Essai pneu route Michelin Road 5


On l’attendait au tournant, le Michelin Road 5. Avec une généalogie aussi bien établie dans le cœur des motards français, le dernier né des pneus routiers – je sais, aujourd’hui on dit sport-touring – du manufacturier auvergnat avait du boulot en perspective pour se faire une bonne place dans le palmarès des gommes les plus appréciées. À plus forte raison avec des concurrents aussi acérés que le Metzeler Roadtec 01, le Dunlop Roadsmart 3 ou le Pirelli Angel GT.

Alors pour savoir ce que le nouveau Road 5 a dans la carcasse, je lui ai mis quelques milliers de kilomètres. De quoi se faire une bonne impression de motard lambda sur son comportement. Et je ne manquerai pas d’éditer ce papier pour vous tenir au courant de l’évolution des choses à la fin de sa vie, ainsi que du kilométrage total qu’il aura su encaisser !

Un pneu plus rigide que le Pilot Road 4

Premier constat avec le mécano en charge du montage des Road 5, avant même le roulage. Concrètement, quand vous prenez le pneu entre les mains et que vous appuyez avec vos pouces sur la bande de roulement, ça s’enfonce nettement moins que sur le Pilot Road 4 (qui reste au catalogue).

La carcasse des Michelin Road 5 est donc autrement plus raide que celles du PR4, ce qui jouera indéniablement sur le comportement. Et probablement également sur l’usure, qu’on peut attendre plus régulière que par le passé (un défaut du Pilot Road 4). Chez Michelin, ce changement de philosophie dans la conception des pneus routiers porte un nom : c’est la technologie ACT+, pour Adaptive Casing Technology. Un pli supplémentaire est inséré sur les bords du pneu pour renforcer sa stabilité. Une techno dérivée des pneus sportifs de la marque.

Les Michelin Road 5 allègent la moto

Pneus montés, rodage effectué ! Dès les premiers virages, je trouve les Michelin Road 5 beaucoup plus vifs que ma monte précédente, des Metzeler Roadtec 01. Je mets d’abord ça sur le compte de la nouveauté. Vous avez dû remarquer ça, vous aussi : les pneus neufs changent le comportement de la moto, souvent en bien.

Ce n’était pas qu’une vue de l’esprit. Force est de constater après 4 000 kilomètres à rouler avec ces gommes que je ressens toujours une grande légèreté de la moto sur les changements d’angle rapides. Bien agréable dans les enchaînements de virages serrés où il n’est nullement besoin de batailler pour passer d’un angle à l’autre. En cela, le feeling offert par le Road 5 me rappelle celui du Dunlop Roadsmart 3, qui m’avait marqué par ce trait de caractère.

La prise d’angle pour tous

Au delà de cette vivacité, j’ai vraiment apprécié la facilité à mettre la moto sur l’angle. Le comportement en courbe serrée est plus naturel que jamais. La moto s’inscrit les doigts dans le nez, aidée par les pneus qui opèrent en toute progressivité, de façon transparente. Je me souviens qu’il m’avait fallu un peu d’exercice pour aller chercher l’angle max avec les Roadtec 01, eh bien avec les Road 5 de Michelin, ça se fait sans forcer.

Quel grip sur le sec !

Et puis dans tous les domaines, on sent qu’on est loin de la limite. Le pneu supporte facilement les 107 chevaux de ma BMW R 1200 R… Freinages sur l’angle, accélérations à partir du point de corde, pointes de vitesse en ligne droite : le Michelin Road 5 ne faillit jamais. Qui plus est, ils semble en température dès la sortie du garage, magique.

Le choix des gommes confirme que Michelin a eu l’intention de le rendre plus sportif que la concurrence. Admirez ainsi la jolie bande lisse sur les épaulements (les bords) à l’arrière. Cette zone du pneu fait appel à une gomme 100% « noir de carbone », un composé qui offre un excellent grip sur le sec. On le retrouve sur des pneus plus sportifs. Et ça tient la route, je confirme.

