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Comment voyager en moto trail sans se ruiner ?


Partir loin à moto ne signifie pas forcément exploser son budget. Avec une moto simple, une préparation réfléchie et quelques choix malins sur la bagagerie, l’équipement et l’organisation, il est tout à fait possible de se lancer dans un vrai road trip sans dépenser une fortune.

Dans cette vidéo, Matt Adventure échange avec Pascal après un voyage au Maroc réalisé avec une Suzuki DR-Z 400 des années 2000. Leur objectif : organiser le voyage eux-mêmes, rester autonomes et limiter au maximum les dépenses, sans négliger le confort ni la fiabilité.

Commencer par une moto fiable plutôt qu’une moto chère

Pas besoin du dernier trail haut de gamme pour partir à l’aventure. Pour Pascal, l’essentiel est avant tout de disposer d’une moto saine et correctement entretenue.

Avant le départ, vérifiez notamment :

La DR-Z utilisée pour ce road trip est une moto ancienne et relativement simple. Une bonne illustration qu’une préparation sérieuse peut compter davantage que le prix de la machine.

Travailler le confort pour les longues journées

Six, huit voire neuf heures en selle changent complètement la perception que l’on peut avoir d’un équipement. Sur sa moto, Pascal a notamment choisi :

  • un guidon plus haut ;
  • des poignées en mousse ;
  • des repose-pieds plus larges.

L’objectif n’est pas de transformer complètement la moto, mais de corriger les petits inconforts qui deviennent pénibles après plusieurs heures.

Si vous ne souhaitez pas remplacer votre selle, un coussin gonflable peut également apporter un gain de confort intéressant. Des rehausses de guidon peuvent aussi permettre d’obtenir une position plus droite sans changer toute la configuration du poste de pilotage.

Protéger sa moto sans l’alourdir inutilement

Pour un voyage comportant de l’off-road, certaines protections deviennent rapidement intéressantes.

Pascal a notamment équipé sa moto :

  • d’un sabot moteur ;
  • de protège-mains ;
  • de protections de cadre.

L’idée reste toujours la même : protéger les éléments qui pourraient réellement immobiliser la moto, sans ajouter des kilos d’accessoires simplement « au cas où ».

Bagagerie souple ou rigide ?

Pour un road trip trail avec des portions tout-terrain, Pascal recommande plutôt la bagagerie souple.

Pourquoi ? Elle permet de conserver le poids :

  • plus proche de la moto ;
  • plus bas ;
  • avec moins de risques de tordre ou d’arracher un support lors d’une chute.

Sur sa DR-Z, il utilise deux sacoches latérales et un sac polochon étanche plus volumineux à l’arrière. Les affaires personnelles vont principalement dans le sac supérieur tandis que l’eau, les outils et quelques pièces sont répartis dans les sacoches.

Pour un voyage uniquement routier, la bagagerie rigide reste en revanche très pertinente, notamment si vous voyagez avec un passager.

En off-road, l’ennemi numéro 1 reste le poids

C’est probablement l’un des conseils les plus importants de la vidéo : emportez moins.

Un trail moderne peut déjà peser autour de 200 kg. Une fois le plein réalisé et toute la bagagerie installée, on peut rapidement arriver à une moto très lourde, difficile à manipuler dès que le terrain devient technique.

Pour ses affaires personnelles, Pascal reste donc minimaliste : quelques tee-shirts, des sous-vêtements, une polaire, un pantalon léger et une paire de chaussures très compacte pour le soir. Une petite lessive à la main permet ensuite de limiter fortement la quantité de vêtements transportés.

Quelles pièces et quels outils emporter ?

Lors de son premier voyage, Pascal était parti avec beaucoup de pièces détachées… dont il ne s’est finalement jamais servi. Depuis, sa philosophie est beaucoup plus simple.

Il conseille notamment d’emporter :

C’est un point essentiel : inutile de transporter les outils permettant de démonter toute la moto si vous ne saurez pas effectuer la réparation sur le bord d’une piste.

Ne partez pas avec des pneus « qui devraient tenir »

Les pneus sont l’un des postes sur lesquels il vaut mieux éviter les économies de dernière minute. Si vous vous demandez avant le départ s’ils vont réussir à terminer le voyage, c’est généralement qu’il est temps de les remplacer.

Le choix dépend ensuite de votre parcours :

  • voyage 100 % routier : privilégiez un vrai pneu route adapté au trail ;
  • routes et chemins secs : un pneu avec une part modérée d’off-road peut suffire ;
  • sable, boue ou terrains meubles : une proportion plus importante de crampons devient nécessaire.

Plus un pneu est orienté off-road, plus il faudra généralement accepter des compromis sur route, notamment en matière de bruit et de vibrations.

Smartphone ou GPS : comment voyager à petit prix ?

