La traversée des pays d’Amérique centrale… à moto !


On entend beaucoup de choses sur les dangers des pays d’Amérique centrale. Dans cet article, rien de tout ça ! On vous donne le meilleur et surtout, la réalité sur ces pays qui n’ont pas forcément la cote en Europe mais qui valent le « détour ». Après avoir passé plus de 4 mois à vadrouiller à moto sur ce bout de terre qui relie deux continents, on partage ici notre expérience, nos coups de cœur et on vous donne quelques conseils, si vous souhaitez vous aussi partir en voyage en Amérique Centrale… à deux-roues.

Bienvenidos en Amérique centrale

Si vous avez un peu suivi notre aventure, vous savez que l’on est parti de Californie avril 2022 direction : Le Sud. Vous avez peut-être même lu notre guide sur le Mexique à moto. On reprend donc là où on s’était arrêté, à la frontière entre le Mexique et l’Amérique centrale. Une jungle luxuriante, d’innombrable animaux sauvages, de gros orages, des routes en terre, du bétail, du riz et des haricots rouges (ou gallo pinto pour les intimes), beaucoup de bananes, des îles, les Caraïbes, le Pacifique, et un paquet de volcans entre les deux… C’est ça l’Amérique Centrale ! Si elle ne représente pas une destination privilégiée des touristes européens, elle est au menu des baroudeurs qui explorent les continents américains. Un passage obligatoire si vous souhaitez relier l’Amérique du Sud et l’Amérique du Nord.

voyage en amérique centrale

Acheter une moto en Amérique centrale ou envoyer sa bécane ?

Pour ceux qui seraient tentés par l’aventure, le premier obstacle consiste à acheminer votre véhicule de l’autre côté de l’Atlantique. Une difficulté à laquelle on n’a pas été confrontée puisqu’on a acheté notre bécane en Californie… Mais différentes options s’offrent à vous :

  • Acheter une (bonne) occasion sur place, en tenant compte des pays qui vous le permettent sans être résident et ceux qui vous laissent franchir leurs frontières une fois propriétaire. Il faut savoir par exemple qu’une moto immatriculée au Panama ne peut pas sortir du territoire…
  • L’autre possibilité consiste à envoyer sa monture outre-Atlantique, en bateau ou en avion. Il existe différents ports/aéroports d’entrée (Montevideo, Bogotá, Buenos Aires). On vous conseille de bien investiguer les coûts, en incluant les frais d’envoi et les frais de douane à l’arrivée qui peuvent parfois créer la surprise. L’avion est plus fiable, plus rapide, mais aussi plus cher…

Jamais seul !

On ne compte plus les fois où on a entendu : « ce que vous êtes en train de faire, c’est mon rêve ». En Amérique centrale, et latine de manière générale, les gens aiment les motos, et les motards… Ils sont intéressés et toujours prêts à donner un conseil ou un coup de main. Alors si vous vous sentez seul, n’hésitez pas à contacter les groupes de motards dans chacun des pays (via Facebook, Whatsapp, Instagram…). Ils vous accueilleront à bras ouverts.

Une petite mise en garde néanmoins : si vous souhaitez explorer en profondeur chaque pays, vous serez vite confronté à du off-road. Il est donc important de préparer la moto et le pilote en conséquence. De notre côté, on a traversé 6 pays : Guatemala, El Salvador, Honduras, Nicaragua, Costa Rica et Panama. Ces pays sont relativement petits. Le chemin le plus court qui relie le Guatemala au Panama ne fait que 2000 km !

Itinéraire du Nord au Sud : quel pays visiter en Amérique centrale ?

Chaleureux Guatemala

Le Guatemala est un pays peu connu du tourisme international. Et c’est bien dommage ! Les habitants sont extrêmement accueillants. Curieux, avenants, souriants et serviables, sans contreparties. Côté paysages et activités, il y en a pour tous les goûts : des villes coloniales typiques comme Antigua, de la nature comme le lac Atitlán et les bassins de Semuc Champey, des ruines mayas comme Tikal, des volcans à gravir comme l’Acatenango, qui surplombe le Fuego, en activité constante (on recommande tout particulièrement)… Il y a aussi du surf côté Pacifique à El Paredon et de la plage plus tranquille côté Caraïbes à Livingston. C’est aussi le pays qui mêle le plus de cultures natives, chacune avec son dialecte et son habit traditionnel. Le dépaysement est assuré.

