Enfiler son équipement moto, un réflexe encore rare


51 % des utilisateurs de deux-roues avouent ne pas porter de blouson moto ! Ce chiffre impressionnant ne constitue qu’une facette de l’étude sur l’équipement menée par deux groupements d’assureurs dernièrement, qui révèle le degré d’imprudence de beaucoup d’entre nous… Il reste beaucoup de chemin à parcourir.

Analysée en détail par Moto-Net.com, relevée par Motomag, une étude publiée dernièrement par Assureurs Prévention et le Groupement des Entreprises Mutuelle d’Assureurs (GEMA), deux organismes composés d’assureurs impliqués dans la prévention des accidents, fait un état des lieux alarmant du niveau d’équipement des motards et des scootéristes français. Si l’on en croit les résultats de cette étude, les conducteurs de deux et trois-roues prennent encore leur sécurité trop à la légère.

Au préalable, l’étude en question s’intéresse au comportement des usagers de deux-roues sur la route, et pointe du doigt les comportements à risque qui constitueraient encore pour beaucoup d’entre-nous des travers quotidiens. Ainsi, sans parler des excès de vitesse qui concerneraient 66 % des motards et des scootéristes, il arriverait à 20 % d’entre eux de prendre des sens interdits, et autant rouleraient en ayant “un peu bu” ! En dépit de ce constat, 72 % déclarent se sentir en sécurité sur leur deux-roues, ce qui traduirait d’après les organismes cités un excès de confiance notoire…

L’équipement moto, le grand oublié par les conducteurs de deux-roues ?

Pour renforcer leur sécurité, les groupements d’assureurs communiquent que la majorité des usagers de deux-roues compteraient davantage sur des actions collectives que sur une remise en cause de leurs habitudes individuelles, en particulier en termes d’équipement. Car même si l’équipement du motard reste indéniablement le principal (l’unique ?) facteur de protection en cas de chute, beaucoup semblent considérer qu’il reste superflu… Ainsi, si le port du casque se révèle acquis par une grande majorité, 30 % avouent ne pas porter de gants moto, 50 % de chaussures montantes (sans parler de bottes moto…) et 51 % de blouson spécialement étudié pour la moto ! Une part qui atteint même 75 % pour le pantalon moto… On notera que les plus de 60 ans et les femmes font globalement preuve d’une plus grande propension à s’équiper.

Assureurs Prévention et le Groupement des Entreprises Mutuelle d’Assureurs signalent également que certaines circonstances tendent à accentuer la prise de risque. Pendant la période estivale, il arrive ainsi à 57 % d’entre nous de rouler en T-shirt. 47 % n’hésitent pas à enfourcher leur deux-roues les jambes découvertes, et 31 % à porter de simples chaussures ouvertes…

La législation, une piste intéressante, mais insuffisante

Notons à la décharge de ces chiffres inquiétants à plus d’un titre que l’échantillon statistique ayant servi de base de calcul inclut tant des motards chevronnés que des mineurs circulant sur des cyclomoteurs et autres deux-roues de moins 50 cm³, roulant donc à plus basse vitesse. Il aurait été pertinent que les organismes à l’origine de cette étude prennent la peine d’extraire plus en détail les résultats en ciblant davantage les usagers, par exemple par classe d’âge, ou par cylindrée. Cela afin d’avoir la possibilité de révéler plus finement les comportements.

En revanche, les groupements d’assureurs s’attardent avec justesse sur ce qui retient les amateurs de deux-roues de mieux s’équiper. L’adoption d’une Loi imposant le port d’un équipement améliorerait de façon notable les résultats, mais ne suffirait pas non plus à convaincre tout le monde. A titre d’exemple, si 30 % portent toujours des chaussures renforcées pour rouler, ils seraient 63 % à assurer le faire en cas de Loi l’imposant. Qu’est-ce qui pousserait les 37 % restants à contrevenir à cette hypothétique législation ? Pour l’essentiel, c’est avant tout un problème… de confort ! Le budget à consacrer à l’achat n’intervient finalement qu’en second plan. Même remarque pour les gants moto, le blouson moto, le pantalon moto, ou le casque intégral (plutôt que jet). Seule la protection airbag est jugée plus coûteuse qu’inconfortable. Voilà qui explique probablement pourquoi elle n’est portée que par 5 % des motards et scootéristes à ce jour. A noter également, une part conséquente de conducteurs (entre 8 et 15 %) estime l’équipement moto tout bonnement inutile…

Comment faire évoluer les mentalités ?

Même en gardant le recul nécessaire, on peut difficilement rester de marbre face à ce genre de constat. Il n’est donc jamais inutile de rappeler qu’un équipement adapté limite considérablement les dégâts d’une chute. Les fabricants font progresser leurs produits de façon continue pour que le confort soit au rendez-vous, même au plus chaud de l’année avec l’équipement moto ventilé. Mais comment faire passer ce message aux usagers de deux-roues les plus réfractaires, en particulier les scootéristes et les moins de 25 ans ? Si la solution ne peut uniquement reposer sur la législation, Assureurs Prévention et la GEMA parient pour leur part sur la formation, et mettent en avant leur partenariat avec l’Etat dans le cadre de l’éducation routière et du Conseil National de la Sécurité Routière (ou CNSR).

A lire aussi : Si vous souhaitez entrer plus dans les détails sur cette étude, nous vous invitons à jeter un œil à l’infographie très bien faite disponible sur le site de la GEMA. Voir également l’article très complet sur Moto-Net.com, ainsi que l’avis toujours éclairé de Motomag sur la question.

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Loïc

Rédacteur et testeur pour Motoblouz, je suis l'extra-terrestre qui attend impatiemment la pluie pour mettre à l'épreuve l'étanchéité d'une veste ou d'une paire de gants... Fan inconditionnel de routes à virages, la moto est pour moi un moyen d'évasion comme un moyen de transport.

  • RIDERIC

    Aujourd’hui, la loi impose le casque et les gants, le reste est optionnel !
    Chaque motard connait l’enjeu de rouler sans équipement. A ses risques et périls de rouler en T-Shirt, sans casque, sans gants, ou sans bottes … mais certainement à l’assureur de prendre en charge les soins des parties non protégées par du matériel obligatoire ! donc ceci devrait être imposé par l’assureur.

    POINT !

    Après l’état pourrait y mettre du sien en abaissant la TVA sur le matériel obligatoire homologué ….