Aux débuts d’un road trip australien…


Le DUNDEE 2018, on vous l’a rapidement expliqué. Aujourd’hui, on revient sur le pourquoi du comment de ce long road trip australien prévu pour début octobre. C’est parti ?

La moto et moi, les débuts

Lundi 14 avril 2014. Je suis sur mon lit d’hôpital avec deux vertèbres cassées. L’opération est prévue pour cet après-midi. La Chirurgienne entre dans la chambre pour prendre de mes nouvelles, et je « grimace » à chaque fois que je bouge… « C’est bientôt fini » me dit-elle, la douleur sera « très gérable » après… ! Pensez à ce que vous allez pouvoir refaire ! Pratiquement une vie normale ! Positivez ! affirme-t-elle. C’est tellement mieux un patient avec le sourire avant une opération ! Je souris à ses propos, et souhaite réellement la fin de ce calvaire que je subis depuis fin janvier. Moi qui « fus » Cavalier (je ne pourrai plus…) et qui suis tombé très (TRES !) souvent, je ne me suis jamais rien cassé…

Ce dernier dimanche de janvier, mon escalier a eu raison de moi… J’ai raté la dernière marche et me suis retrouvé quelques mètres plus bas, sur le dos, dans l’incapacité de pouvoir bouger ! Pompiers, Samu, hôpital etc… Moments à oublier…

Le parcours des estropiés est une suite logique : kiné (3 fois par semaine), ostéopathe pour remettre le corps droit. Oui, tout mon corps avait compensé pour limiter la douleur… « Il faut vous refaire une musculature du dos pour aider votre colonne vertébrale » m’a dit la chirurgienne suite à son compte rendu opératoire. Natation sur le dos le plus souvent possible, et si vous le faites bien, vous pourrez « presque ! » retrouver une vie normale.

Un mal pour un bien ?

C’est vrai, j’ai eu beaucoup de chance : la moelle osseuse n’est pas touchée. Cela aurait pu être plus grave… En attendant, je finis la semaine dans mon fauteuil et récupère de cette opération. FLO prend la casquette d’infirmière et m’aide à me mouvoir. Elle est aux petits soins… les premiers jours ! Puisque tu es assis, profite pour travailler ton code, me dit-elle !

En effet, à bientôt 50 ans, je m’étais inscrit en début d’année au permis moto, et j’avais l’obligation de repasser le code… Cours mis en parenthèses depuis l’accident. « Ton abonnement sur la plateforme Internet se termine bientôt… Alors bosse ! »

J’avoue qu’elle n’avait pas tort !

La révélation

Entre deux sessions de code, je cherche quelques blog moto sur le permis mais aussi ceux alliant moto et voyage… Je tombe sur le blog Transam2011. Ce blog est pour moi une révélation ! Assis dans mon fauteuil, je dis un soir à mon épouse : « Si je peux reprendre une vie normale, un jour, on fera comme eux !« . « Passe ton permis d’abord » me dit-elle, avec toute sa logique naturelle !

J’ai donc passé mon code, et après un été chez le kiné à raison de 3 séances par semaine, j’ai pu grâce à lui commencer mon plateau !

La moto est petite (ER6) et mon mètre 94 rend difficile la prise d’équilibre… Je suis plié en deux ! La tension nerveuse et musculaire font qu’une heure est longue mais aussi très douloureuse… Il me faut couper régulièrement pour me détendre et reposer mon dos. Olivier, mon prof moto, presque aussi grand que moi, me donne quelques trucs et conseils pour anticiper les problèmes des grands.

Petit à petit, je progresse. J’arrive à enchaîner les épreuves… Le plateau est validé en octobre et la conduite est planifiée pour la fin d’année. Enfin, c’est en janvier 2015 que le permis est en poche (passage de la circulation sous le soleil mais sur une route enneigée !). Soit 1 an pile après mon accident…

Le choix de mon fidèle destrier

Il est temps pour moi de me projeter et de changer de destrier (mon cheval coulera une douce retraite à la maison). Comme beaucoup, je me pose la question : quelle moto choisir ?