Beaucoup de motards au Guatemala, sur de belles bécanes… et sur des petites motos qui roulent dans tous les sens. Le trafic, c’est un peu l’anarchie. Les routes ne sont pas non plus toujours en bon état… En moto, il faut être vigilant donc.

visite de Tikal, voyage en amérique centrale

Rapide Salvador…

Le Salvador est un pays relativement petit. Il n’est doté que d’un peu plus de 300 km de côte Pacifique. Contrairement à l’image négative que nous fournissent les médias et les sites des Ambassades, on s’est senti plutôt bien et en sécurité sur les routes. Mais il faut dire aussi qu’on n’a pas visité la capitale qui, comme toutes les grandes villes, peut être source d’insécurités. Les habitants nous ont très bien accueillis, et les vagues aussi…

On a fait deux gros stops sur la côte. On conseille vivement El Tunco qui, même si l’on ne surfe pas, est un village côtier bien sympa. Tourisme local et tourisme international se mélangent dans une atmosphère carrément festive. A l’extrême opposé en termes d’expérience, le deuxième stop s’est fait au Sud, à Punta Flores. Un village perdu dans la jungle où déroule la seconde meilleure vague droite du pays. Rien d’autre à faire à part surfer, rouler off road (majoritairement ce que vous trouverez dans le pays, de la piste) et connecter avec la nature. Au Salvador, vous pouvez vous nourrir exclusivement de pupusas. Une sorte de pain fourré de divers ingrédients. A $1 l’unité, vous serez plein pour $2-3 par repas.

l'amérique centrale à moto et en surfant

…et très rapide Honduras

Le Honduras, c’est un peu le pays sur la liste noire de beaucoup de monde. Pour être honnête, on ne voulait pas forcément s’y attarder non plus… On a traversé le pays en une demi-journée (aussi parce qu’on souhaitait rester sur la côte Pacifique, et que le pays fait seulement 200 km à l’Ouest). Beaucoup de gens voyagent au Honduras pour ses îles côté Caraïbes. C’est bien sûr plus compliqué d’y accéder lorsque l’on traverse l’Amérique centrale à moto… Le pays compte aussi les ruines archéologiques mayas de Copán, la seconde attraction touristique au Honduras.

Sur la route, on n’a senti aucune insécurité. Tout semblait calme et paisible (c’était un dimanche matin). Les paysages sont assez similaires à ceux que l’on retrouve au Salvador. Je pense qu’il est possible d’y voyager et de l’explorer davantage. Comme partout, il s’agit de faire preuve de bon sens et d’écouter son instinct. De manière générale, et c’est vrai pour n’importe quel voyage, si on ne se sent pas à l’aise dans un lieu et que les interactions sont tendues, mieux vaut tout simplement aller voir ailleurs.

Nicaragua, un bon mélange

Le Nicaragua, c’est un peu un mélange du Guatemala et du Costa Rica. Il y a des volcans, de grands lacs, une faune et une flore très riches. Inutile d’utiliser un réveil, les singes hurleurs s’occupent de tout. Les habitants ne sont pas forcément cocasses (encore moins avec les femmes), on a parfois ressenti une atmosphère machiste assez pesante sur l’ensemble du pays… La politique est limite limite dictature (ce n’est pas moi qui l’ai dit), et on s’en rend vite compte au poste-frontière. Sur une note plus positive, on retrouve de jolies villes coloniales comme León et Granada. L’île d’Ometepe, au centre du lac Cocibolca, est une aventure incontournable. Niveau surf, il y a de tout mais Popoyo reste notre spot favori.

