Expérience motarde : Bain de boue aux Éléphants 2020


Vous êtes du genre à cocooner les week-ends d’hiver ? Pas Rémi, qui bosse au service logistique de Motoblouz ! Ce fondu de voyage a encore pris le guidon de sa Super Ténéré en cette fin janvier pour se rendre en Bavière avec des copains. Pourquoi la Bavière ? Parce que c’est là-bas que se déroule l’une des plus célèbres hivernales du monde motard, celle des Éléphants. Au programme : des kilomètres, de la boue, de la flotte, de la bière, de la chaleur humaine, des motos crados et encore des kilomètres. Allez, on enfile son équipement hiver et on monte derrière lui pour partager sa route !

Garde-boue de moto orné d'un éléphant

Les Éléphants, un rassemblement moto hivernal mythique

Une hivernale mythique

Les Éléphants, vous connaissez ? Non, je ne parle pas du pachyderme qui vit en Afrique, mais du rassemblement moto qui se déroule en Allemagne tous les hivers depuis 65 ans !

A l’origine c’était une concentration de side-cars Zündapp dont les propriétaires voulaient prouver que les motos peuvent aussi rouler en hiver. Puis, peu à peu, ce rassemblement a pris de l’ampleur. Et aujourd’hui, il a une portée internationale.

Après plusieurs déménagements, il se tient désormais à Thurmansbang-Solla en Bavière, le dernier week-end de janvier et mi-février au Nürburgring.

C’est donc pour celui de Bavière, réputé pour être le plus difficile niveau climatique, que nous avons pris la route le vendredi 30 janvier.

Moto garée

Pause dej méritée à l’abri d’un auvent

Prêt pour lutter contre le froid… ou pas !

Équipés tels des esquimaux pour affronter les températures négatives, au point d’avoir du mal à monter sur les motos, c’est finalement sous 10 degrés que nous prenons la route direction Munich en vue de rejoindre des amis toulousains qui, eux, sont partis la veille.

850 km à parcourir en traversant la Belgique, le Luxembourg puis l’Allemagne. Le but étant d’arriver avant la nuit, c’est par l’autoroute que nous effectuons ce trajet… Autant dire qu’il n’y a pas grand-chose à raconter ! Le seul moment ou nous somme sortis de cette route morne, c’est pour manger, le midi. Le préau d’une entreprise désaffectée nous a servi d’abri.

Cela dit, les autoroutes allemandes ont quand même des avantages. Tu es obligé de rester concentré pour éviter de te faire emboutir par les grosses berlines qui déboulent à 200 km/h (voire plus) ! Une expérience assez déroutante : on ne se sera jamais fait autant dépasser en moto, alors qu’on roulait déjà à 140-150 km/h.

Énormes pintes de bière

À Munich, le demi, on ne connaît pas !

Première étape : Plongée dans l’ambiance munichoise

Et voilà Munich ! On rejoint notre point de chute du jour, une auberge de jeunesse dans le centre où on s’installe en attendant les toulousains qui se sont arrêtés au musée BMW. Une fois le groupe au complet, direction le vieux Munich pour trouver un endroit où manger. Pour ça, quoi de mieux qu’un établissement emblématique de Munich, le Hofbräuhaus München ? La salle de ce resto est immense, et peut accueillir jusqu’à 1 000 personnes à la fois ! Un groupe bavarois joue de la musique trad au milieu et les pintes de bières sont servies comme des verres d’eau. Vous voyez un peu l’ambiance ?

La commande des plats s’avère plus compliquée que prévu, car le menu n’est disponible qu’en allemand. Et même avec Google translate on ne sait pas trop ce qu’on commande… Ce qu’ils appellent une pomme de terre ressemble plus à une prothèse mammaire niveau texture qu’à nos bonnes vieilles patates !

Motard dans un panier de side-car

Les anciennes ont la cote dans ce rassemblement bon enfant

Plus que 180 km vers le rassemblement

Le lendemain matin, départ pour rejoindre les lieux du rassemblement, à 180 km de là. Cette fois-ci, c’est par les petites routes que nous partons, sous un grand soleil… Non mais qui nous a parlé « d’hivernale » ? En plein soleil, on atteint les 17°C… J’ai eu plus froid cet été en Irlande, en plein mois d’août ! L’avantage, c’est qu’on peut profiter pleinement des premiers virages des Alpes bavaroises. On arrive rapidement au rassemblement.

