Le réveil des 2-temps au Mans


Dix ans que les motos 2-temps n’avaient pas bataillé au Bugatti ! Pour ce retour en fanfare, rien n’a manqué : une grille bien pleine, un beau ciel bleu, une bonne organisation… et de belles bagarres. Avec, en prime, une course retransmise en direct et visible en différé.

Retour en fanfare

La catégorie des 125 2-temps a définitivement disparu des compétitions françaises en 2011. Mais, depuis 2018, une poignée d’irréductibles amoureux des cylindres à trous fait vivre ces mécaniques emblématiques des Grand Prix au travers du Klass GP. Un championnat convivial qui privilégie les grands circuits et qui, cette année, a enfin eu l’occasion d’emmener les participants poser leurs roues sur le mythique circuit du Mans, théâtre du GP de France. Un rendez-vous pour le moins attendu de tous (il y avait une longue liste d’attente). Il s’est en plus déroulé sous le ciel bleu malgré la menace des orages le samedi soir.

La grille était complète pour ce rendez-vous exceptionnel. Avec une présence toujours plus importante des 125 GP (17 concurrents) face aux 250 GP (22 machines) et aux 250 SP (5 machines). Soit 44 motos sur la grille de départ, le maximum autorisé. Le succès de la formule est tel qu’il faudra peut-être prévoir deux plateaux l’année prochaine… Surtout si les Anglais, toujours coincés par le Covid, sont de retour aux côtés des Italiens et des Espagnols.

Une journée chargée !

La journée du samedi était pour le moins chargée. Quatre séances dans la journée : un essai libre, une première qualification et une course, puis une seconde qualification pour la course du lendemain.

Après avoir pris ses marques, la plupart des concurrents mettent des pneus neufs pour chasser le chrono. Un petit jeu où les Aprilia 250 RSW de Guy Bertin (1’49 »527) et Vincent Levieux (1’51 »151) sont intouchables. En troisième position, surprise, on retrouve à moins de deux secondes Jordan Levy (1’52 »873) sur une « petite » Honda 125 RS. Il devance les Yamaha 250 TZ de Cyril Guerinet (1’52 »916) et Jérôme Lefebvre (1’52 »926).

« Course après course, le niveau de tous les pilotes progresse, c’est impressionnant« , se réjouit Jérôme Krebs, l’organisateur du Klass GP, malheureusement à pied après la casse du moteur de sa Honda 250 RS en tout début de week-end. Des performances synonymes de compétences car le réglage des moteurs 2-temps (très sensibles à la carburation), l’avance à l’allumage, les volumes de compression des culasses, le réglage des valves à l’échappement, etc. n’est pas donné à tout le monde. « Des gars comme Paul Gaillard qui roulent fort en Promosport sur des motos modernes avouent être un peu décontenancé par l’approche technique à avoir vis-à-vis d’un moteur 2-temps« , témoigne Guy Bertin.

Pierre Guyonnet sur Honda 125 RS

Pierre Guyonnet fait chauffer sa Honda 125 RS (@ François Pacou / Nuances Photographiques)

Podium de première course

Au départ de la première course (retransmise en direct sur écran géant et sur Facebook, et visible en replay sur YouTube) Vincent Levieux part dans un énorme wheeling mais réussit néanmoins à faire le holeshot, alors que Guy Bertin préfère préserver ses disques d’embrayage. « C’est la première fois qu’on changeait la boîte pour installer une première courte et j’ai été surpris au lâché d’embrayage », rapporte le parisien de l’Aprilia n°79. Il ne faudra pas deux tour à l’ancien pilote de GP (67 ans et qui a fêté l’an passé ses 51 ans de licence…) pour récupérer la tête de course et s’imposer avec plus de 15 secondes d’avance. Le podium 250 se complète par Jérôme Lefevre, qui a réussi à damer le pion et tenir à distance à Cyril Guerinet dès le premier tour.

Benjamin Courraud au Mans

En 125, le malheureux Benjamin Courraud a terminé à terre (@ Dominique Duchemin)

Que disent les autres…

En 125, tout s’est joué dans la capacité à s’extraire du paquet des 250. À ce petit jeu, et à la faveur des dépassements d’attardés, Florian Doguet réussit à prendre le meilleur face à Jordan Lévy qu’il devance de moins de 4/10e au drapeau à damiers. Derrière, Antoine Goyet s’impose d’un cheveu face à Lancelot Unissart, titré dans la catégorie l’an passé, après une belle passe d’armes. « On s’est passé deux fois dans la dernier tour, c’était chaud ! Mais j’ai raté mon départ et je n’ai jamais réussi à passer sous la barre des 1’54 », mon temps de qualif », regrette le pilote de la n°193. Un peu plus loin, Benjamin Courraud et Pierre-Antoine Basseville se sont battus comme des chiffonniers pendant toute la course pour le gain de la 6e place jusqu’à la chute du premier, rentré trop fort au raccordement… Le dernier virage du dernier tour !

