Bien se préparer pour les courses sur sable : L’équipement pilote


équipement pilote cross courses sur sables type enduropale

On n’a souvent d’yeux que pour la mécanique et la stratégie de course. Mais l’équipement du pilote cross joue lui un grand rôle dans la réussite d’une course sur sable. Un masque qui rend l’âme, une douleur causée par un équipement pas assez rodé peuvent parfois ruiner vos performances… Josse Sallefranque, Manager du Team Honda Motoblouz SR, vous donne ses conseils. Pour un équipement qui vous accompagne jusqu’au succès !

Après la prépa de la moto et l’organisation à prévoir le week-end, troisième volet de notre série d’articles pour bien se préparer à l’Enduropale.

Casque : Chassez le poids

Comme pour le reste de l’équipement, le moindre désagrément dû à un défaut du produit ou à un mauvais choix peut prendre des proportions insoupçonnées après trois heures de course. Un casque cross qui vous serre légèrement la tête habituellement pourrait en venir à causer de réelles douleurs sur le long terme. Avec, au final, le risque de vous distraire de ce qui passe devant vous…

« Attention en particulier au poids du casque », insiste Josse. « Un casque léger, ou au moins correctement équilibré, c’est capital. Le poids finit par nuire aux muscles cervicaux, et là c’est le début des ennuis ! »

Casques Kyt de Van Berkel et Genot

Un casque léger, ça compte sur les longues courses – Photo Team Honda Motoblouz SR

Lunettes : Le bon roll-off sinon rien

Vu le nombre de pilotes que vous serez amené à suivre (pour les dépasser ou pas !), un masque cross équipé d’un système roll-off est indispensable. Mais pas n’importe lequel ! On parle bien d’un film roll-off se déroulant sur un écran garni de picots ou de fil nylon transparent (le fameux « fil de pêche »). En l’absence de l’une de ces deux solutions, votre mécanisme va se gripper tôt ou tard (plutôt tôt, d’ailleurs) parce qu’il va forcément manger du sable. Je vous renvoie à la vidéo de Josse et Julien qui ont testé plusieurs modèles de lunettes cross roll off pour le sable dernièrement.

L’écran du masque doit être traité contre la buée. Généralement au Touquet, les lentilles fumées ne sont pas utiles, mais à vous de voir, au sens propre comme au figuré !

Van Berkel plein de sable mais avec le champ de vsision degagé

Sans roll-off, votre visibilité en prend un coup – Photo Mediacross

Gants néoprène : Plus confortable dans le froid

Choisissez des gants motocross dont le dessus de la main est fabriqué en néoprène. Plusieurs raisons à cela :

  • Le néoprène est un matériau isolant qui peut vous aider à garder la chaleur de vos mains lorsque vous roulez dans des conditions froides.
  • C’est une matière imperméable, ce qui peut vous protéger des intempéries et vous aider à garder vos mains au sec.
  • Sa souplesse est un gage de confort et de dextérité lorsque vous manipulez les commandes de votre moto.

Josse vous déconseille de porter une paire de gants cross neufs avant la course de motocross, même si c’est un modèle connu : « Faute de rodage, les gants neufs peuvent s’avérer inconfortables et causer des frottements gênants voire des ampoules à la longue, ce qui peut carrément affecter votre performance. N’hésitez pas à les laver une première fois pour les assouplir davantage. »

Enfilage d'une gant cross hiver FOX

Des gants cross isolés, c’est quand même plus confortable en hiver

Sous-vêtement technique : Bonne ambiance sous le maillot

Portez des sous-vêtements thermiques sous votre tenue. Fabriqués à l’aide de matériaux textiles très techniques, ils permettent de garder la chaleur de votre corps près de votre peau, ce qui vous permet de rester au chaud et confortable. Ajoutons que ces matériaux qui évacuent l’humidité de votre peau, ce qui peut vous aider à rester au sec, limitant la sensation d’inconfort. Enfin, les sous-vêtements thermiques peuvent également contribuer à réguler votre température corporelle, ce qui peut vous aider à maintenir un niveau d’énergie stable pendant que vous êtes en plein effort dans le froid.

Trois maillots isolants et respirant Klim, DXR et Fly

Quelques exemples de sous-vêtements thermiques

Camelback : Toujours bien hydraté

Un camelback est un sac à dos spécialement conçu pour transporter de l’eau lorsque vous faites du sport sur la durée. Cette poche d’hydratation est munie d’un tube en caoutchouc souple ou en silicone alimentaire qui vous permet de boire sans avoir à vous arrêter, ce qui s’avère, vous en conviendrez, très pratique en course motocross. En portant un camelback pendant votre Enduropale, vous êtes sûr d’avoir suffisamment d’eau à disposition, et surtout, vous pouvez la boire par petites gorgées plutôt qu’en grosse quantité d’un coup.

