L’essai d’un casque développé pour la compétition sur nos routes ouvertes, c’est toujours un moment particulier. Avec plus de 25 ans d’expérience en deux-roues, principalement sur des machines italiennes (très) sportives, j’ai vu défiler des dizaines de casques haut de gamme. Mais tester un pur produit de piste au quotidien reste une expérience à part… Pendant près de 2 mois, j’ai eu l’occasion d’éprouver ce nouveau casque HJC RPHA 1 V2. Et croyez-moi, il n’a pas été ménagé ! Les Hauts-de-France nous ont offert un cocktail météorologique dont ils ont le secret : de très fortes chaleurs estivales entrecoupées de quelques belles draches (sortez les dicos ch’ti). Un vrai temps à mettre le matériel à l’épreuve.
Petite présentation du casque HJC RPHA 1 v2
Le casque HJC RPHA 1 V2 est une évolution du RPHA 1 que j’ai eu l’occasion de tester il y a quelques années. J’invite les plus curieux à jeter un œil à l’article précédent. Avec un essai de cette V2 débuté à l’approche de cet été 2026 et ses températures records, le matériel encaisse. C’est dans ces conditions extrêmes qu’on juge réellement de l’efficacité d’une ventilation ou du confort d’une coiffe intérieure. Ajoutez à cela mes propres trajets de liaison, les portions de voies rapides et les inévitables balades dominicales… Le tout, au guidon de ma Ducati Streetfighter V4S et autres roadsters sportifs. Avec ces machines totalement dépourvues de protection aérodynamique, le casque encaisse directement la pression du vent. C’est un test de torture idéal.
Au déballage, le message de HJC est limpide. On est sur de l’équipement « hyper racing », pensé pour aller chatouiller le chrono. Autant vous prévenir tout de suite : si vous cherchez un casque GT douillet pour des road trips tranquilles ou du 100 % urbain, passez au rayon d’à côté.
Ses concessions pratiques sont réelles. Mais si, comme moi, vous aimez le rythme sportif, la précision de pilotage et que vous lorgnez vers les vibreurs, accrochez-vous. Le potentiel dynamique de ce modèle est tout simplement bluffant.

Sécurité et normes : le bouclier ultime (ECE 22-06 et FIM FRHPhe-02)
En tant que formateur moto, la sécurité passive est l’un de mes chevaux de bataille. J’insiste tous les jours là-dessus avec mes élèves. Sur ce type de casque de pointe, la protection est la raison d’être absolue du produit. Le casque HJC RPHA 1 V2 coche évidemment la case ECE 22-06. C’est le standard actuel qui a nettement durci ses crash tests par rapport à l’ancienne génération, avec des contrôles d’impacts à des vitesses variables.

Mais HJC va beaucoup plus loin en proposant la fameuse homologation FIM (Fédération Internationale de Motocyclisme), désormais dans sa version FRHPhe-02 qui est d’ailleurs la raison d’être de ce RPHA 1 V2. Ce n’est pas juste un autocollant prestigieux pour parader dans les paddocks du Mans. Cette norme pousse le curseur de la protection à son maximum absolu. Dans les faits, la norme FIM garantit une résistance extrême à la perforation et une bien meilleure dissipation de l’énergie cinétique. Surtout, elle valide de façon drastique la gestion des forces de rotation. Lors d’une glissade, ce sont souvent ces mouvements de rotation brusques qui causent des lésions cérébrales graves.

Ces critères de très haut vol sont imposés aux pilotes professionnels en MotoGP ou en Superbike. Mais pour nous, sur route ouverte, au milieu de la circulation et des infrastructures parfois dangereuses, cela constitue une véritable assurance vie supplémentaire. On ne lésine jamais avec sa tête.
Et quel système de fermeture ?
Pour le maintien, la marque coréenne reste logiquement fidèle à la boucle double D. C’est obligatoire sur piste, et c’est tout simplement le système le plus sûr. Une fois qu’on a pris le coup de main, c’est aussi le moyen le plus précis pour ajuster parfaitement la tension de la jugulaire à chaque trajet.
On retrouve également le système EAS (Emergency Kit) via de fameuses tirettes rouges à la base du cou. Ces petits éléments sont indispensables pour l’extraction rapide des mousses de joues par les secours en cas de pépin, évitant ainsi de forcer sur les cervicales. C’est du sérieux de bout en bout, rassurant pour le pilote comme pour l’instructeur que je suis.