En 250 SP, Thierry Butzbach réussissait un beau départ mais tirait tout droit en course aux Chemins aux bœufs, laissant Claude Rochefort et Mario Lieutaud s’imposer (tous sur Aprilia 250 RS) devant lui. « C’est dommage, aucun de nous n’a réussi à descendre sous les 2 minutes », regrette le vainqueur.

en 250 SP, Thierry Butzbach

Thierry Butzbach termine deux fois 3e en 250 SP (@ Dominique Duchemin)

Une qualif un peu plus lente…

Après cette première épreuve, tous les pilotes étaient moins motivés pour les qualifications de fin de journée… D’autant que quelques gouttes de pluie se sont invitées en fin de session. Manifestement fatigués, la plupart des pilotes ont roulé plus lentement que le matin. Certains ont carrément raté leur qualif comme Denis Dussert, 9e au départ de la première manche et seulement 22e sur la grille de départ dimanche.

« J’attendais la fin de la session pour faire un temps. C’est dommage parce qu’on roule de plus en plus fort et que, plus on va vite, plus la moto est efficace. Facile en pilotage », insiste  le pilote de la n°13. Son voisin de box, Sébastien Lavoisey, à qui Denis prête une Yamaha 250 TZ (7e. à la première course) confirme : « Une fois que tu es bien parti et que tu es dans le bon paquet, tout est plus facile », affirme le sudiste.

Et plus de mouvement en deuxième course !

La deuxième course apporte plus de mouvements… Dès le premier virage de la chicane Dunlop, le bouillonnant Rémi Gstadler (Yamaha 250 TZ) essaie de rattraper un départ raté et embarque Pierre Antoine Basseville (Honda 125 RS). Tandis que le second réussit à reprendre la piste en dernière position, le premier, touché à la hanche, est évacué au poste médical. Le drapeau rouge est sorti. Les pilotes viennent alors se replacer sur la grille pour une nouvelle procédure de départ. A celle-ci, Pierre Antoine Basseville dont les supports de carénage sont cassés ne participera pas.

jean-pierre goyet en 125

Malgré sa grande taille, Jean-Pierre Goyet (5e et 3e) assure en 125 (@ Dominique Duchemin)

À l’extinction des feux d’une course ramenée à 6 tours, rebelote. L’Italien Adriano Marino chevauche Jordan Levy par excès de confiance. Mais cette fois, la course ira à son terme… Même si la chaleur rend la plupart des moteurs moins performants. En 250 GP, les deux premières places sont à nouveau trustées par le tandem, Guy Bertin et Vincent Levieux. La 3e place revient cette fois à Cyril Guerinet qui devance Jérôme Lefevre. « C’est mon circuit, je suis né à quelques kilomètres d’ici, alors je voulais vraiment ce podium ! J’ai préparé mon attaque et, dans le dernier tour, j’ai doublé Jérôme dans les Esses Bleus en prenant soin ensuite de bien fermer toutes les portes jusqu’à l’arrivée », jubile le n°158.

Jordan Lévy à terre, Florian Doguet n’a pas eu à forcer son talent pour réussir le doublé. Lancelot Unissart et Philippe Arnal l’accompagnent cette fois sur le podium. En 250 SP, la brochette Lieutaud-Rochefort-Butzbach se suit toute la course et terminera dans cet ordre.

Roland Lagoutte sur Honda 125 RS

Roland Lagoutte et sa Honda 125 RS (@ François Pacou / Nuances Photographiques)

Rendez-vous très bientôt !

Enfin, la dernière course se déroulera les 8, 9 et 10 octobre sur le circuit de Nevers – Magny-Cours. Si de sérieuses options sont prises au classement final, rien n’est joué pour autant. En 250 GP, le titre devrait se jouer entre Vincent Levieux et Guy Bertin, seulement séparés de 5 points. Sauf incident, Florian Doguet (125 points) possède une belle avance sur Lancelot Unissart (81 points) et Antoine Goyet (76 points). Ainsi, il devrait logiquement remporter la catégorie 125 GP. Tout comme Mario Lieutaud (95 points), qui a quelques longueurs d’avance sur Philippe Moisan (75 points) et Thierry Butzbach (72 points). Encore une fois, l’intégralité de la prochaine épreuve sera en direct sur le Facebook de l’Ultimate Cup. Restez connectés !

podium de deuxième course au Mans

Podium 125 de la 2e course, avec Florian Doguet, Lancelot Unissart et Antoine Goyet (@ Dominique Duchemin)

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