En ce qui concerne la moto : les axes principaux sont assez bien entretenus mais les axes secondaires, notamment aux abords des côtes, ne sont pas goudronnés. Si cela ne constitue aucun problème en saison sèche, la saison des pluies mettra vos compétences de pilotage à rude épreuve… Une bonne quantité de boue et de nombreux lits de rivière à franchir. C’est ça la véritable aventure… encore plus à moto !

l'amérique centrale à moto, ici au Nicaragua

Costa Rica sauvage

Le Costa Rica, c’est une destination en vogue depuis plusieurs années. Il faut dire aussi que le pays a quelques atouts. D’abord, la nature est vraiment riche, avec de nombreux animaux sur la liste : singes, crocodiles, paresseux, iguanes et autres insectes. Les parcs nationaux sont intéressants mais vous pouvez voir la même vie un peu partout, sans forcément payer l’accès à un parc.

Par contre, bien que le pays ait une image « écolo » (du moins, c’est ce que nous avions entendu), il est triste de voir que beaucoup d’endroits sur la côte sont privés, et que le paysage change à vitesse grand V en faveur des promoteurs immobiliers.

Les habitants sont habitués au tourisme, et accueillants de manière générale. Sur la côte Pacifique, on conseille Santa Teresa, Uvita et la péninsule de Osa. La capitale de San José peut être envisagée pour une paire de jours, et faire le lien avec la côte Caraïbes dont nous avons entendu du bien. En saison haute (saison sèche de décembre à avril), les prix des locations triplent voire quadruplent dans certaines zones. Cette saison rime avec tourisme de masse. On conseille de l’éviter, pour des vacances plus économiques et reposantes, quitte à se mouiller un peu plus. En moto, le pays est très agréable !

faune et flore du costa rica

Surprenant Panama

Le Panama était une agréable surprise pour nous. Les paysages ne sont pas forcément grandioses mais on a adoré la région de Bocas del Toro. La capitale contraste aussi beaucoup avec le reste du pays. Elle est surnommée la « Miami d’Amérique centrale »… C’est aussi où se trouve le canal du Panama, une véritable prouesse d’ingénierie, que les Français ont initié à la fin du 19ème siècle. Les habitants sont généralement très sympathiques et accueillants.

A moto, attention, c’est le pays avec le plus de contrôles policiers ! Documents, vitesse… Il y en a partout. Il faut franchement faire attention pour ne pas avoir d’ennuis. Cela dit, en cas d’infraction, l’agent est censé vous délivrer une amende payable en station… mais qui ne vous poursuivra pas si vous quittez le pays (on dit ça, on dit rien).

Infos pratiques : comment traverser les frontières d’Amérique centrale?

Ce dont vous avez besoin pour franchir les frontières

À quelques détails près, la procédure est similaire pour chaque traversée / franchissement de frontière. Dans cet ordre, il faudra donc et pour tous les pays :

  1. visiter le poste de migration pour obtenir le tampon de sortie du pays
  2. visiter le poste de douane pour clôturer le permis d’importation temporaire du véhicule ou TIP dans le pays que vous quittez
  3. entrer dans le pays suivant en passant par le poste de migration, et obtenir votre tampon d’entrée,
  4. faire la demande de TIP, permis d’importation temporaire du véhicule, dans ce nouveau et même pays

Ces postes sont toujours proches l’un de l’autre, et tout se fait généralement à pied.

traverser l'amérique centrale à moto

Sachez que la procédure n’est pas rigide, et qu’il peut y avoir de petites variations en fonction de la personne sur qui vous tombez ou du poste de frontière que vous empruntez. Pour être prêt à traverser n’importe quelle frontière, on vous conseille d’avoir les documents indiqués ci-dessous à portée de main. C’est plus qu’il n’en faut mais cela vous permettra d’éviter les allers-retours entre le poste de frontière et les imprimeries alentours. Puis vous pourrez aussi vous en servir en cas de contrôle de police…

  • Passeport + 3 photocopies
  • Titre du véhicule + 3 photocopies
  • Permis de conduire + 3 photocopies
  • 2 copies d’une photo du numéro de véhicule (sur la châssis ou le moteur)

