Essai des pneus sport-touring Metzeler Sportec M7RR


Cela fait longtemps que j’entends parler des pneus Metzeler Sportec M7RR, largement utilisés par les rouleurs les plus “agressifs” de notre paddock, et très très appréciés de ces mêmes pilotes… Leur vocation est d’offrir un pneu sport polyvalent et utilisable par n’importe quel temps. Objectif déjà atteint par le Sportec M5 Interact, qu’ils remplacent, et qui reste cependant au catalogue de Metzeler.

Conditions de test 

Pour tester ces pneus, je voulais aller au bout des choses… Et voir comment ils se comporteraient sur toute leur durée de vie.

Pour ce faire, ces pneus ont été montés sur mon ZX636R de 2002. Et j’ai roulé avec au quotidien, sur plus de 2.000 km, ainsi que lors de deux road trips, en France et dans les Balkans, pour 8.000 km de voyage.

Pendant ces presque 11.000 km, j’ai pu rouler par des températures allant de 2°C à 40°C, au soleil, sous la pluie, le verglas, la neige, dans des tempêtes, sur l’autoroute, dans les cols de montagne, des balades plus bucoliques, etc. Un large panel qui m’a permis de bien appréhender les réactions des pneus Metzeler Sportec M7RR.

Pneu moto M7RR ZX6R

Les Metzeler Sportec M7RR m’ont porté jusqu’en Croatie

Des pneus (beaucoup) plus sport que touring 

Car oui, soyons honnêtes, ces pneus sentent bon le sport et invitent très volontiers à l’attaque. Ceux-ci s’avèrent très stables sur autoroute à haute vitesse, bien que cela ne soit pas du tout leur domaine de prédilection. A basse vitesse, la maniabilité est moins évidente que des modèles plus routiers. Toutefois, l’exercice se fait encore relativement facilement.

Mais en réalité, c’est dans les courbes et les virages que ces pneus se révèlent réellement. Et quelle révélation !!! Je dirai même révélateurs : ces pneus sont de vrais catalyseurs des capacités de votre moto.

J’avais peur, préférant les pneus plus en V, avec lesquels on peut se “jeter” sur l’angle. Leur rondeur ne semblait pas correspondre à mes goûts. Et pourtant, une fois montés, tout devient extrêmement simple. La moto fait montre d’une facilité à être emmenée qui en est presque déconcertante.

Premier test (à ne pas reproduire chez vous) : une fois positionné sur un angle raisonnable dans une longue courbe, j’ai tout simplement mis mon régulateur de vitesse mécanique, et j’ai lâché les demi-guidons. La moto ne sort pas de son rail et reste incroyablement stable. Il devient aisé de s’amuser à gérer l’angle avec son corps en serrant les genoux.

Dans les enchaînements de virages serrés, il suffit de regarder la sortie de courbe pour que ces pneus vous y emmènent immédiatement en suivant la trajectoire souhaitée. Comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, toujours avec cette stabilité jamais mise en défaut. Très vite, on se surprend même à augmenter le rythme et sa vitesse de passage en courbe, retarder ses freinages, se jeter sur l’angle et ré-accélérer de plus en plus tôt. Autant dire que malgré les commandes reculées, il est très aisé de limer les tétines de ses repose-pieds. Les pneus Metzeler Sportec M7RR mettent énormément en confiance, et sont affreusement fun. MIEUX :  ils décuplent le plaisir de conduite !

Du chewing-gomme 

Le grip, parlons-en.

Première chose, ce sont des pneus qui chauffent extrêmement vite. En 2 petits kilomètres, on commence déjà à attaquer gentiment sur le sec.

Ensuite, j’ai eu beaucoup de mal à en trouver la limite, même en condition difficile. L’avant est fait d’un composé 100 % silice afin d’accrocher en toutes circonstances, tandis que l’arrière voit sa bande de roulement en gomme plus dure (environ 20% de la surface) composée à 70 % de silice afin d’en augmenter la durée de vie.

Je n’ai réussi à mettre le pneu avant en défaut que deux fois. Dont une fois sur les routes poussiéreuses et grasses de la Bosnie (et sans chuter suite à la récupération du grip). Il peut encaisser de très gros freinages… Mais clairement, pour la piste, sur un freinage de trappeur, il encaissera moins bien qu’un Diablo Superbike Pro. Dans tous les cas, j’ai trouvé le retour d’information excellent sur ce pneu.

