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Portrait motarde du mois : Marie, Monitrice Moto


Dans le monde de la moto, certains parcours ne sont pas linéaires. Celui de Marie, alias Marlem, est fait d’expérimentations, de chutes, de reconstructions et surtout d’une passion devenue métier. C’est à 21 ans, presque sur un coup de tête, qu’elle passe son permis moto. Dix ans plus tard, en 2026, la moto est devenue son quotidien, son métier et son moteur. Je vous fait découvrir ce joli portrait et j’espère qu’il vous plaira autant que je peux l’apprécier ! Bonne lecture 🙂

Les débuts

Son premier souvenir lié à la moto n’a rien d’un déclic romantique. Au contraire. Elle se rappelle cette balade en passagère derrière sa meilleure amie, fraîchement titulaire du permis. « En descendant, je lui ai dit que la moto, ce n’était vraiment pas fait pour moi »… Deux ans plus tard, elle passait pourtant le graal. Depuis, la liste de ses expériences s’accumule pour son plus grand bonheur : balades hebdomadaires, road trips, déménagements à moto, piste, compétition… jusqu’à enseigner aujourd’hui la conduite moto, avec cinq machines dans son garage.

C’est justement cette meilleure amie qui l’a fait entrer pleinement dans l’univers moto. En 2014, après un grave accident, Marie découvre la force de la communauté motarde, omniprésente pendant la rééducation et la reconstruction. Cette solidarité la marque profondément. Elle commence par la formation 125, enchaîne avec le permis A2 en 2016, sillonne l’Île-de-France et se laisse happer par ce qu’elle appelle « le virus de la moto ».

De la Women’s Cup à la reconversion

Les années suivantes sont faites de déménagements, de remises en question et de défis. En parallèle d’une préparation pour la Women’s Cup, elle passe le CAS (certificat d’aptitude aux sports motorisés). Sur un terrain de motocross, en observant un entraîneur former de jeunes pilotes, une idée s’impose : pourquoi ne pas enseigner la moto ? Elle aime transmettre, partager son expérience sur les réseaux et former des équipes. C’est à ce moment précis qu’elle entame une reconversion professionnelle !

Marie parle de son parcours comme d’une suite d’expérimentations. Une 125 d’abord, puis le « gros cube ». Elle organise des balades plusieurs fois par semaine, rencontre des personnes qui font encore partie de sa vie aujourd’hui. La moto devient son seul moyen de transport pendant plus d’un an. Elle traverse la France de Paris à Marseille par la nationale, organise des sorties dans le Sud, rencontre son futur mari. Il y a aussi les chutes, sans gravité d’abord, puis l’achat d’un Bandit, le permis A, la Duke 790 KTM et les premières sensations sur circuit lors des Track & Road de KTM.

Entre chute et compétition

Avec son mari, elle décide de s’investir dans l’univers de la piste et monte une association « Marlem et Popeye » visant une saison complète en Women’s Cup. Le rêve se heurte brutalement à la réalité en 2021 : une chute, une fracture du bassin, deux mois d’alitement strict et de longs mois de rééducation. La saison est annulée, mais ce coup d’arrêt devient aussi une opportunité : celle de se concentrer sur sa formation de monitrice moto.

Elle revient pourtant. En 2022, elle se lance malgré tout en compétition, sans pression, avec pour seul objectif de renouer avec sa machine et ses sensations. La saison est intense, humaine, marquante. Endurance à Alès, circuits français et espagnols, peur, doutes, progression. Elle se souvient notamment de ce départ sous la pluie, de cette qualification inattendue, de la panique en course, puis de la fierté d’avoir signé son meilleur chrono. Une saison « à la roots », mais fondatrice.

Aujourd’hui, Marie enseigne la moto avec la même énergie qu’elle mettait autrefois à apprendre. Elle forme, sensibilise à la sécurité routière et voit ses anciens élèves revenir rouler avec elle. Elle parle de son métier avec émotion, fière de transmettre, fière d’aider chacun à dépasser ses peurs, fière aussi d’être une femme monitrice dans un univers encore majoritairement masculin.

De l’équipement… et des motos !

Dans son garage, les motos racontent son histoire : une WR200 de 1993 héritée de sa mère, deux CBR600RR, des projets de restauration, et cette CBR de 2008, repassée en configuration route, avec laquelle elle a tout vécu. Celle qui l’a blessée, réparée, menée en compétition, accompagnée sur la Route des Grandes Alpes, et même témoin d’une demande en mariage. Une moto chargée de souvenirs, mais peut-être bientôt remplacée, pour retrouver la légèreté et le fun d’une Duke.

Quand elle parle d’équipement, Marie évoque autant la sécurité que le style. Casque intégral, vestes colorées, bottines polyvalentes, gants assortis : être protégée sans jamais être invisible. Elle reconnaît chercher encore la solution idéale pour l’hiver, preuve que même après dix ans de moto, tout reste perfectible.

À la question de sa plus belle expérience, elle hésite. Les rencontres, la compétition, les élèves, les voyages… Finalement, elle revient à la Women’s Cup. Le défi le plus fou, le plus formateur, le plus intense humainement. Peu de moyens, peu d’entraînement, beaucoup de cœur.

Ce qui l’anime profondément, aujourd’hui, c’est la transmission. Donner envie, rassurer, accompagner, partager. Et pour celles et ceux qui hésitent à se lancer, elle ne promet pas la facilité, mais l’honnêteté : comprendre pourquoi on veut faire de la moto, accepter l’apprentissage, voir l’échec comme une étape et non comme une fin.

La prochaine aventure est plus intime. Marie et son mari se lancent dans un parcours de PMA, avec patience et confiance. En attendant, elle continue d’enseigner, de s’investir dans la sécurité routière, de créer du contenu pédagogique et d’imaginer les prochaines balades. Sans forcer les choses. En laissant la vie suivre son propre rythme… Alors si ce portrait vous a séduit, je vous souhaite de la croiser sur les routes… Quant à moi, je reprends la mienne jusqu’au prochain article !

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Alyson Aigrain

Moi c'est Lily, vous me connaissez peut-être sous le nom de "Talons et Guidon". Passionnée par l'univers mécanique, j'aime écrire et présenter des chroniques sur ce sujet. Pilote et journaliste, je travaille pour divers médias comme Moto Heroes ou encore la chaine Lestream. Je suis également la créatrice de Ride Trippers et auteur du livre sur la moto au féminin Talons & Guidon.

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