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Portrait d’une motarde : Clémentine, l’amoureuse des voyages moto à l’autre bout du monde


31 ans, chirurgien-dentiste, installée dans le Beaujolais et motarde depuis dix ans, Clémentine est de ces motardes pour qui la moto représente bien plus qu’un simple moyen de transport. Une histoire de liberté, de voyages, de découvertes… et de rencontres.

Quand on échange avec elle, on comprend rapidement que la moto lui a ouvert une porte vers l’aventure. De la Suisse à l’Himalaya, des États-Unis à la Mongolie, elle a accumulé des souvenirs qui donnent immédiatement envie de prendre la route.

Mais avant de parcourir le monde au guidon de ses motos, Clémentine était simplement une petite fille qui montait derrière son père sur une jolie FZ1 jaune poussin… Alors voici par ma plume, son histoire… J’espère qu’elle vous plaira !

Une histoire de moto qui commence… derrière son père

Clémentine n’a pas grandi avec l’idée de passer son permis moto à tout prix. Pourtant, la moto a toujours fait partie de son univers…. « J’ai toujours fait de la moto en étant enfant derrière mon père », raconte-t-elle. Plus tard, elle prend un scooter pour pouvoir se déplacer facilement depuis la campagne où elle habite. Direction notamment le centre équestre, sans avoir à dépendre constamment de ses parents. À ce moment-là, la moto est avant tout un moyen pratique d’aller d’un point A à un point B. Puis arrive la première année de médecine !

Des journées de plus de douze heures à travailler, peu de vie sociale et quasiment aucune distraction. Et soudain, une envie devient de plus en plus forte : voyager, respirer, être libre.

« J’ai rêvé de voyage et de liberté : j’ai décidé de passer mon permis ! » Dix ans plus tard, difficile d’imaginer que la moto n’était, à l’origine, qu’une simple solution pour se déplacer.

1,55 m et quelques chutes : rien qui puisse l’arrêter

Passer son permis moto lorsqu’on mesure 1,55 m peut déjà représenter un petit défi. Clémentine a heureusement pu compter sur un moniteur particulièrement patient et bienveillant, malgré quelques chutes liées à sa taille.

Mais son passage du plateau lui a également réservé une expérience beaucoup moins sympathique. Elle se souvient notamment d’une remarque sexiste lancée par des personnes présentes sur place :

« Tu serais mieux dans une cuisine ! »

Une phrase qui aurait pu rester en travers de la gorge. Sauf que Clémentine a eu la meilleure des réponses : elle a obtenu son plateau. Ceux qui lui avaient lancé cette remarque, eux, ne l’ont pas eu. Spoiler alert : parfois, le meilleur moyen de répondre aux préjugés, c’est simplement de réussir.

De la petite CB500F à la Triumph Scrambler

Sa première moto ? Une petite CB500F… d’auto-école. Aujourd’hui, le garage de Clémentine est un peu plus étoffé puisqu’elle roule avec une Triumph Scrambler 900 de 2026 et une KTM Freeride 250F. Deux motos qui permettent déjà d’explorer des univers très différents. Lorsqu’on lui demande quelle serait sa moto de rêve, la réponse est finalement assez difficile à donner… « Il m’en faudrait une par style de conduite ! »

Son cœur penche toutefois depuis longtemps pour une machine bien précise : la Ducati Panigale V4 S. Une moto qui la fait rêver, même si elle reconnaît volontiers qu’elle n’est pas vraiment adaptée à la polyvalence qu’elle recherche dans sa pratique. Parce que chez Clémentine, la moto doit avant tout permettre de partir. Loin. Très loin parfois.

Quand la moto devient un passeport pour voyager

C’est probablement lorsqu’elle commence à raconter ses voyages que l’on comprend véritablement ce que représente la moto pour elle : La Suisse, l’Autriche, l’Inde, les États-Unis, la Mongolie…

Son carnet de voyage pourrait presque ressembler à une carte des plus belles routes du monde. Parmi ses souvenirs, elle évoque notamment les passages du Furka Pass en Suisse et du Großglockner en Autriche, réalisés au guidon de sa petite Himalayan, parfois sous la pluie. Des conditions qui, loin de gâcher l’expérience, ont contribué à rendre ces moments particulièrement féeriques… mais son aventure la plus impressionnante l’a menée beaucoup plus loin… au cœur de l’Himalaya !

5 602 mètres d’altitude au guidon d’une moto

Clémentine a eu la chance de rouler au Ladakh, en Inde, sur la route du Khardung La, qui culmine à 5 602 mètres d’altitude. À l’époque considérée comme la plus haute route carrossable du monde, cette route offre évidemment une expérience hors du commun. Après avoir atteint les hauteurs de l’Himalaya, Clémentine et ses compagnons de voyage se sont arrêtés pour boire un petit chaï, cette boisson chaude traditionnelle indienne. Altitude de la pause : 4 800 mètres ! (rien que ça …)

Ce n’est qu’après coup qu’ils ont réalisé ce que cela représentait réellement : ils venaient de poser les pieds quasiment à l’altitude du sommet du Mont-Blanc. Difficile de faire plus dépaysant pour une pause-café.

