Essai casque route Shark Speed-R 2


J’avoue avoir un intérêt tout particulier pour le matériel moto technique : découvrir les dernières innovations dans le domaine de la sécurité du motard ou comment les équipementiers rivalisent d’ingéniosité pour nous proposer les dernières technologies concernant des détails dont nous n’aurions même pas imaginé la complexité. Et pour mon premier essai sur #EnjoyTheRide, je peux dire que l’équipe m’a gâté avec le Shark Speed-R 2 : En effet quoi de plus technique qu’un casque ?
Il y a beaucoup de choses à dire sur cet élément primordial de sécurité, qui l’air de rien est un vrai condensé de technologie, et Shark étant un fabricant basé à Marseille, on parle ici de technologie Française, s’il vous plaît !

Mise à jour du 17 octobre 2017 : Mon retour après un an d’utilisation régulière au bas de cet article !

Premières impressions de haut niveau !

D’entrée de jeu, on voit clairement qu’on a affaire à un casque de qualité : Fibres composites, finition très soignée et look racé. Les spoilers à l’arrière du Shark Speed-R et les extracteurs d’air rouges (fonctionnant par effet venturi) juste en dessous participent pour beaucoup à ce ressenti.
Les sérigraphies « SHARK » sur les côtés et le dessus sont de qualité et ne donnent pas l’impression d’être de simples stickers noyés dans un vernis.
Le plastique utilisé pour les aérations est de qualité et leurs mécanismes d’ouverture ne posent aucun problème de manipulation, même avec des gants épais.

Un écran principal à l’ergonomie perfectible, au contraire de l’écran solaire

Toujours au registre de la manipulation, celle de l’écran pare-solaire se fait également sans le moindre souci grâce à une glissière située sur haut du casque. Le mouvement est doux et précis, sans à-coup, notamment en fin de course comme c’est parfois le cas sur certains casques, du tout bon.

Je suis en revanche plus réservé concernant la manipulation de l’écran principal : la faute essentiellement à un ergot situé sur le côté gauche pas toujours facile à manipuler en position fermée. On s’y fait, mais ce n’est pas la panacée.
Bon point concernant le crantage du mécanisme de l’écran qui permet de régler assez finement l’ouverture afin de laisser passer un filet d’air plus ou moins important.

La teinte de la visière pare-soleil du Shark Speed-R 2 est un peu claire à mon goût, cependant, testée avec le soleil rasant habituel des fins d’après-midi d’automne, elle fait très bien le job. Elle descend assez bas, près du déflecteur nasal, ce qui évitera de générer trop de perturbations (et de bruit) en roulant visière ouverte.
À noter qu’un écran solaire « dark smoke », plus foncé que celui d’origine, est disponible au catalogue des accessoires, de même que des écrans principaux teintés selon différents niveaux, ou à revêtement iridium chrome, bleu, or… il y en a pour tous les goûts !
Le montage / démontage de l’écran s’effectue en un tour de main et sans outils, grâce aux deux verrous sur les cotés de l’écran, dont on pourra même ajuster le mécanisme grâce à une petite clé 6 pans fournie avec le casque.

Le Shark Speed-R 2, un champ de vision au top et une très grande polyvalence

Le champ de vision latéral est très bon, mais le Speed-R 2 propose également une bonne visibilité sur le haut. Il convient ainsi tout à fait aux machines à la position « droite », mais aussi aux motos où le corps est beaucoup plus incliné sur l’avant comme sur les roadsters les plus radicaux ou même sur les sportives. (Testé sur Ducati Diavel, Ducati StreetFighter 1098 et Yamaha YZF-R6)
Shark utilise ici un écran à densité variable, permettant de limiter la distorsion optique, et est traité anti-rayure (auto-régénérant, c’est à dire qu’il ne s’agit pas d’un simple traitement de surface) et anti-buée.

