Death Valley, Las Vegas, Désert de Mojave : le trio infernal


à l'entrée de la Death Valley, Towne Pass

One month : One ride. Après notre visite du Parc National de Joshua Tree en Janvier, direction la Death Valley, Las Vegas et le désert de Mojave en février.

La vallée de la… Mort (oui, ça fait peur)

De prime abord, « désert », « mort » : on imagine un truc bien sec, bien chaud. Des carcasses de bêtes sur le bord de route, le goudron fumant et les mirages d’oasis au loin… En fait, c’est sous la pluie que nous quittons Los Angeles.

Pour ce nouveau road trip, nous sommes (bien) accompagnés de mes parents. Mon père s’est loué une HD pour vivre le rêve américain jusqu’au bout. Une Road King de 360 kg et 1700cc. C’est tout ? Pour nous, c’est la Super Tenere que l’on commence à bien apprivoiser.

Road Trip Death Valley, Las Vegas et Désert de Mojave

La Super Ten et la Road King nous accompagnent sur ce nouveau road trip.

C’est sous la pluie donc que nous partons en direction de Panamint Springs, une « ville » minière qui remonte à la conquête de l’West. Elle est désormais le point de chute des voyageurs qui, comme nous, n’ont pas réservé leur camping plusieurs mois à l’avance… Sur le papier, c’est environ 4 h de route. Mais c’est sans compter le trafic ignoble de LA.

Sur la route, nous laissons de côté un labyrinthe de pistes dédiées aux véhicules Off-road : Jawbone et Red Rock Canyons, Californie. Spoiler Alert : ils seront le sujet de notre ride d’avril.

Nous ne nous attardons pas vraiment, d’autant que le temps est menaçant en direction du Nord. Nous ne voulons pas finir trempés comme une soupe, surtout qu’il y a un vent à décorner les bœufs.

entrée de la death valley

La Super Ten, la Road King et nous, avons échappé à la tempête.

La « routourne » va tourner…

Ce n’est que lorsque nous nous enfonçons dans les terres vers l’Est que le ciel se dégage, le vent tombe, étoiles dans les yeux, papillons dans le ventre. Les paysages commencent à se dessiner, et nous franchissons un premier col. Au sommet, le Father Crowley Vista point. Petite vue sur un canyon tout à fait sympathique, connu des amateurs d’aviation puisqu’il s’agit d’une base d’entraînement militaire.

Puis, nous redescendons sur la Panamint Valley où nous passerons la nuit. Pour cette fois, ce sera petit chalet cosy. Mais sachez qu’il est possible de camper avec son propre matériel ou avec celui disponible sur place.

Le camping, un restaurant, une station essence : voilà la « ville ». C’est tout. Il n’y a « rien » d’autre à faire ici que nous promener aux portes de la Death Valley, et nous imprégner de l’ampleur des paysages.

Vallée de Panamint Springs

Bienvenue dans la Vallée de Panamint Springs, aux portes de la Death Valley.

Nous ne sommes toujours pas dans le Parc de la Death Valley, mais avons un aperçu de ce qui nous attend et sommes déjà conquis. La nuit, nous assistons au spectacle d’un ciel étoilé comme jamais. Je décide même de ressortir vers 3 h du matin… Mais c’était mieux à 22 h. Va savoir pourquoi (je ne suis pas astrophysicien).

Et sinon, la Death Valley ?

Ok, ok, ça va, j’y viens… Le lendemain matin, l’aventure (re)commence. Réveil matinal, « continental breakfast » qu’ils disent. On enfourche les bécanes. Direction Est sur la 190 toujours, pour franchir un autre col, le Towne Pass. On quitte la Panamint Valley pour entrer dans celle de la mort. La vue est imprenable.

à l'entrée de la Death Valley, Towne Pass

Bienvenue dans la Death Valley : au sommet de Towne Pass, vue sur la vallée.

Premier arrêt à la Ranger Station de Stovepipe Wells pour s’acquitter de notre passe-droit. Contrairement à la majorité des parcs aux Etats-Unis, il n’y a ici pas de barrière physique où l’on paye. Juste des gens honnêtes qui se délestent au guichet d’un bureau perdu dans le désert. Comme pour beaucoup de parcs nationaux, c’est 25$ pour les motos et 30$ pour les voitures. Nous avons opté pour le passe annuel à 80$ qui donne le droit d’entrer dans tous les parcs des Etats-Unis… En plus, ce pass peut mentionner deux propriétaires (donc on peut en faire profiter la famille ou les copains qui rendent visite).