Pour l’arrière, le retour d’information n’est pas aussi bon que l’avant. Cependant, il est très rassurant et n’offre que peu de défauts. La seule fois où il a réellement décroché, c’était dans les cols d’Ardèche à une vitesse que les bonnes mœurs m’empêchent d’énoncer ici. Pour vous donner une idée de la qualité du grip, lorsque le pneu a décroché pour repartir immédiatement après, le repose-pied gauche était en train de limer l’asphalte parfait du col de la Chavade. Je n’avais pas remarqué la route détrempée, ni les congères et la neige sur le bord de la route… En un mot: IMPRESSIONNANT !!!

Autant dire que les pneus Metzeler Sportec M7RR n’ont pas peur du mouillé ou des revêtements dégradés. Bien que je n’ai pas cherché à repousser les limites dans ces conditions, question d’appréhensions personnelles… Les M7RR s’en sortent avec les honneurs, voire la mention spéciale du jury.

Des pneus qui fondent comme neige au soleil 

Car c’est là leur grooooos défaut ! Ces pneus à vocation plus “route sportive” (le RR signifie Road Race) ne sont pas fait pour durer. Et comme vous le savez si vous avez lu notre article sur le sujet, il y a toujours un compromis à faire dans l’équation grip/durée de vie en fonction notamment du type de gomme utilisé. Si on devait les personnifier, on peut dire que les pneus Metzeler Sportec M7RR rentreraient dans le “club des 27″. Ils brillent intensément mais peu de temps.

Pour ma part, en conduite mixte, j’ai réussi à porter le pneu arrière à 7 400 km et le pneu avant à 10 500 avant d’atteindre le témoin d’usure. Et d’après les retours utilisateurs, c’est plutôt un beau score !

Cependant, contrairement à leurs équivalents dans d’autres marques, ils vieillissent de manière uniforme. En plus, les qualités du grip et de la carcasse radiale ne s’altèrent que très peu au fur et à mesure de l’usure.
C’est un point que l’on néglige souvent, et pourtant très appréciable à l’usure. Car ces pneus, même s’ils ne durent que 7 000 bornes, distillent toujours autant de plaisir, kilomètre après kilomètre.

Agilité9
Grip sur le sec9
Grip sur le mouillé9
Temps de chauffe10
Longévité6

Mon avis : Des pneus moto incroyables

Vous l’avez compris au travers de ce test dithyrambique : je suis tombé sous le charme de ces pneus incroyables ! Seul le prix, relativement élevé, et la durée de vie trop courte de ce modèle font reculer la note. Si vous aimez rouler fort dans les petites routes de montagne, ne cherchez plus : succombez aux pneus Metzeler Sportec M7RR (et vous me remercierez plus tard ;). Rassurants, efficaces, d’une vivacité jouissive et dotés d’un grip hallucinant pour des pneus de ce type, j’ai pour ma part trouvé ma monte de prédilection !
8.6

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PEB

Community Manager pour Motoblouz, je suis toujours disponible pour nos fans et tous ceux qui font preuve d'un indicible amour pour la moto ! Je roule tous les jours avec mon vieux ZX636R, contre vents et marées.

  • lamourette ludovic

    Très bon article, avec un bon retour très détaillé, cependant une petite suggestion, un petit comparatif avec les bridgestones S21 serait fort apprécié 🙂

    je penses que les S21 sont aussi bon, voir meilleurs…

    V

    • PEB de Motoblouz

      Hello Ludovic,

      Avant tout, merci beaucoup pour votre message sympa ! 🙂
      Bien qu’ayant testé pas mal de montes différentes, je n’ai pas pu essayer les S21, je dois l’avouer !
      Je ne sais pas si cela sera possible, néanmoins, je peux vous promettre qu’on y réfléchira et si possible, je les testerai pour pouvoir comparer les deux.

      Bonne route à vous,
      V – Peb

    • Matthew Mickael Murdock

      Pour avoir essayer les deux montes sur s1000rr, le m7 est au dessus ( polyvalence sec mouillé), j ai trouvé les s21 sympa, mais a l attaque on arrive plus vite a ses limites.

  • Stéphan Nicaud

    Merci pour ce test! Pourriez vous préciser quelles étaient les pressions utilisées.

    • PEB de Motoblouz

      Hello et merci, Stéphan !

      Pour la pression, 2.3 pour l’avant et 2.6 pour l’arrière, à froid, en solo sans le chargement.
      Lorsque la moto était totalement chargée (sacoche de réservoir, valises, sac 60L), j’étais en 2.5 AV et 2.9AR à froid.

      J’espère avoir pu aider,
      Bonne route,
      V – Peb