« Boire de petites gorgées d’eau permet de s’hydrater de manière plus progressive et régulière, ce qui peut être plus efficace pour maintenir un bon niveau d’hydratation tout au long de l’effort. » explique Josse. « Et vous évitez les désagréments liés à une surconsommation d’eau – ballonnement, envie de faire une pause pipi toutes les demi-heures, etc. Attachez le tuyau au casque pour ne pas avoir à le chercher quand vous comptez boire. »

Cyril Genot avec un tuyau de camelback pendant une course sur sable

Le camelback, indispensable pour s’hydrater correctement – Photo Mediacross

Tenue : Faîtes fit

« Évitez de porter des tenues cross trop amples », conseille Josse, « en particulier en ce qui concerne le pantalon. Si le sable a la place de s’immiscer à l’intérieur, il le fera… Craignez alors l’apparition d’une gêne, voire des irritations assez sévères. »

Enfiler un cycliste sous le pantalon peut être une bonne idée, si vous avez eu l’occasion de tester et approuver avant le jour J. Muni d’une couche de rembourrage au niveau de l’assise qui vous protège de l’inconfort causé par les vibrations et les secousses de la route, il peut vous aider à rouler plus longtemps sans ressentir de fatigue ou de douleur. Et sa coupe très près du corps empêche au maximum le sable de s’inviter à l’intérieur.

Une tenue cross correctement ajustée

Préférez la tenue ajustée à celle trop ample

Bottes : Le confort d’abord

Le confort du pied prime sur une course de trois heures. « Sur une telle durée, au risque de me répéter, la moindre gêne finit par se transformer en douleur entravant les performances », martelle Josse. « La légèreté reste donc un critère de choix essentiel  pour une paire de bottes cross. De même, un minimum de souplesse au niveau de l’articulation de la cheville est capital. Dans le même temps, la protection de cette même cheville doit être bien étudiée… » Toute l’alchimie d’une bonne paire de bottes tout-terrain est là !

Bottes Fox en test de flexion

Des bottes souples et confortables pour tenir 3 heures

Protections : Près du corps

Les pros en portent, les moins expérimentés devraient encore plus s’en équiper ! Outre l’homologation, le critère clé pour choisir ses protections pectorales et dorsales cross pour l’Enduropale selon Josse, c’est leur encombrement : « L’idéal : un gilet de protection très près du corps qui vous garantira une meilleure mobilité. Pour les genoux, le top, ce sont les orthèses, à la fois confortables et très protectrices, mais le prix est à l’avenant. »

L’indispensable sacoche banane – Photo Mediacross

Sacoche banane : L’essentiel à portée de main

Le sac banane reste un accessoire ultra-pratique pour garder l’essentiel à portée de main. « Vous pouvez y loger des lunettes de rechange, ainsi que des colliers rilsan et une petite paire de pinces coupantes » suggère Josse. « Avec ça, vous pouvez dépanner provisoirement pas mal de petits trucs sur le bord de la piste. »

Bien entendu, n’embarquez pas d’essence sur vous : le règlement (autant que le bon sens) l’interdit ! Ne la chargez pas trop pour éviter qu’elle ne devienne une entrave.

Pilote cross en roulage dans le sable

Roulez avant la course pour mettre votre matos à l’épreuve – Photo Valex MX

La base : Expérimentez !

Au-delà de ces simples constats d’expérience, chaque cas est unique. L’idéal, c’est donc de pratiquer avant le jour J dans des conditions proches, voire similaires, de façon à savoir ce qui vous convient le mieux dans tous les domaines. Par exemple, vous pouvez vous rendre compte qu’il vous faut serrer un poil moins vos bottes qu’à l’entraînement parce que vos pieds finissent par gonfler à la longue et que ça vous file des ampoules…

Bref, testez-vous sur la durée, équipé de tout votre attirail, comme si c’était le grand départ. Notez tous ces petits désagréments qui viennent perturber votre parcours, et rectifiez le tir. Cette expérience vous sera d’une valeur inestimable quand vous prendrez le grand départ !

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Photo à la une : Valex MX

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Loïc

Rédacteur et testeur pour Motoblouz, je suis fan inconditionnel de routes à virages. La moto est pour moi un moyen d'évasion comme un moyen de transport.