Quelques kilomètres plus loin, arrêt aux dunes de Mesquite, dans la Death Valley. On peut s’y balader librement, pour peu qu’il ne fasse pas trop chaud. A ce sujet, la meilleure période pour se rendre là-bas s’étend de novembre à mars, si vous ne voulez pas finir cramoisi sur le bord de la route.

Les dunes de Mesquite dans la Death Valley

Les dunes de Mesquite dans la Death Valley.

Direction… sous la mer

Puis nous quittons la 190 pour une route qui descend au cœur de la Death Valley. Sacrée descente puisque nous nous retrouvons à plus de 85 mètres en dessous du niveau de la mer !

Pas besoin de masque ni de tuba cela dit, il s’agit de Badwater, le point le plus bas d’Amérique du Nord. Une étendue désertique… Enfin, pas tant que ça, puisqu’une source alimente ce bassin extrêmement riche en sel. D’où le nom de « mauvaise eau ». Évitez de la consommer si vous ne voulez pas finir plus déshydraté que vous ne l’êtes déjà. Le bon sens vous en empêchera de toute façon. Blague à part, prenez de l’eau, je connais un chameau qui est mort là-bas… Nous n’avons pas trouvé de point d’eau sur la route, donc ne lésinez pas sur la bouteille. Vous savez de laquelle je parle.

Badwater, au coeur de la Death Valley, sur One Month One Ride

Badwater, le point le plus bas d’Amérique du Nord (n’oubliez pas l’eau).

C’est par où la sortie ?

Il y a de nombreuses choses à faire dans la Death Valley, comme les pierres mouvantes téléguidées par nos amis extraterrestres (ceci n’est pas une blague). Ou encore Artist’s drive, qui constitue une boucle à sens unique offrant une vue sympa sur la Death Valley et différentes structures géologiques. Mais, nous mettons ça de côté pour la prochaine fois… Le soir, nous étions attendus à Las Vegas pour assister à un spectacle de jongleurs manchots… Vraiment ? Mais non, nous avions juste réservé une nuit d’hôtel sur place.

Pour quitter le parc, nous poursuivons donc notre route vers l’Ashford Junction sur la 178. Il s’agit d’une ancienne route, notée comme « lost highway » sur la carte Butler que nous utilisons. Ce sont des cartes conçues pour les motards, avec un système de cotation des routes en fonction des virolos et de la beauté du paysage. Je recommande vivement si vous faites un tour aux Etats-Unis.

Road Trip en famille à la Death Valley

En famille à la Death Valley.

On se dit clairement que nous sommes seuls au monde, et qu’au passage nous n’aimerions pas tomber en panne… Justement, la jauge d’essence indique la réserve. Si c’est fini pour nous, il faudra siphonner l’essence du gros réservoir de la Road King. Au moins, nous avons une solution…

Au loin, une ville se dessine, nous sommes sauvés.

Nous faisons le plein tant attendu… Mais carrément hors de prix dans la ville de Shoshone (oui, Shoshone). Au passage, si vous pouvez, ne faites pas le plein d’essence aux alentours du Parc mais plutôt à l’intérieur. Les prix y sont plus raisonnables.

Vegas, baby

Un petit café (infect) américain, et c’est reparti. Cap sur Las Vegas, ville de toutes les excentricités, en passant par Pahrump. Le début de la route est semblable à la vallée de la mort, mais une fois passé Pahrump, c’est plus ennuyeux qu’une réunion électorale. Alors, on tire sur la corde pour ne pas s’endormir au guidon des meules.

Après une très loooooongue ligne droite, on traverse Red Rock Canyon (Nevada, cette fois). Nous voyons la neige alors que nous étions sous le niveau de la mer quelques heures plus tôt…

Puis, nous finissons sur le Strip, ses lumières, son vacarme, et ses Américains qui se versent de la bière sur la tête (véridique). Nous rejoignons l’hôtel pour une douche régénératrice avant de fouler les moquettes des casinos. Pas de suspens : nous n’avons pas gagné. Le lendemain matin, nous faisons un crochet à Fremont street, dans le Downtown Las Vegas. C’est moins effervescent que le Strip, mais toujours aussi improbable.

Las Vegas Baby !

Las Vegas, Baby.

C’est tout pour la ville. Nous en avons vu assez ! Nous repartons à l’aventure.

Bienvenue dans le désert de Mojave

Bienvenue dans le désert de Mojave.

On. Veut. Du dessert ! Euh… du désert !