Ayant toujours dans ma tête le voyage de Laurent DOZIAS et de son épouse, la GS Aventure trône en tête de mes souhaits. A 50 balais, on peut copier comme les gamins ! Cependant, le prix de ce grand cheval est important, et tout naturellement je me suis orienté vers des motos financièrement plus accessibles. C’est donc vers un Varadero 1000 que mes recherches se font. A l’époque, le look me plaisait ! J’essaie aussi la TIGER 800 de mon beau-frère : si je suis ravi de ce trois cylindres en solo, bien qu’un peu juste pour ma taille, en duo, avec mon gabarit, ce n’est pas possible ! Flo a toujours aimé être passagère (c’est ma chance) et nous serons presque toujours à deux sur la moto… Exit donc la TIGER.

Avec son expérience, mon beau-frère m’indique que la GS serait parfaite pour moi ! « Elle a toutes les qualités que tu recherches, mais possède 2 défauts«  me dit-il :

  1. Son prix !
  2. C’est la moto la plus vendue en France, pas très originale question look et tu la croises à chaque coin de rue !

Pour ce second point, je « m’en fous » royalement. Et pour son premier défaut, Flo me dit qu’on en aura peut-être qu’une seule. On a 50 ans, on a failli y passer tous les deux (elle a fait un AVC en juin 2014), alors vivons et faisons-nous plaisir !
Si c’est la moto qu’il nous faut, alors c’est celle-là que tu dois trouver !

Ce sera une GSA Air !

Fort de ce quitus, j’épluche les annonces du Bon Coin à la recherche de la perle rare. Je trouve ma Belle assez vite : c’est une GSA air de 2013. LE dernier modèle air (avec donc une fiabilité prouvée). Elle a 8 500 km et possède quelques équipements supplémentaires… J’envoie un message à son propriétaire : elle est disponible ! Nous convenons d’un RDV à la maison pour la livraison… En effet, notre vendeur n’a pas voulu que je la ramène ! En hiver et dans le noir, c’est trop dangereux pour un jeune permis, me dit-il ! Il me la déposera très gentiment à la maison… Sympa !

Elle est Splendide !

Premiers tours de roues

Le lendemain, c’est avec appréhension mais aussi un certain enthousiasme que je fais mes premiers tours de roues… Si effectivement son poids, à l’arrêt, m’impressionne, dès que l’on roule, c’est tout en légèreté que la bête se bouge !

Quelques semaines de prise en mains (en solo) et c’est en duo que nous allons nous faire un WE en bord de mer. Flo étant très bonne passagère, je ne la sens pas et son accompagnement est « exceptionnel ». Elle est loin d’être un sac de sable ! Il faut juste être super vigilant lors des arrêts : stops, feux rouges, etc. Toujours bien anticiper là où on va poser le pied, tant la bête est haute…

Le printemps est ensoleillé. Nous sortons donc tous les lundis faire une balade la journée et élargissons progressivement notre champ géographique. Quelques petits WE de temps en temps permettent de tester les valises et la gestion des bagages… (Ça : je prends ou pas… ?) Forts de ce début d’expérience, nous organisons pour cet été notre premier road trip : descendre voir notre Fils en Auvergne !

Et premiers road trip !

Ce premier road trip de 1 800 km en appellera d’autres, tant le bonheur est partagé par Flo et moi ! Nous avons investi dans des intercoms (Scala RIDER Q1), et c’est un plaisir de partager et d’échanger « le nez à l’air ». Les odeurs sont très présentes quand on roule à moto, c’est un réel plaisir de sentir les sous-bois, l’herbe fraîchement coupée ou encore le blé sec juste avant la moisson. Attention toutefois aux guêpes, papillons, mouches et autres insectes qui viennent tels des kamikazes s’écraser contre la visière !

L’année suivante, nous retournons en Auvergne mais plutôt que de rentrer plein nord, nous optons pour la latérale (Clermont-Ferrand / Bordeaux) et la remontée de tout l’Atlantique au plus près de la mer, puis à main gauche, la Bretagne sud et la grande boucle via la presqu’île de Crozon pour rejoindre le Mont-Saint-Michel par la côte Nord. J’ai opté pour les petites routes au plus près de la mer, et à chaque virage, les paysages sont magnifiques ! Pour les étapes du soir, une petite chambre d’hôtes nous attend. Nous y sommes toujours super bien accueillis ! Même s’ils ne sont pas spécialisés « accueil motards » comme certaines, le fait de prendre son temps et de parcourir leur région par les petites routes est fortement apprécié…

Ces road trip m’amènent à parcourir plus de 10 000 km par an. Et c’est vers de nouveaux horizons que je regarde maintenant…

Une idée en tête

Les chemins me manquent ! Depuis mon accident, je ne peux plus monter à cheval. Les pistes cavalières, les petits chemins herbeux, les montées de talus ou les obstacles, j’ai dû oublier… Sauf que !