A retenir…

  1. Conserver l’ensemble des documents, tickets et autres reçus qui vous sont délivrés… Prendre des photos des documents sur son téléphone et les stocker sur un cloud peut aussi s’avérer utile.
  2. Savoir où se trouve le numéro du véhicule (en général, une étiquette ou une gravure sur le cadre et/ou sur le moteur).
  3. Nettoyer votre plaque d’immatriculation ainsi que le numéro du véhicule aux abords de la frontière… Si vous avez la fâcheuse tendance à vous couvrir de boue !
  4. Vérifier l’ensemble des informations sur les documents délivrés, une erreur peut vite compliquer les procédures plus tard.
  5. En fonction des frontières, il peut y avoir plusieurs kilomètres de bouchon. Vous êtes en moto, faites-vous plaisir !

Quel est le prix de chaque traversée ?

Si vous êtes pressé, ou un peu perdu avec la langue, n’hésitez pas à contracter de l’aide. Pour $5-10, il y aura toujours un local qui connaît la procédure sur le bout des doigts et qui pourra vous assister. Accordez-vous sur le prix avant de vous faire aider cela dit.

De manière générale, voici les prix pour chaque frontière (en 2022), à l’entrée et à la sortie des pays ainsi que le temps passé pour faire les traversées (mais globalement, le temps indiqué est peu fiable car il dépend toujours de la fréquentation, et de la motivation des employés sur qui vous tombez) :

  • Pour la sortie du Mexique (gratuite) / Entrée au Guatemala (~$22 de fumigation du véhicule + TIP) ~2h30
  • Sortie du Guatemala (gratuite) / Entrée El Salvador (gratuit) ~3h
  • Sortie El Salvador (gratuite) / Entrée au Honduras (~$36 pour la taxe migration + TIP) ~1h30
  • Sortir du Honduras (gratuit) / Entrer au Nicaragua (~ $19 pour la fumigation du véhicule + la taxe de migration) ~4h30
  • Pour sortir du Nicaragua $4 (taxe de migration et taxe municipale) / Entrer au Costa Rica (gratuit) ~3h
  • Pour sortir du Costa Rica $9 (taxe de migration) / Entrer au Panama $4 (fumigation du véhicule) ~1h30
  • Enfin pour sortir du Panama… gratuit !

Comme vous pouvez le constater, c’est pas très cher. Il y a quelques faux frais : taxe touristique, municipale, fumigation… Une étape obligatoire au Guatemala, Nicaragua et au Panama. Etant donné l’assiduité avec laquelle cette tâche est réalisée, il s’agit plutôt d’une source de revenu que d’une barrière anticontamination.

L’assurance… obligatoire dans beaucoup de pays d’Amérique centrale

L’assurance, pour la moto, est obligatoire dans la majorité des pays d’Amérique centrale. On vous conseille de la contracter partout, histoire de ne pas vous retrouver en prison en cas de pépin (grave, j’entends). Les prix sont clairement abordables, et cela vous permettra de voyager l’esprit plus tranquille. On n’a aucune affiliation avec cet individu mais Mr. Alvarado propose une assurance qui couvre l’ensemble des pays du C4 (Guatemala, El Salvador, Honduras et Nicaragua). Bien pratique… N’hésitez pas à laisser un commentaire en bas de l’article si vous souhaitez son contact. Pour $75, vous obtiendrez une couverture dans ces 4 pays pour 3 mois. C’est ça en moins à gérer au passage des frontières. A noter que les assurances ne couvrent pas forcément vos aventures off-road

traverser l'amérique centrale à moto

Vous pouvez aussi choisir de contracter l’assurance individuellement dans chaque pays. En général, il y a des revendeurs aux abords des frontières mais il faudra demander autour de vous. Les prix n’excèdent généralement pas les $30/mois. Pour le Costa Rica et le Panama, le paiement de l’assurance est obligatoire et se réalise à la frontière. Au Costa Rica, il y a un bureau unique officiel situé directement aux douanes. Pour le Panama, il faudra passer par une des compagnies privées dont les bureaux sont dispersés aux abords des postes d’immigration. Globalement, les prix sont similaires… Inutile de s’embêter à chercher le moins cher. $34 pour 3 mois minimum au Costa Rica et $35 par mois au Panama (la couverture la plus onéreuse des pays d’Amérique centrale donc).