Un intérieur soigné, et une fermeture par boucle double-D issue de la compétition

Pour ce qui est de l’intérieur, la société Marseillaise propose sur ce modèle un tissu traité bambou, antibactérien, anti-sudation et hypoallergénique. L’aspect de celui-ci est très satisfaisant dans cette jolie couleur rouge, et le contact avec la peau se révèle très agréable.
Le placement des mousses a été pensé pour les porteurs de lunettes (dont je fais partie), et chose assez rare, dans ce casque même les branches des montures les plus épaisses passeront sans le moindre problème.
Les parties entre les mousses du haut du crâne sont faites d’un filet permettant à l’air de circuler librement et assurent ainsi d’une bonne ventilation.
L’ensemble de la garniture intérieure est démontable afin de faciliter le nettoyage.

Le Shark Speed-R 2 est également livré avec une astucieuse bavette, qui se fixe facilement en trois points entre la calotte externe et la garniture de la mentonnière, et est munie d’une ficelle permettant d’ajuster le tissu sous le menton de façon à bien isoler de l’air, mais aussi de bien caler un tour de cou par exemple, de façon étanche et sans pression excessive. Simple et efficace.

La fermeture du casque se fait par un système double-D, qui trahit son orientation sportive. Personnellement je ne jure que par ce système. Pour le néophyte un rapide apprentissage est obligatoire pour savoir se servir de ce système « à l’aveugle », mais une fois l’habitude prise, il s’agit de la fermeture la plus sûre. Et moi, quand on allie sécurité et simplicité, j’apprécie. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il s’agit du seul système homologué en compétition…

Prédisposition aux kits de communication et une très bonne isolation thermique et phonique

On note également que le casque est prêt pour l’installation du kit de communication maison de Shark, le « SharkTooth », notamment en laissant une place confortable au niveau des oreilles pour l’installation des écouteurs. Bien évidemment, cela facilitera l’installation d’un kit en provenance d’une autre marque, comme CardoSena ou Dexter.

Côté insonorisation, j’ai été très agréablement surpris. Pour un casque qui se place dans le segment « Sport-touring », je ne m’attendais pas à un si bon niveau. On n’atteint évidemment pas le degré d’insonorisation des modèles touring les plus haut de gamme, mais dans cette gamme de prix, c’est remarquable, surtout avec la bavette anti-remous en place.

Autre bon point : l’étanchéité du Speed-R 2. Testé dans le froid et sous une pluie battante, aucun suintement n’est à déplorer, et une fois les ventilations fermées, pas le moindre filet d’air ne se fait ressentir, même sur autoroute. Par temps froid la tête reste parfaitement au chaud, ce qui plaira aux « roule-toujours » à l’approche de l’hiver.
Concernant la buée, celle-ci ne se forme pas trop vite tant que la température extérieure reste au-dessus des 10° même par temps humide. Et elle disparaît rapidement même à faible vitesse, grâce à la ventilation basse qui propulse l’air frais sur l’intérieur de l’écran. En dessous de cette température, l’installation du Pinlock MaxVision, fourni dans le kit, sera nécessaire.

Avec un poids raisonnable (pour un casque disposant d’un écran solaire intégré) de 1528 grammes (pour 1550g annoncés, en taille L), le casque Shark Speed-R 2 ne se fait pas trop sentir et respecte ainsi son orientation polyvalente, avec juste ce qu’il faut de sport.

 

Mise à jour du 17/10/2017

Mon avis longue durée sur le Shark Speed-R 2 !

Et voilà presque 1 an jour pour jour que j’ai rédigé l’essai du Shark Speed R-2. Le moment est venu de réaliser un retour d’expérience sur ce casque qui m’aura accompagné de nombreux mois sur les routes.

Si vous me suivez un peu, vous savez que j’ai une préférence pour les casques sportifs -voir même très sportifs- à l’instar du X-Lite X802RR qui reste mon casque de prédilection (que vous avez aperçu dans les essais pour #EnjoyTheRide comme celui du blouson Dainese Avro C2 ). Cependant pendant toute la « saison froide » 2016/2017, et chaque fois que j’ai eu besoin de davantage de polyvalence, le Shark Speed R-2 était de sortie !

Ce casque a su confirmer sa capacité à se plier à toutes les situations au fil des kilomètres : qu’il s’agisse de trajets sur autoroute en plein hiver ou de rouler de nuit, le Speed R-2 m’aura rendu bien des services.

