#19 – Nouvelle étape sous la canicule australienne…


6 novembre 2018. Aujourd’hui, nous allons jusqu’à St George en passant par Eulo, Cunnamulla et Bollon. C’est une belle étape de 490 km ! Ça va être long et chaud… Heureusement, j’ai ma tenue moto aérée : veste et pantalon ont fait le job !

Les désastres de la canicule en Australie

Nous devions partir à 7 h 30 mais un problème de lampe sur une moto a retardé le groupe. Nous partons donc à 8 h, faisons le plein, et hop en route.

Eric nous avait prévenus de faire très attention aux kangourous qui traversent très fréquemment les routes. Avec nos motos lancées à 100 km / heure, ça peut faire pas mal de dégâts. N’oubliez pas, nous répète t-il, « ces bébêtes ne peuvent pas reculer… Pour elles, c’est tout droit ». Nous serons donc doublement vigilants.

Nous empruntons une belle route goudronnée bordée d’arbres et de bosquets. La route est encore une fois jonchée de cadavres d’animaux : kangourous, moutons, chèvres qui ont été écrasés ou morts de déshydratation. C’est une image que nous garderons malheureusement tous en mémoire, tellement cette canicule exceptionnelle a fait de victimes.

Lors d’une étape d’un soir, nous apprenons qu’une chaîne de solidarité s’est mise en place auprès des agriculteurs, afin d’apporter de l’eau et du fourrage aux bêtes des diverses exploitations. Eau et foin arrivent par truck, et même par hélicoptère pour les zones les plus reculées du Bush. Mais malgré cette aide précieuse, certains fermiers ont perdu plus de 60 % de leur cheptel en quelques semaines.

Les kilomètres défilent. Nous nous arrêtons fréquemment pour boire, il fait 40°C et il n’est que 11 heures.

Kilomètre 130, à Eulo, nous découvrons un musée sympa fait de bric et de broc, et nous buvons un coup au frais dans son bar. Ça fait du bien ! Nous reprenons ensuite la route sur un beau bitume bien roulant mais jonché, encore une fois, d’ossements. Ce n’est pas très joyeux.

L’importance d’un bon équipement moto, et d’une tenue moto aérée !

Ma veste moto est ouverte au max, et le courant d’air généré par les ouvertures crée une turbulence qui sèche ma transpiration et me rafraîchit un peu. A ces températures, on a la sensation d’avoir un sèche-cheveux « puissance maxi » branché sur chaque bras. Tant qu’on roule, c’est bon… Mais lors d’un ralentissement ou d’un arrêt, c’est intenable.

Lors du choix de cette veste chez Motoblouz, nous avions insisté auprès de Pierre et Justine pour avoir une tenue moto aérée, tout en gardant un maximum de protection. Nous ne regrettons pas notre insistance sur ces deux aspects !

Les protections ont évité que l’accident d’Hubert soit plus grave et en ce moment, la conception de cette tenue moto aérée, avec veste et pantalon moto, m’empêche de ressembler à une écrevisse sortant de sa marmite.

Nous nous arrêtons encore 50 km plus loin à Cunnamulla, pour boire (encore) du frais. Nous avons 47°C, et nous n’avons fait que 190 km. La route est monotone et les paysages peu variés. Des grillages bordent maintenant les champs, et nous constatons moins de cadavres sur les bas-côtés…

Voyager d’un bar à l’autre

Nous voyageons de saut de puce en saut de puce ! Certains diraient d’un bar à l’autre… Et ils n’auraient pas tout à fait tort. 80 km plus loin, à Bollon, nous nous arrêtons dans un petit restaurant bien sympathique pour un repas léger. Et surtout, pour une longue pause sous la clim. Certains s’assoupissent même au frais.

Je ne sais plus qui a battu le rappel en nous disant qu’il fallait y aller, mais nous voilà repartis ! Nous avons encore 100 km à parcourir, et la perspective de prendre notre douche motive tout le groupe. Nous sortons donc de ce havre de fraîcheur pour rejoindre nos motos. Et une fois la porte franchie, c’est un uppercut que nous prenons en pleine face tellement la chaleur nous met une claque. Même avec ma tenue moto aérée… Vite, il nous faut partir et rouler pour retrouver un peu de fraîcheur.

Encore quelques arrêts pour nous désaltérer, puis les panneaux de St George se présentent. Nous y sommes. Le temps de trouver l’Australian Hotel et de récupérer les clés de nos chambres, nous fonçons tous pour une douche froide !

Une bonne soirée pour décompresser

Nous nous retrouvons au bar pour la (première) bière fraîche de la soirée, et nous cherchons tous le meilleur endroit pour capter la Wi-Fi… Sacrée maladie que nous avons là.

Au cours du repas, Eric nous apprend le départ de Rémi Chapeaublanc, notre photographe, que des obligations professionnelles rappellent à Paris. Nous lui faisons une ovation pour saluer la qualité de son travail, et pour sa gentillesse.

Puis la soirée se prolonge autour d’un verre au bar en écoutant une super musique. Le propriétaire de notre hébergement, enhardi par la bonne ambiance de notre groupe, propose un petit jeu local : la sangle. Allongés à plat ventre, face-à-face, on place une sangle circulaire entre les deux nuques de nos joueurs, et le but est de tirer son adversaire à la force de ses muscles du cou. Mal placée, la sangle glisse sur le haut du crâne et râpe le cuir chevelu. Les rires hilares arrivent rapidement, et quelques joutes amicales se forment ! La bière est en jeu. Les défis se succèdent jusqu’au moment où le proprio appelle son fils… Quand on voit le beau bébé arriver, on se dit vite que c’est plié. En effet, bien que très jeune ce (très beau) poupon a le profil d’un pilier de rugby australien. Pas un seul n’a réussi à le faire bouger d’un millimètre ! Il relève la tête, et sourit à pleines dents à son adversaire qui s’échine à le tracter. La fin du jeu est sifflée par la défaite des visiteurs.

Pas rancuniers, c’est au bar que la troisième mi-temps se prolonge. Heureusement que la bière locale ne titre qu’à 3 à 4°… De mon côté, après avoir bien ri, je remonte dans ma chambre pour tenter un Skype avec la famille.

Et comme l’écrivait Hubert : la suite bientôt !

 

Credit photo : CitiesTips.com

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Florence et Hubert

Tous deux, à la cinquantaine plus les intérêts, vivons la vie avec passion. Ce que nous recherchons dans nos voyages? L’émerveillement ! Vous savez : cette petite lumière qui s’allume dans les yeux à un moment ou un autre… et quand on peut en plus, la partager, n’est-elle pas encore plus belle ?