J’ai toujours en tête la Transam2011 de Laurent DOZIAS et le récit de leurs aventures d’un an et demi. Récit de son épouse d’ailleurs, puisque c’est elle qui écrit, et fort bien. Dans ce récit, la maîtrise du off-road est mentionnée car les revêtements routiers ne sont pas toujours en macadam… Novice en la matière, je recherche donc un moyen d’appréhender les techniques de pilotage spécifiques au off-road.

La chance, le hasard ou l’alignement des planètes font que ma concession BMW (BOXER EVASION à Ronchin) m’invite à une présentation faite par ERIC MASSET DU BIEST, suivie d’un cocktail et de la présentation des tout derniers modèles 2017 de la série GS. Eric a été invité à cette soirée pour nous présenter T3, sa société qui organise ses voyages, mais aussi et en exclusivité, sa toute nouvelle structure : le TRAVEL PARK !

Le TRAVEL PARK

Le TRAVEL PARK se définit comme une école de voyage qui se propose d’initier les futurs pilotes au off-road et aux voyages au long cours en moto… Bingo ! Plus besoin de chercher.

A la fin de sa présentation, Flo aborde Eric et lui dit : « J’ai mon mari qui a plein de questions à vous poser ! Vous auriez 2 minutes ? » Je me retrouve donc en tête-à-tête avec celui qui est passé en guest à « Sept à huit », l’émission d’Harry Roselmak un dimanche soir sur TF1.

Novice, je pose mes petites questions sur le pilotage off-road que je trouve a posteriori bêtes et connes ! Mais Eric y répond avec complaisance et simplicité. Quelques formules verbales dont il a le secret, émaillent ses propos… J’en prends plein les yeux et les oreilles. Je suis conquis ! Le lendemain, mon inscription est validée sur la 1ère session de formation du TRAVEL PARK, le dernier WE d’avril 2017 !

Le road trip australien, le fameux

Lors de cette cession de formation, je lui explique mes projets de voyages moto qui se feront au moment de mon départ en retraite… Depuis notre dernier voyage en Australie (notre fille y est partie y vivre pendant 1 an), je sais que j’y retournerai en moto…

L’Australie ? me dit-il, « je prépare pour les 20 ans de T3 un road-trip en Australie en octobre novembre 2018 ! N’attends pas ta retraite, la vie est trop courte ! Fais-le avec nous ! 

De retour à la maison, j’en parle à Flo qui ne dit pas oui… mais pas non, non plus. L’été se passe, et en septembre, Eric m’envoie une Newsletter lançant officiellement cette organisation pour les 20 ans de son agence… Je suis enthousiaste lors de la lecture de la présentation de ce road trip australien : 30 jours, 8 000 km avec plus de 70 % de pistes, départ le 15 octobre 2018 et retour le 10 novembre… Pas de voyage en convoi : chacun gère son étape comme il l’entend. Une assistance technique et médicale sur place. Pour un premier gros road trip australien, aux antipodes, cet accompagnement est rassurant et cela nous laisse un an pour tout préparer…

Voilà, les dés sont jetés. Ce projet lointain initialement, est devenu réalité un soir de septembre 2017 ! Ce voyage, je vous propose de vous le partager ici à travers le blog #EnjoyTheRide. Motoblouz m’a proposé de vous emmener avec moi au travers de mes photos et de mes récits…

Contrat de lecture 😉

Soyez indulgents avec moi, je ne suis pas écrivain et encore moins photographe. Mais j’ai juste envie de vous faire partager ce DUNDEE 2018… Si, à travers ces futures lignes, vous vous évadez de votre quotidien ou que vous vous dites « après tout, pourquoi pas moi ! » la mission sera remplie. N’oubliez pas, l’important n’est pas la destination (qu’elle soit proche ou lointaine, mais la route qui y mène !

Envie de partager cette aventure avec nous ? Suivez nous ! Sur le blog de Motoblouz, sur notre site, sur Facebook Dundee 2018. A bientôt pour un prochain post !
Hubert

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Florence et Hubert

Tous deux, à la cinquantaine plus les intérêts, vivons la vie avec passion. Ce que nous recherchons dans nos voyages? L’émerveillement ! Vous savez : cette petite lumière qui s’allume dans les yeux à un moment ou un autre… et quand on peut en plus, la partager, n’est-elle pas encore plus belle ?