Retour d’expérience : J’ai testé le stage de pilotage DRRS !


Stage de pilotage moto

Un stage de pilotage, ça vous tente peut-être, et vous avez raison ! Avec dix stages à la De Radigues Rider School (DRRS) à mon actif, je peux vous parler sans trop me tromper de ce que vaut cette formation. Voilà mon retour d’expérience !

A moto, prendre de l’angle et mettre du gaz est un des piliers de notre passion, mais, sur route, ça peut s’avérer périlleux. Il y a bien de ci de là quelques départementales aux enchaînements savoureux, mais :

  • Elles ne sont pas si nombreuses
  • Et quand bien même, vous n’êtes pas à l’abri d’y laisser votre permis
  • L’erreur peut être sévère…

La solution ? Participer à des roulages sur piste. La pratique se développe et l’offre ne manque pas. Là, point de glissières, platanes, ravins et… radars. Seulement voilà, une fois sur piste, comment aller vite ? Comment progresser ? Ça n’a rien d’évident. Quant à « poser le genou »…

Pire, avec la pratique, vous constaterez que vous pouvez chuter, être au maximum de vos capacités, et vous faire proprement déposer par un 500 CB des familles. « Mais WTF ?! »

Moniteur stage de pilotage DRRS

Quand le moniteur a un background de pilote, facile de lui faire confiance !

Le stage de pilotage, la meilleure école pour apprendre à usiner les sliders !

En fait, il n’y a pas de secret ! De la même façon que vous n’avez pas appris à lire et à écrire par l’opération du Saint-Esprit, Piloter s’apprend. Il existe une école pour cela avec des moniteurs diplômés d’un brevet d’état : le stage de pilotage ! Leur enseignement est utile à tous, du poireau débutant à l’expert cherchant à rouler toujours plus vite.

Comme vous le savez peut-être, Motoblouz est partenaire de la De Radigues Rider School. Et comme j’ai suivi une dizaine de fois ce stage de pilotage, je peux vous en parler avec un certain recul !

La DRRS, c’est quoi ?

Si vous ne les connaissez pas, la DRRS est une institution, sans exagération. Ils vont fêter leurs 13 années d’existence et ont vu passer plus de 10 400 stagiaires à ce jour. S’ils sont toujours là et que vous avez été si nombreux à leur faire confiance, ce n’est pas pour rien.

L’école a été créée par Didier De Radiguès, ancien pilote de GP500 et 250. De nationalité Belge, il a gagné 4 GP dans sa carrière et a également connu plus tard quelques succès en automobile. Il consacre maintenant son temps entre sa passion pour la photographie, son job de consultant télé sur les courses de MotoGP pour la télé belge et son école de pilotage, la fameuse DRRS, où il vient régulièrement passer une journée avec les élèves sur la piste.

stagiaires pilotage

L’ambiance est relax mais studieuse. Tout le monde veut progresser !

Les moniteurs, des pilotes plus qu’expérimentés

Mais, avant de parler de « programme scolaire » parlons des profs.

C’est bien simple, vos moniteurs sont tous des compétiteurs ou d’anciens compétiteurs avec des palmarès solides. Si je ne dois en citer que deux car sinon on y passera la journée, ce serait :

  • Cédric Tangre, champion de France en titre supersport (600) et multiple champion de la discipline
  • Christophe Cogan, ancien pilote de GP 250 et de mondial supersport, entre autres.

(Mes excuses à Telcou, Eric, Robin, … J’étais obligé de faire un choix !)

Vous pouvez creuser la question et étudier le palmarès de tous les instructeurs sur le site de la DRRS.

Les autres intervenants

En ce qui me concerne, vu que je les connais bien, je peux vous assurer que vous êtes entre de bonnes mains. Ils sont rapides mais avant tout bons pédagogues. Leur objectif est clairement de vous faire progresser en sécurité.

A côté du « corps enseignant » vous avez une équipe support efficace avec :

  • Un patron (Philippe) et son chef de piste (Christophe) qui contrôlent votre équipement, bottes, gants cuir « racing », dorsale, casque, combinaison cuir une ou deux pièces (qui doivent impérativement être reliées) et veillent à votre sécurité sur le circuit.
  • Un mécano présent durant tout le stage de pilotage. Ce dernier ne fait pas que changer vos pneus, il a sauvé le stage de beaucoup de monde en réparant pannes et conséquences de petites chutes.
moniteur stage de pilotage

Le moniteur vous montre l’exercice, puis c’est à vous !

Le programme du stage

Mais assez parlé des personnes, attaquons-nous au programme du stage. Bien qu’il soit possible de participer sur une seule journée, le stage de pilotage type se déroule sur 2 jours. Vous êtes répartis en 6 groupes de niveaux et, de fait, l’enseignement est adapté aux objectifs et savoir-faire de chacun.

Il y a 7 runs de 20 minutes par jour et chacun est dédié à un objectif d’apprentissage précis, position, trajectoires, regard, vitesse d’entrée en virage, freinage-rétrogradage, trajectoires, dépassement, mobilité, etc, etc.

Chaque Run fait donc l’objet :

  • d’un briefing avec supports pédagogiques ;
  • suivi d’un roulage de 20 min où les coachs vous évaluent sur la réalisation de l’exercice ;
  • puis d’un débriefing personnalisé avec, parfois, l’aide de la vidéo.