Le carbone dans tous ses états : esthétique, poids et morphologie
Esthétiquement, c’est une tuerie. Le casque HJC RPHA 1 V2 fait désormais l’impasse sur la technologie de calotte P.I.M. (Premium Integrated Matrix) propre à la marque pour passer à une calotte 100 % carbone. Cela permet de gagner encore quelques grammes sur la balance. La finition mate de mon modèle d’essai lui donne un look furtif redoutable, parfaitement en phase avec l’agressivité de mes italiennes.

Le catalogue propose aussi du carbone brillant pour ceux qui aiment quand ça luit au soleil. Et bien sûr, vous trouverez de superbes versions Replica (comme celle de Fabio Quartararo). Attention au portefeuille cependant : ces décos spécifiques demandent un supplément d’un peu plus de 200 € par rapport à la version carbone unie.
Et sur la balance ?
Sur la balance, ce V2 en taille XL affiche très exactement 1570 grammes tout équipé. Un chiffre qui peut paraître un poil élevé pour du carbone pur. Ne criez pas au loup : avec l’arrivée de la norme ECE 22-06 et le passage à FRHPhe-02, les coques se sont densifiées et les écrans se sont épaissis pour résister aux impacts de billes d’acier. Le poids a logiquement suivi cette tendance sur l’ensemble du marché de la moto.

Pour éviter le redouté effet « tête d’ampoule », qui déporte le centre de gravité et fatigue la nuque, HJC décline son casque en quatre tailles de calottes différentes. C’est un excellent point, souvent réservé au très haut de gamme. S’y ajoute la possibilité d’affiner le maintien intérieur avec différentes épaisseurs de mousses de joues vendues séparément au catalogue. Le sur-mesure est à portée de main, ce qui est crucial pour un casque qui ne doit tolérer aucun mouvement parasite à haute vitesse.
Aérodynamisme : la magie de la portance
Vous trouviez les 1570 grammes un peu lourds à l’arrêt ? C’est en dynamique que ce casque HJC dévoile son vrai visage et justifie son tarif. Le travail aérodynamique, dicté par les heures passées en soufflerie et l’expérience acquise en compétition par le fabricant coréen, est tout simplement magistral.
Passé un certain rythme sur ma Streetfighter V4S, on perçoit un vrai effet de portance. Le casque fend l’air, s’équilibre de lui-même et semble s’alléger considérablement. Il épouse le flux d’air au lieu de le subir, épargnant de manière impressionnante les vertèbres cervicales sur les longs trajets.

C’est d’ailleurs flagrant lors des contrôles d’angles morts à bonne allure sur voie rapide : la résistance au vent lors de la rotation de la tête est quasi nulle. Quand j’explique à mes élèves l’importance vitale de la mobilité de la tête et du regard en dynamique, ce profil de casque en est la parfaite illustration matérielle. Il ne vous bride jamais dans vos mouvements.
Pour les pistards purs et durs, la boîte contient un immense spoiler arrière transparent, chargé de guider l’air avec précision vers la bosse aérodynamique de la combinaison en cuir. Attention toutefois, il se fixe via un adhésif double face ultra-puissant fourni avec. Une fois posé, il est difficile de le retirer proprement sans abîmer la colle. Pour un usage majoritairement routier et interurbain, je m’en suis passé. Le casque et son spoiler d’origine se suffit déjà amplement à lui-même sur route ouverte.

Dernière surprise sur cette partie dynamique : l’insonorisation
Les intégraux hyper sportifs sont souvent d’assourdissantes caisses de résonance, privilégiant l’entrée d’air massive au confort auditif. Ici, l’assemblage soigné permet un confort acoustique très correct, dans la droite ligne de ce que proposait déjà la V1. Je conseille vivement d’installer la bavette anti-remous sous le menton pour maximiser ce silence relatif et bloquer les turbulences.

Un champ de vision royal et une dotation complète
HJC a écouté les retours de ses clients et a musclé son offre. Ce casque intégral s’équipe désormais de l’écran HJ-35 fumé foncé, offrant une qualité et une netteté de vision exceptionnelles. Sur la première génération, il fallait repasser à la caisse pour s’offrir cet écran teinté, pourtant indispensable sur piste quand le soleil pointe son nez.

Le V2 corrige ce défaut. Il est vendu de série avec un écran clair ET un fumé foncé. Le carton d’emballage est d’ailleurs particulièrement généreux. Il renferme aussi une lentille Pinlock 120 XLT, le summum actuel contre la buée. Il offre en effet un niveau de protection contre la buée inégalé, un champ visuel ultra large et une clarté optique parfaite. On y trouve même de série un kit de Tear-offs (ces films plastiques superposables), un vrai plus pour ceux qui envisagent la piste avec le RPHA 1 V2.