Autre ambiance, autre continent : Clémentine garde également un souvenir particulièrement fort de son passage dans le parc national des Arches, dans l’Utah, aux États-Unis. Au guidon d’une magnifique Harley-Davidson Heritage, elle a sillonné les routes du parc au coucher du soleil. Un décor de cinéma, une Harley et la route qui s’étire devant soi : difficile de demander beaucoup plus à un road-trip.

Et puis il y a la Mongolie…Les longues journées à rouler au milieu des steppes, avec les troupeaux de chevaux galopant autour des motos. Des paysages immenses, une sensation de liberté absolue et cette impression de n’être qu’une minuscule silhouette au milieu d’un territoire gigantesque. Finalement, lorsqu’on demande à Clémentine quel est son plus beau souvenir à moto, elle est incapable d’en choisir un seul ! Et on comprend pourquoi… 😉

Un équipement pensé pour rouler… mais surtout pour se protéger

Au quotidien, Clémentine roule avec un blouson en cuir Alpinestars équipé d’une dorsale, un jean moto Alpinestars avec protections aux hanches et aux genoux, des gants courts en cuir Alpinestars et des bottes en cuir Bering.

Côté casque, elle alterne entre son Airoh Commander 2 Carbon et son Shoei NXR2.

Et il y a un équipement dont elle ne pourrait désormais plus se passer : l’intercom Cardo.

Pour les longs road-trips, elle privilégie également une tenue Gore-Tex®. L’objectif ? Pouvoir affronter les changements de météo sans devoir constamment ajouter ou retirer une combinaison de pluie.

Mais si Clémentine accorde autant d’importance à son équipement, ce n’est pas uniquement par principe. Son métier lui a donné une perspective très concrète sur les conséquences d’un accident.

Chirurgien-dentiste et motarde : un regard particulier sur la sécurité

En tant que chirurgien-dentiste, Clémentine a notamment eu l’occasion d’effectuer des stages dans un service de chirurgie maxillo-faciale. Elle y a vu directement les conséquences que peuvent avoir certaines chutes à moto et son constat est donc sans appel : le casque intégral est pour elle indispensable.

« J’ai pu voir les dégâts provoqués suite à des chutes avec un jet ou un modulable… »

Une expérience qui a forcément changé son regard sur l’équipement. Et lorsqu’on lui demande ce qu’elle conseillerait à quelqu’un qui débute la moto, sa réponse est simple : « Tout ! »

Casque homologué, gants coqués, blouson avec protections, dorsale, bottes montantes, pantalon équipé de protections aux articulations… Pour Clémentine, il ne faut pas chercher à faire l’impasse sur la sécurité. Après tout, contrairement à une voiture, à moto, nous n’avons pas de carrosserie autour de nous.

Son meilleur conseil aux débutants ? Voyager !

Au-delà de l’équipement, Clémentine donne un conseil qui résume finalement assez bien sa vision de la moto : s’écouter. Ne pas rouler au-dessus de ses capacités, ne pas chercher à suivre quelqu’un à tout prix et apprendre à connaître ses propres limites. Mais surtout… Voyager.

« Il n’y a pas meilleur moyen de visiter un pays qu’à moto. »

Et après avoir parcouru les cols alpins, l’Himalaya, les routes américaines et les steppes mongoles, difficile de lui donner tort. La moto permet de prendre le temps. De sentir les changements de température, les odeurs, les paysages. De s’arrêter quand on veut. De sortir des grands axes. De rencontrer les habitants et de découvrir un pays autrement. La moto offre cette sensation assez unique de ne pas simplement visiter un endroit, mais de véritablement le traverser.

Une motarde qui n’a pas fini de prendre la route

De la petite fille installée derrière son père sur une FZ1 jaune poussin à la voyageuse qui grimpe à plus de 5 000 mètres d’altitude, le parcours de Clémentine est finalement celui d’une passion née presque par hasard. Elle cherchait d’abord un moyen de se déplacer puis elle a finalement trouvé un moyen de s’évader.

Et dix ans après avoir passé son permis, la route semble toujours l’appeler… notamment avec une Triumph Scrambler, une KTM Freeride, quelques rêves de Panigale V4 S… et surtout une immense envie de découvrir ce qui se trouve derrière le prochain virage 😉

Alors, j’espère que Clémentine vous aura donné quelques pays de plus sur votre liste d’envie !

Tags portrait

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Alyson Aigrain

Moi c'est Lily, vous me connaissez peut-être sous le nom de "Talons et Guidon". Passionnée par l'univers mécanique, j'aime écrire et présenter des chroniques sur ce sujet. Pilote et journaliste, je travaille pour divers médias comme Moto Heroes ou encore la chaine Lestream. Je suis également la créatrice de Ride Trippers et auteur du livre sur la moto au féminin Talons & Guidon.

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