La solution choisie ici est volontairement simple : un smartphone installé au guidon.

Pascal utilise un support dédié avec un module amortisseur destiné à limiter les vibrations transmises au téléphone.

Côté navigation, il est possible de préparer ses traces à l’avance puis d’utiliser une application GPS compatible avec des fichiers GPX. Pour construire l’itinéraire, on vous conseille aussi de chercher des informations sur les forums, sur les blogs de voyageurs et auprès d’autres motards.

Pour les parcours trail, les traces existantes comme le Trans Euro Trail ou, pour le Maroc, le Trans Morocco Trail peuvent également donner des idées de parcours.

Faites un week-end test avant le grand départ

Avant un voyage de plusieurs semaines, chargez votre moto exactement comme si vous partiez réellement… puis allez rouler.

Ce test permet de vérifier :

  • le comportement de la moto chargée ;
  • la fixation des bagages ;
  • ce qui vous manque réellement ;
  • ce que vous avez emporté pour rien.

Il permet également de régler les suspensions en fonction de la charge supplémentaire, particulièrement présente sur l’arrière de la moto. Un simple week-end en camping peut suffire pour valider toute la configuration avant le vrai départ.

Pas besoin du meilleur équipement du catalogue

Pour le pilote, Pascal privilégie surtout des équipements polyvalents. Une veste multicouche permet par exemple de s’adapter à de gros écarts de température sans multiplier les vêtements dans les bagages.

Une membrane étanche pouvant être portée séparément devient particulièrement pratique :

  • elle protège de la pluie ;
  • elle joue le rôle de coupe-vent ;
  • elle peut servir de veste une fois arrivé à l’étape.

Le meilleur équipement pour voyager reste celui dans lequel vous êtes à l’aise pendant plusieurs heures, sans avoir trop chaud, trop froid ou être gêné dans vos mouvements.

Ne faites pas d’économie sur la sécurité

Même avec un budget limité, certains équipements restent prioritaires.

Pascal recommande notamment :

Il évoque également l’airbag comme l’un des investissements les moins « économiques » du voyage, mais aussi comme un équipement auquel il accorde une grande importance en matière de sécurité.

Comment organiser un road trip moto à petit budget ?

La préparation du voyage commence avant même de tracer le premier kilomètre.

Si vous partez à plusieurs, mettez-vous d’accord sur :

  • le type de voyage recherché ;
  • le niveau de difficulté ;
  • le nombre de kilomètres par jour ;
  • le rythme général.

Pascal conseille également de commencer et terminer le voyage par des étapes relativement courtes. Le reste du parcours peut rester suffisamment flexible pour s’adapter aux rencontres et aux découvertes en chemin.

Économiser sur les logements et les repas

Pour limiter le budget, inutile de réserver systématiquement des hébergements individuels.

À plusieurs, une chambre commune peut fortement réduire les dépenses. Pascal conseille surtout de réserver les premières et dernières nuits, puis de conserver davantage de flexibilité entre les deux.

Même logique pour la nourriture : un bon petit déjeuner, un pique-nique le midi et un vrai repas le soir permettent à la fois de réduire les dépenses et d’éviter le gros repas qui donne surtout envie de faire une sieste plutôt que de reprendre la moto.

Voyager à l’étranger : quelques astuces simples

En dehors de la zone euro, pensez rapidement à récupérer de la monnaie locale.

Une carte SIM locale peut également être une solution économique pour disposer d’Internet pendant tout le voyage. Elle facilite la navigation, la recherche d’hébergements et les changements de programme.

Et sur place, n’hésitez pas à demander conseil aux habitants. Pour connaître l’état d’une piste, d’un col ou d’une petite route après de fortes pluies, les locaux peuvent être votre meilleure source d’information.

Quel budget pour un voyage moto au Maroc ?

Pour environ trois semaines au total, dont quinze jours sur place au Maroc, le voyage lui est revenu à environ 1 600 € par personne, carburant compris mais hors préparation de la moto.

Il estime avoir consacré environ 500 € supplémentaires à la préparation de sa DR-Z avant le départ, avec notamment les pneumatiques parmi les principales dépenses.

Ce retour d’expérience montre surtout qu’un grand road trip peut rester accessible à condition de faire les bons arbitrages et de ne pas chercher systématiquement l’équipement le plus haut de gamme.

En résumé : voyager loin sans exploser son budget

Pour organiser un road trip moto économique, retenez surtout quatre principes :

  • partez avec une moto fiable et correctement entretenue ;
  • privilégiez le confort et la protection utiles plutôt que l’accumulation d’accessoires ;
  • emportez le moins de poids possible ;
  • testez votre configuration avant le grand départ.

Le budget économisé sur le superflu pourra alors servir à l’essentiel : rouler plus longtemps et profiter davantage du voyage.

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