Je retiens surtout les points positifs suivants :

  • Excellent champ de vision latéral, aucunement réduit par le Pinlock Maxvision qui aura permis quant-à lui d’éviter la buée trop envahissante même par -5° (de façon presque parfaite en roulant)
  • Isolation thermique et phonique : bien entendu comme dis plus haut, je compare à des casques sportifs (qui plus est en carbone, pas l’idéal en matière d’isolation phonique ) mais le Shark présente une atténuation sonore tout à fait honorable qui permet de parcourir de long trajets sur voies rapides sans trop subir le bruit du vent. L’isolation thermique est également remarquable, aucun courant d’air n’est à signaler une fois la bavette ajustée, et les joints remplissent parfaitement leur office. Parfait en hiver et sous la pluie
  • Compromis sport/GT : Le Speed R-2 permet d’éviter les inconvénient d’un casque sportif, mais en conserve le look et le poids très contenu. A aucun moment il n’aura fait souffrir mes cervicales.

Parlons de ce qui fâche :

  • L’ergot de l’écran principal : un point que j’ai relevé durant l’essai et qui s’est trouvé être un des plus gros défaut de ce casque. Cet ergot placé sur le bas de l’écran est un peu trop petit pour être saisi facilement, d’autant plus avec des gants hiver.
  • Il fait chaud ! Si l’isolation thermique en hiver est très bonne et garde la tête bien au chaud, il faut avouer que le Speed R-2 peut devenir étouffant dès que le thermomètre remonte. Pas de soucis majeur en roulant, le système d’extraction de l’air par effet venturi fonctionne, mais gare au coup de chaud en ville.
  • Une visière solaire un peu claire : En plein soleil estival, j’ai pu confirmer mes premières impressions, à savoir la teinte un peu claire de l’écran solaire.

Le Speed R-2 est également le casque dans lequel j’ai monté l’intercom Dexter D-1 que j’ai testé pour #EnjoyTheRide . Pour cet intercom, et pour n’importe quel autre modèle, on ne rencontre aucun soucis de montage. Tout est très accessible, le démontage des mousses afin de positionner les différents éléments est intuitif. L’emplacement réservé aux écouteurs est parfaitement positionné.

Les mousses des joues ne se sont pas trop écrasées malgré le temps, un problème relevé par certains propriétaires de casques Shark et auquel j’ai particulièrement prêté attention. Comme toujours, prenez garde à bien choisir un casque qui serre légèrement en étant neuf, et à profiter du retour gratuit afin de procéder à un échange de taille si nécessaire.

Le Shark Speed-R 2 en résumé après un an d’utilisation

Au final ce casque se révèle définitivement être un modèle de polyvalence, pétri de qualités. Au bout d’un an aucun problème majeur n’est à signaler en dehors de l’ergot de manipulation de l’écran principal.

Je pense que le Shark Speed R-2 peut même être une bonne alternative « budget » à des casques bien plus onéreux partageant une philosophie commune « sport-touring » tel le HJC RPHA 70 ou le Shoei GT-Air. Des casques certes mieux finis et avec plus d’options, mais auxquels le Shark n’aura pas grand chose à envier eu égard de son prix, bien moins élevé.

Poids7.5
Ergonomie6
Confort intérieur8.5
Ventilation7
Silence7
Finition9

Mon avis : Un très bon casque polyvalent, à la finition soignée

Proposé chez Motoblouz, il s'agit clairement d'un des meilleurs casques dans sa gamme de prix. Très bien fini et bénéficiant des dernières avancées dans le domaine (traitement bambou de l'intérieur, écran à densité variable, extraction de l'air par effet venturi), le Shark Speed-R 2 propose davantage que de nombreux autres modèles. En bref une valeur sûre que je recommande chaudement !
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Cédric

Enseignant de la conduite et de la sécurité routière depuis 8 ans et motard depuis plus de 14 ans, j’ai lancé le site "Le Moniteur Hors Des Clous !" dans le but de partager le regard particulier que je portais sur l'actualité auto/moto, tout en amenant les lecteurs à penser “en dehors du cadre” concernant les événements en lien avec notre passion. Bénéficiant au quotidien d'une position d’observateur privilégié concernant la “Route”, j'essaye d’apporter un éclairage particulier sur la prévention routière, la législation et la formation, en dépassant les dogmes et en apportant les éléments nécessaires pour se forger sa propre opinion.