.
Côté pluie ? Les quelques (courtes) averses essuyées au cours de l’essai n’ont pas réussi à percer la barrière. Les pieds restent au sec, mission accomplie.
Confort de marche et… le petit bruit qui surprend
Pendant ces deux semaines, j’ai aussi accumulé les pas. Le confort de marche est très convaincant pour un équipement destiné à la pratique de la moto. La semelle reste volontairement assez fine pour préserver le ressenti des commandes. Il ne s’agit donc pas de partir faire un trek en montagne mais pour la vie de tous les jours, c’est largement suffisant.
Seule petite ombre au tableau, plutôt surprenante à l’usage : les chaussures couinent un peu en marchant ! Rien de bien méchant mais ça ne passe pas inaperçu quand vous traversez un couloir silencieux. Notez que le couinement en question s’est estompé au bout de ces deux semaines mais reste encore un peu présent. Furygan indique que c’est dû au caoutchouc et que le bruit disparaît avec le temps.

Styles, déclinaisons et verdict tarifaire
La version de mon essai, ornée du coloris noir / blanc / rouge, dégage un esprit résolument « racing » bien affirmé. L’imposant logo « V5 » greffé sur le talon pourrait laisser craindre un côté un peu m’as-tu-vu mais une fois la chaussure enfilée, l’inclinaison fait qu’il se fond très discrètement dans la ligne de la jambe.
Si vous préférez rouler incognito, la marque propose trois variantes, dont une déclinaison « full black* » très furtive, et un combo noir / jaune / blanc.

Une gamme pensée pour tout le monde
Le fabricant français a eu la bonne idée d’étoffer sa gamme. Si la pluie n’est pas un sujet pour vous, le modèle existe en version classique (non-waterproof), ce qui permet d’économiser quelques euros.
Autre excellent point : la gamme inclut une version Lady. Au-delà de coloris différents (elles sont aussi disponibles en full black), c’est surtout le chaussant (le fameux fitting) qui est entièrement redessiné pour s’adapter à la morphologie féminine.
Bilan financier
Au moment de passer à la caisse, les baskets Furygan V5 D3O WP demandent un budget légèrement supérieur à la moyenne du segment de ce type de baskets moto. Cependant, cette différence tarifaire est totalement absorbée par l’excellente qualité de fabrication et l’ergonomie globale. Historiquement, Furygan n’a plus rien à prouver sur le confort de ses cuirs et de son chaussant, et cette nouveauté en est la preuve éclatante. Un investissement durable et sécurisant que je valide les yeux fermés.
*full black = entièrement noir
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