Quel budget prévoir pour un voyage en Amérique centrale à moto ?

Il est temps de parler budget, prix, tarif, flouze. Dans notre budget, on comprend : le logement (camping, airbnb, hôtel, auberge…), les repas à l’extérieur et les courses pour cuisiner soi-même (2 à 3 par jours), les extras (activités touristiques, transports, entretien de la moto).

Pour info : on travaille sur la route et, après plusieurs mois, on s’est rendu compte que l’on préférait voyager « dans le confort », surtout en saison des pluies. Alors qu’on a pas mal campé au Mexique et qu’on s’arrêtait dans n’importe quel motel du coin, en Amérique centrale, nous avons recherché plus de confort… On mange régulièrement au restaurant mais on cuisine aussi beaucoup. Pour un voyage plus rustique, ou si vous êtes du genre à dormir chez l’habitant, vous pouvez probablement soustraire 30 à 50 % de la valeur indiquée.

  • Guatemala : $39,5 ou 310 Quetzales par personne et par jour
  • El Salvador : $34,5 par personne par jour (avis aux détenteurs de cryptomonnaie, le bitcoin est roi et vous pouvez l’utiliser pour payer dans pas mal d’endroits)
  • Nicaragua : $61,5 ou 2 240 Cordobas par jour et par personne (vous pouvez facilement diviser par deux, on a fait ici des folies car besoin de BEAUCOUP de confort !)
  • Costa Rica : $52 ou 31 100 Colones par personne et par jour (le prix de la nourriture est variable mais il y a de quoi manger pour pas cher… Par contre, c’est le logement qui est moins abordable, et fortement influencé par la demande.)
  • Panama : $58 ou 58 Balboas par personne et par jour

Finalement, on peut dire que visiter « confortablement » l’Amérique centrale en mode touriste à deux, c’est pas vraiment donné.

photo du trio, Mathilde, Max et la moto

Sur les routes d’Amérique centrale…

Le climat

Côté climat, sans surprise, on se rapproche des tropiques donc il fait plutôt chaud. Il existe globalement deux saisons : une sèche (de décembre à avril) et une humide (le reste de l’année). Bien sûr, en fonction des régions, il y a plus ou moins de pluie… voire il pleut un peu toute l’année. C’est aussi ce qui rend la végétation si luxuriante et fait le charme de nombreux paysages.

Côté équipement moto pour visiter cette partie du globe, on recommande de privilégier un équipement été ou mi saison, imperméable si possible. Vous pouvez aussi emmener des sous-vêtements techniques si vous prenez de l’altitude… ou qu’il fait plus frais. Mais globalement, il ne fait jamais très froid, il fait plutôt très chaud ! En saison humide, profitez de chaque rayon de soleil franc pour aérer et sécher votre équipement. Notamment si vous voyagez avec une tente, la moisissure a vite fait de s’installer.

L’état des routes

Globalement, l’état des routes est acceptable. Tout dépend bien sûr de votre niveau d’exigence… Après 3 mois au Mexique, on n’a pas été particulièrement traumatisé par l’Amérique centrale. Les axes secondaires sont toujours moins bien entretenus. Il faut dire aussi qu’il y a souvent des travaux avec une circulation alternée. Il y a des pistes en terre mais c’est aussi ça qu’on aime !