Moto maculée de boue

Par chance, la pluie sur le trajet du retour viendra rincer tout ça !

Éléphants 2020 : Plus de boue de que de neige…

Sur place la neige a fait place à de la boue bien grasse, ce qui me vaudra une belle chute en voulant remonter une pente. Pneus à tétines vivement conseillés… D’ailleurs c’est marrant de voir les moto dites « routières » (minoritaires ici) équipées de ce genre de pneus ! La plupart du parc se compose en effet de side-cars, de motos anciennes, de scooters (si si) et de maxi trails qui font des allers-retours dans la boue.

L’attraction du week-end est une côte à 12% recouverte de 20 cm de boue que les plus courageux (ou fous, ça dépend du point de vue) tentent de gravir en tombant un minimum de fois.

Yamaha 700 ténéré dans la boue

La montée à 12% qui a asticoté les amateurs de défis !

Vu d’en haut, le lieu ressemble un peut à un camp post-apocalyptique, avec ses nappes de fumée qui s’échappent de feux de camp, ses motos qui tournent autour des tentes et sa population au look atypique qui erre dans les allées.

La pluie s’invite finalement dans la soirée et se transformera même en orage de grêle durant la nuit, histoire de multiplier la quantité de boue au petit matin. Par chance, la pluie à cessé, nous laissant remballer les tentes et tout remettre sur les motos au sec.

Campement des Éléphants 2020

Comme des airs de campement post-apocalyptique…

Rinçage au retour

La première étape du retour compte 560 km pour rallier Bonn, au sud de Cologne. Toujours par autoroute. et cette fois-ci sous la pluie, avec un vent de face prononcé. En même temps, on était venu pour galérer, fallait bien que ça commence à un moment ou à un autre !

Après 180 km, premier arrêt ravitaillement. On en profite pour manger un morceau et se libérer aux toilettes… Parce que les toilettes du rassemblement des Éléphants… comment dire… non, il n’y a pas de mots pour les décrire ! Et dire que certains restent une semaine sur place…

De nouveau sur la route, toujours dans des conditions déplorables et sur une autoroute terriblement ennuyeuse, les kilomètres paraissent interminables. Peu avant la deuxième pause, histoire de me réveiller un peu, la moto est partie en aquaplaning à 140 km/h ! C’est une drôle de sensation… Mais rien de grave, au final, la moto à repris de l’adhérence et tout est rentré dans l’ordre naturellement.

De la boue partout

Pneus à crampons et équipement étanche préférable

2 000 km sur quatre jours

Arrivé à Bonn, c’est dans un Ibis Budget qu’on passera la nuit. La fenêtre de la chambre donne sur un MacDo. Bon on sait où on va manger ce soir !

Le lendemain plus que 350 km à faire pour traverser la Belgique d’ouest en est. Cette fois, le soleil est de la partie pour les premiers kilomètres. Pas de pluie à signaler, par contre toujours autant de vent. Mais malgré ça, les kilomètres sont vite avalés et à 12h, retour à la maison !

Au final, on a parcouru un peu plus de 2 000 km sur quatre jours, soit un total de 20h30 de moto avec les copains.

Attelage improbable

Transport de bois en mode traîneau

Les Éléphants, un prétexte pour fabriquer du souvenir

Vous allez me dire pourquoi s’infliger ça ? Pour sortir de sa zone de confort. Parce qu’au final les meilleurs souvenirs sont issus des plus grosses galères. Parce que partir avec le strict minimum permet d’apprécier le confort qu’on a au quotidien et de relativiser face à des problèmes qui n’en sont pas vraiment. Pour découvrir ce qui se passe ailleurs dans le monde et se rendre compte qu’à part sur les chaînes d’info, les gens sont en majorité heureux et accueillants.

Mais ça, seuls ceux qui sont déjà partis en roadtrip peuvent le comprendre. Alors prenez votre sac, votre tente et partez ! Peu importe le moyen de locomotion, la destination : ce qui compte, c’est le voyage !

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enjoytheride

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