Pour finir notre boucle en beauté, nous avons opté pour le désert de Mojave. Il s’agit d’une réserve naturelle au Sud-Ouest de Vegas. Juste après avoir franchi la frontière entre le Nevada et la Californie, nous voilà donc sur cette route qui nous emmènera au cœur de la réserve. Cotée à nouveau « lost highway » sur notre carte Butler.

Au coeur du désert de mojave

On recommande les cartes Butler, destinées au motard avec cotation des routes selon les virolos et la beauté des paysages.

Ici, le paysage est dominé par des forêts de Joshua Tree. Vous vous rappelez, cet arbre qui donne son nom au Parc National où nous étions Mathilde et moi au mois de janvier ? Bref, tout ceci est très beau. Il y a même des gros tas de sable sur le bord de la route. On peut y prendre quelques photos et faire semblant qu’on a fait de la piste, de la vraie, de la bonne piste d’aventurier.

Piste de sable au coeur du désert de Mojave ?

Piste de sable au coeur du désert de Mojave ?

Après plusieurs stops photos Insta, nous voilà à Kelso. Cette ville en plein cœur du désert est en fait un ancien dépôt ferroviaire. Elle a été créée au 19ème siècle pour assister la construction et l’entretien d’une voie ferrée traversant aujourd’hui l’intégralité du désert. En guise d’héritage, il reste un bâtiment transformé en musée relatant cette histoire. On pourra y faire du cheval (cf. photo), et s’instruire sur la faune et la flore présentes dans la Réserve.

Kelso au coeur du désert de Mojave

Faire du cheval à Kelso, au cœur du désert de Mojave.

Ça grimpe dis donc

Après cet arrêt culturel, nous décidons de nous rendre aux dunes de Kelso que nous avions aperçues de loin… Et, sans vraiment savoir dans quoi nous nous aventurons, nous voilà en train de gravir la dune la plus haute des environs !

De loin, on dirait pas que c’est loin… Mais, mine de rien, avec le soleil qui tape, l’équipement moto et l’absence d’eau (l’expérience Death-Valley-sans-eau ne nous ayant pas servi de leçon), c’est pas simple. Cela dit, le jeu en vaut la chandelle… Marcher sur la crête de la dune offre une vue à coupler le souffle à 360 degrés sur la réserve. Le temps de reprendre notre souffle justement au sommet, et nous regagnons péniblement nos montures.

Les dunes de Kelso, dans le désert de Mojave

Les dunes de Kelso, dans le désert de Mojave.

Il se fait tard et la nuit tombe, nous achevons notre croisière de la réserve pour regagner l’autoroute. Celle-ci nous mènera à Barstow, où nous passerons notre dernière nuit dans un motel bien typique Américain. Celui qui sent le désodorisant pour toilettes, et où il y a des pancakes au petit-déjeuner.

La mythique Route 66

Notre aventure touche presque à sa fin, mais nous ne pouvions pas achever ce nouveau road trip sans fouler l’asphalte de la mythique Route 66. Nous n’avons pas choisi Barstow par hasard : il s’agit d’un point de chute traversé par la célèbre voie. Direction donc Victorville par l’arrière pays.

Ici, tous les commerces arborent fièrement un panneau « Road 66 ». Entre nous, cela n’est plus vraiment authentique…  J’imagine que ce n’est pas la meilleure portion de la Route 66, mais rien de spécial à voir ici. Ah, si ! Le « Bottle Ranch » : fruit d’une imagination débordante associée à une overdose de champignons hallucinogènes (sans doute).

Bottle Ranch, route 66

Bottle Ranch, au bord de la mythique Route 66

Après 1 313 kilomètres exactement, il est temps de se mettre au vert. Encore un road trip inoubliable où l’on en prend plein les mirettes. Que ça fait du bien de rouler. Si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à nous contacter et suivre nos aventures @onemonth.oneride sur Instagram. En attendant, roue-galez vous bien !

Max, One Month One Ride.

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One Month One Ride

Max est un passionné-passionnant de motos. Moi, Mathilde, je suis passionnée par les voyages (et par la bouffe). C’est en duo (ou trio avec la Super 10) que nous avons décidé de partir vivre et rider sous le soleil de Californie. Histoire de découvrir le pays, la culture… et les merveilles culinaires américaines. Alors c’est en duo qu’on vous résume ici nos folles… ou plutôt nos terreuses, ensoleillées, et merveilleuses aventures. Suivez-nous aussi sur Insta.