Un exemple d’exercice pratique : « Le sans freins sans boîte »

Un des ateliers mythiques de la DRRS c’est le « sans freins sans boite ». Le but, de cet exercice n’est pas de vous envoyer au tapis ou, au contraire, de vous faire passer 20 minutes au ralenti, mais bien de vous faire gagner de la vitesse d’entrée en virage. Comment ? Easy, suivez le guide !

Votre moniteur ira se poster sur un voir deux virages jugés intéressants et notera les progrès de vos différents passages. Vous démarrez votre session et commencez par trouver le rapport de boite qui vous permet de faire le circuit sans taper dans le rupteur ni générer d’à-coup à bas régime (en règle générale, le 3ième rapport convient à tout le monde). Sur les phases d’accélération, vous jouez le jeu, gaz en grand. Par contre, comme il vous est interdit de freiner, il va falloir couper les gaz tôt, bien avant ce qui était votre repère de freinage.

Repousser les repères…

Les 2 premiers tours vous servent donc à trouver vos repères. Puis, de tour en tour, on va vous demander de repousser légèrement vos repères jusqu’à arriver en impression de survitesse mais comme il vous est interdit de toucher au frein et que c’est juste « un peu plus vite » que le tour précédent, il faudra bien vous jeter dans le virage ! Bien sûr, pendant le briefing on vous aura tout expliqué pour que ça se passe bien et… c’est toujours le cas !

Sur les 10 stages que j’ai faits, je n’ai jamais vu une seule chute sur cet exercice et tout le monde en sort entre émerveillement et… un mélange de trouille/excitation.

La leçon est évidente : La moto a le potentiel pour passer plus vite. Les conditions pour que ça marche ? Avoir des repères robustes pour dépasser ses limites doucement, travailler sa mise en action (point de déclenchement, vitesse d’inclinaison), sa position sur la moto (déhanché épaules sorties) et… d’être relâché ! (Si vous bloquez la direction en verrouillant les bras et les épaules, tôt ou tard ce sera « billet de par terre »).

Prêts pour le run !

Prêts pour le run !

L’atelier freinage, un incontournable du stage de pilotage

L’atelier freinage est un autre moment important. Après vous avoir expliqué en salle toute la dynamique de la moto sur cette phase de pilotage, vous passez à l’exercice pratique. Moniteur posté en bout de ligne droite, vous apprenez à freiner en faisant très légèrement décoller la roue arrière, en rétrogradant sur la plus grande distance possible (et non à l’arrache avant de plonger en virage), en accompagnant l’embrayage pour ne pas bloquer la roue arrière, le tout en tenant correctement votre moto avec les jambes.

Pour les débutants et intermédiaires, réussir cela correctement avec un repère de freinage qui permet de rentrer avec de la vitesse en virage c’est déjà un énorme progrès. Mais pour ceux qui maîtrisent l’exercice « en ligne », votre instructeur va corser l’exercice en vous demandant de maintenir la pression de freinage sur les premiers degrés d’inclinaison, puis de manière dégressive jusqu’à la phase neutre avant le point de corde. Pour les experts, la phase neutre deviendra de plus en plus petite jusqu’à ne presque plus exister.

Je pourrais détailler l’ensemble des ateliers, vous dire qu’au point de corde on va vous apprendre à… souder ! Mais que pour réussir à visser la poignée tôt, il faut redresser la moto le plus vite possible et donc continuer à déhancher autant que possible tout en la redressant (sinon vous n’allez pas finir de tourner).

Focaliser sur les points de progression

Mais le plus important à retenir de tout ça, c’est que le stage est fait pour que votre esprit, qui a beaucoup trop de choses à gérer, ne soit concentré que sur l’exercice en cours. Ainsi, étape par étape, tout du long du stage, vous mettez en place toutes les briques qui vont vous permettre de gagner du temps au chronomètre.

Un dernier détail sur la méthode tout de même car c’est LA spécialité de la DRRS. Sur l’ensemble des 2 jours, vous pourrez bénéficier d’un « duorun », c’est-à-dire que sur une session complète de 20 min, vous serez en communication radio par un coach sur Yamaha R1. Suivant ce que vous avez convenu ensemble il peut vous suivre, faire le lièvre ou alterner. L’intégralité du run est filmé et les commentaires audio faits par le moniteur seront sur la vidéo.

Moment de détente

Les moments de détente vous offrent l’occasion d’échanger avec les autres stagiaires

Honnêtement, je ne vois pas meilleure façon d’essayer la piste et plus qu’essayer d’ailleurs. Un stage de pilotage DRRS peut s’adresser à de nombreux profils, de la découverte plaisir jusqu’au chasseur de chrono en quête de performance.

Au final, quel que soit votre objectif, vous vivrez ensemble 2 jours de fun, je vous l’assure, j’ai testé pour vous.

Partagez cet article

gplus-profile-picture

Nicolas

Chef de produit dans l’automobile au quotidien, j’aime la mécanique, les odeurs de garage et - devinez quoi - la moto ! Sur route comme sur piste, mon leitmotiv : le plaisir au cœur ! J’apprécie tout spécialement lier mon métier et ma passion, en essayant des motos aux usages et personnalités différentes. La moto parfaite ? Je pense qu’il en existe (presque) autant que de profils de motards ;-)