J’ai remarqué que la teinte de ce nouvel écran fumé est un poil moins foncée qu’auparavant… C’est une excellente idée. Sans pour autant rouler de nuit noire, on n’est plus plongé dans l’aveuglement total lorsque le ciel se charge d’un coup ou lors des fins de journée un peu grises.
Le démontage de la visière se fait en un éclair, sans aucun outil, grâce à des platines très bien pensées. Enfin, l’écran intègre un système de double verrouillage très ferme. C’est l’assurance qu’il restera scellé en toutes circonstances, même à fond de 6 dans la ligne droite d’un circuit.

Confort intérieur et aspects pratiques : L’écrin du pilote
L’intérieur reçoit le traitement Silver Cool, un tissu antibactérien très doux au toucher conçu pour une évacuation avancée de l’humidité. Sous la canicule que nous avons subie ces dernières semaines, il a fait des merveilles pour évacuer la transpiration. Même après des trajets empruntant des passages en ville en pleine canicule, la capacité des mousses à sécher rapidement entre deux sessions est un vrai luxe.
Le maintien, quant à lui, est digne d’un authentique casque de course : c’est très serré. C’est vital pour empêcher le casque de bouger sur les gros freinages ou de remonter sur le front avec la vitesse.

L’accueil est très homogène dès le déballage. Je n’ai pas ressenti d’appui excessif sur le front ou les tempes des premiers jours. Le casque se fait oublier très vite, avec un maintien parfait dès les premières sorties.
Quelques détails pratiques méritent d’être soulignés pour un usage routier. D’abord, les porteurs de lunettes profitent de cannelures spécifiques creusées dans l’EPS. S’il y a un léger mieux au fur et à mesure de l’évolution de la marque, il vaut toujours mieux privilégier des montures fines pour éviter de batailler à l’insertion. Ensuite, fait assez rare sur un pur produit hyper racing : des emplacements sont prévus pour loger les écouteurs d’un intercom. Pouvoir installer un système de communication sans avoir les oreilles écrasées contre les haut-parleurs est un argument de poids qui rend ce casque étonnamment viable au quotidien.
Ventilation : la tempête sous le crâne avec l’ACS
Avec des températures estivales écrasantes, les ventilations ont tourné à plein régime tout au long de mon essai. Sur ce terrain de jeu précis, le HJC reste un vrai premier de la classe grâce à son système à canaux ACS (Advanced Channeling Ventilation System). Le flux d’air est dense, constant, et parfaitement maîtrisé de l’avant vers l’arrière.

En haut de la calotte, les deux larges aérations se gèrent d’un simple mouvement de doigt, même avec de gros gants. En revanche, la petite ventilation centrale frontale, située juste au-dessus de l’écran, conserve le défaut de la V1. Elle manque de préhension, se montre difficile à trouver, et demande souvent de s’y reprendre à deux fois en roulant. Un détail agaçant quand on cherche un peu de fraîcheur d’urgence. Bien entendu aucun problème de manipulation à l’arrêt.

À la mentonnière, on profite de deux entrées d’air distinctes et totalement indépendantes. Celle du haut dirige le flux directement sur la face interne de l’écran. C’est redoutable pour le désembuage dynamique par temps de pluie, d’autant que le conduit de renvoi d’air vers l’écran est très large. Celle du bas, quant à elle, souffle directement sur le visage. Elle permet de respirer à pleins poumons dans l’effort, un vrai plus quand on enchaîne les virages serrés avec engagement.
À l’arrière, le spoiler dissimule de puissants extracteurs. Aidés par l’effet Venturi créé par la vitesse de la moto, ils extraient l’air chaud et vicié en continu. L’ACS joue ici pleinement son rôle, et on sent littéralement l’air circuler au sommet du crâne.

L’heure du bilan
Points forts
- Double homologation ECE 22-06 et FIM FRHPhe-02, le sommet de la sécurité
- Dotation de série royale (écran fumé, Pinlock 120 XLT, tear-offs inclus)
- Comportement aérodynamique exceptionnel à haute vitesse (effet de portance et faible résistance au vent bluffants)
- Confort intérieur excellent, maintien très homogène dès le déballage
- Calotte entièrement en 100 % carbone solide et qualitative
- Insonorisation globale étonnante pour un casque de cette catégorie
- Prédisposition intercom
- Garantie 5 ans (suite à enregistrement sur le site https://hjchelmets.eu/fr/pages/warranty)
Points faibles
- Petite aération frontale centrale toujours aussi dure à manipuler avec des gants
- Le grand spoiler arrière optionnel se fixe avec un adhésif double face difficile à retirer proprement si on le souhaite
- Passage des branches de lunettes qui reste réservé aux montures plutôt fines ou aux branches droites

Merci à Fabien de chez HJC Europe pour les informations et visuels complémentaires.
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