De manière générale, on dira de rester vigilant car les nids-de-poule sont nombreux, et on n’est jamais à l’abri d’un animal qui se prélasse au milieu de la route… Aussi, les conducteurs tentent parfois des dépassements douteux. Vous êtes prévenu ! Le trafic est dense aux abords des villes, avec beaucoup de poids lourds, de petites cylindrées, et des piétons qui s’infiltrent partout. La loi du plus fort règne. Il ne faut pas hésiter à s’imposer, tout en restant prudent… Mais ne comptez pas sur la courtoisie des camionneurs dans un bouchon de 5 kilomètres.

l'amérique centrale à moto

La navigation en Amérique centrale

Attention, si vous utilisez Google Maps : il a tendance à vous faire passer par des pistes en terre ! Plus courtes en distance, elles représentent souvent des itinéraires plus longs comparés à leurs alternatives goudronnées. Si vous aimez la piste, alors, vous pouvez y aller les yeux fermés (ou pas). Mais si vous ne voulez pas vous retrouver au beau milieu d’un champ de maïs, pensez à vérifier votre itinéraire avec les locaux avant de prendre la route. Pensez aussi à jauger la véracité de leurs propos car beaucoup d’indications de temps ou d’itinéraire s’avèrent erronées… Soit parce que la personne a emprunté cette même route il y a une trentaine d’année, soit parce que moto rime avec « avion de chasse passe-partout » dans l’esprit de beaucoup de gens. Il faut dire qu’à deux sur la Super Ténéré chargée, on est loin de courir un rallye.

Waze est aussi plutôt efficace si vous avez du réseau, alors que Maps.me est une bonne option pour générer des itinéraires hors ligne. Petite astuce, si vous préférez le off-road, vous pouvez générer un itinéraire « vélo » qui fait souvent passer par les petits chemins.

Les contrôles policiers… Et la non corruption !

Aussi surprenant que cela puisse paraître (ou pas…), on n’a pas eu de souci avec la police. Absolument aucune corruption, personne ne nous a demandé de l’argent ou autre en échange d’un laissez-passer. On n’a honnêtement eu très peu de contrôle et, dans la majorité des cas, on n’a pas montré l’assurance. Simplement le permis d’importation, le permis de conduite et la carte grise du véhicule. Aucun policier agressif, tous plutôt curieux et heureux de voir une grosse moto. Circulez Messieurs-Dames…

La sécurité sur les routes d’Amérique centrale

Ici encore, on ne fait pas la Une des rubriques « faits divers ». Pas de vol, pas de bagarre, pas d’insulte… Moins dangereux que ce que l’on entend, l’Amérique centrale. Pensez cela dit à toujours faire preuve de bon sens. N’hésitez pas à choisir un lieu sûr pour garer votre moto. Si celle-ci est dans la rue, prenez soin de trouver quelque chose de fixe où l’attacher. On conseille de voyager avec une chaîne solide, que vous pouvez aussi utiliser au quotidien pour attacher votre ou vos casques. L’utilisation d’une bâche est aussi conseillée (surtout en saison des pluies) et puis, cela vous permettra de garder la bécane à l’abri des regards indiscrets.

moto chargée pour traverser l'amérique centrale

Avec le recul, c’est au Mexique qu’on s’est senti le plus en insécurité, sans toutefois atteindre des situations délicates ou dangereuses. Simplement un ressenti et une atmosphère générale dans certains endroits. En Amérique centrale, on s’est plutôt senti en sécurité… Peut-être aussi l’âme de l’aventurier qui se forge au fil des kilomètres ! Tout est dit. Si vous avez des questions, des incertitudes ou que vous avez simplement trouvé cet article informatif, n’hésitez pas à nous le faire savoir en commentaire. Y a plus qu’à enfourcher votre bécane… et partir en voyage.

Max, onemonth.oneride

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One Month One Ride

Max est un passionné-passionnant de motos. Moi, Mathilde, je suis passionnée par les voyages (et par la bouffe). C’est en duo (ou trio avec la Super 10) que nous avons décidé de partir vivre et rider sous le soleil de Californie. Histoire de découvrir le pays, la culture… et les merveilles culinaires américaines. Alors c’est en duo qu’on vous résume ici nos folles… ou plutôt nos terreuses, ensoleillées, et merveilleuses aventures. Suivez-nous aussi sur Insta.