Mika Giron, l’Enduropale en mode survie !


Mika Giron Enduropale 2019

Pari gagné pour Mika Giron ! Il voulait terminer l’Enduropale du Touquet en faisant au moins cinq tours sans casser sa moto : C’est exactement le résultat du pilote débutant total dans le sable. Il revient pour nous sur son expérience extrême de trois heures.

Alors Mika, heureux ?

Oui !

Comment tu qualifierais l’expérience Touquet ?

Inoubliable. Et douloureuse aussi. La douleur, la souffrance qu’on ressent sur la moto au fil des tours avec le terrain qui se dégrade et la fatigue qui monte, sont juste à la hauteur de la fierté et de la joie qu’on se reçoit à l’arrivée !

La moto, qu’est-ce qu’elle dit ?

La moto n’a eu aucun problème majeur, et m’a permis de terminer la course. Je suis super content parce que je me suis chargé moi-même de sa préparation technique. Je ne suis pas un pro, donc j’ai eu peur d’oublier des détails importants. Bon, j’aurais quand même dû monter un vase d’expansion, ça c’est un truc que j’ai appris pendant cette première course ! Au cinquième tour, arrivé vers les stands, la moto fumait beaucoup. Elle perdait du liquide de refroidissement… Il faut dire que le sable était super meuble avec la neige qu’il est tombé l’avant-veille. On n’a pas pu rajouter de liquide au stand, et j’ai décidé de finir le dernier tour tranquillement, au chronomètre, vu que j’avais atteint mes objectifs ! C’est pas comme ça que j’aurais voulu finir dans l’idéal, mais c’était plus raisonnable.

Moteur KTM EXC 350

Le moteur de la KTM 350 a perdu beaucoup de liquide de refroidissement pendant les 3h de course. L’Enduropale, ça chauffe !

Est-ce que tu peux comparer l’Enduropale avec une course de vitesse, qui est ton domaine de prédilection ?

Je dirais que la vitesse demande un effort intense, mais court comparé à l’Enduropale. Attention, je ne parle pas l’endurance, hein ! En vitesse, j’arrive à gérer mon effort, contrôler ma fatigue, aménager ma course, alors qu’ici, on est vraiment en mode survie. Concrètement, j’avais l’impression que c’est la moto qui m’emmenait plutôt que le contraire ! Au fil des tours, la moto devenait de plus en plus folle, et moi de plus en plus à bout. C’est une course aussi physique que psychologique. Tu te bats pendant trois heures. Mais clairement, à la fin, c’est le mental qui fait la différence. Je pense que la course est aussi difficile pour le premier que pour le dernier. Personne ne peut dire que c’était facile ou qu’il a pu gérer physiquement, quel que soit son niveau.

Tu pars dans une machine à laver, dont le cycle dure trois heures, avec essorage au maximum…

Et la technique ?

indispensable ! J’ai payé cash mon manque d’expérience dans le sable. Au premier tour, j’avais un bon rythme, mais il me manquait la technique pour tenir ce rythme. Je me suis fait surprendre plein de fois, j’ai fait des tas d’erreurs, comme couper les gaz trop tôt. La moitié des chutes étaient de ma faute, l’autre de celles d’autre pilotes qui me percutaient, me coupaient la route, tombaient devant moi, etc. Il faut se gérer soi, gérer la moto, gérer le trafic, c’est hyper exigeant. On perd toute notion du temps, on n’a plus aucun repère… On se fait dépasser par dix pilotes, on en passe dix, ya des gars par terre, ça fume, certains perdent des pièces.

Le mot de la fin ?

Tu pars dans une machine à laver, dont le cycle dure trois heures, avec essorage au maximum… Et ça, c’est vraiment à vivre !

Bravo Mika ! Récupère bien, et peut-être à l’année prochaine dans les sables du Touquet !

Enjoy The Ride

Voilà un logo Enjoy The Ride qui en aura vu de toutes les couleurs !

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Loïc

Rédacteur et testeur pour Motoblouz, je suis l'extra-terrestre qui attend impatiemment la pluie pour mettre à l'épreuve l'étanchéité d'une veste ou d'une paire de gants... Fan inconditionnel de routes à virages, la moto est pour moi un moyen d'évasion comme un moyen de transport.