Si vous craignez une usure prématurée de cette zone, pas d’inquiétude : moi qui emprunte essentiellement des routes à virages, son usure est homogène avec le reste du pneu, en tout cas à ce jour. Sa surface est simplement plus « granuleuse » que la bande centrale. Je vous tiens au courant en fin de vie des pneus. À moins que l’un d’entre vous ait déjà grillé un train de Road 5 et puisse nous renseigner ! On attend tous votre commentaires 😉

« Le mouillé, c’est dans la tête », qu’ils disaient…

Michelin veut nous rassurer sur le mouillé. La marque Clermontoise explique qu’on ne prend jamais assez d’angle quand il pleut pour aller tester le grip des épaulements lisses. Ok, sur route humide, la conduite est plus coulée. Pour autant, en ce qui me concerne, la barrière psychologique est là : il y a un angle à ne pas dépasser, mais quel angle ? Vous allez rire, mais ça m’a un peu refroidi les jours de pluie. Et il faut avouer que j’ai eu l’occasion de pratiquer le mouillé avec un début de printemps bien moisi là où j’habite !

Pourtant, je n’ai jamais eu l’occasion de me confronter à ladite limite. Hélas, mon instinct de poireau a souvent pris le dessus avec la peur de prendre trop d’angle ! En la matière, les Pirelli Angel GT, les RS 3, les Roadtec 01 ou même les PR4 se montrent à mon sens bien plus sécurisants. D’ailleurs, j’ai clairement pris plus d’angle sur route humide avec eux, ce sans frayeur. Dommage, parce que pour le reste, le comportement du Michelin Road 5 s’est révélé irréprochable sous la pluie. Même par 3°C, avec de la neige au bord de la route. Pour chercher la perte d’adhérence, il faut y aller comme un bourrin !

Les « lamelles évolutives », à tester dans la durée

D’autant que Michelin promet des performances durables sur chaussée mouillée, spécialement grâce aux lamelles évolutives XST Evo. Les lamelles, ces rainures pratiquées dans les bandes de roulement pour évacuer l’eau, ont ici une forme qui s’évase quand on s’approche de la limite d’usure. Avec pour objectif de permettre un drainage toujours aussi efficace au fil des milliers de kilomètres. Imaginez la technologie qu’il faut déployer pour mouler un pneu comme ça !

Les mauvaises langues argueront qu’il suffisait sans doute de creuser des lamelles plus larges dès la surface du pneu. Qui peut le plus peut le moins! Quoi qu’il en soit, on en reparle quand j’aurai du recul sur la question, c’est à dire quand le pneu aura rendu son dernier millimètre de gomme. J’ajouterai que les imposants réservoirs d’eau creusés dans le pneu n’ont pas d’incidence sur son comportement.

Des pneus sport, pour quoi faire ?

Une nouvelle fois, je doute que pour la plupart des motards, faire monter des pneus plus sportifs pour un usage exclusivement routier vaille l’investissement. Même en conduite dynamique sur un col de montagne aguicheur, il me semble impossible d’atteindre la limite des Michelin Road 5. Limite qui m’a l’air au-delà de celle de ma BM, elle-même au-delà de mes propres limites.

Bref, nous autres, motards lambda, avons de la marge devant nous avec le Michelin Road 5 ! Alors à moins que vous rouliez avec une bécane de plus de 150 chevaux ou que vous gardiez votre monte pour une petite sortie sur circuit de temps en temps, nul doute que les Road 5 vous combleront !

NB : Il existe une déclinaison spécifique pour les trails du Michelin Road 5 !

Agilité5
Grips sur le sec5
Grip sur le mouillé3.75
Temps de chauffe5

Mon avis : Un pneu moto facile et sécurisant

Le Michelin Road 5 est une sorte de pneu sportif auquel on aurait apporté un grip sécurisant sur le mouillé, une progressivité qui le rend accessible à tous et une durée de vie autrement plus longue. En somme, il offre la polyvalence rêvée pour qui veut mêler route du quotidien avec week-ends de voyage et arsouilles sur les petites routes viroleuses. À mon sens, seule la barrière psychologique des épaulements lisses peut déstabiliser quand on commence à prendre de l'angle sur route humide. Il suffit d'adopter une conduite raisonnable pour s'épargner ça, ce qui est la posture préconisée quand il pleut au demeurant !
4.7

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Loïc

Rédacteur et testeur pour Motoblouz, je suis l'extra-terrestre qui attend impatiemment la pluie pour mettre à l'épreuve l'étanchéité d'une veste ou d'une paire de gants... Fan inconditionnel de routes à virages, la moto est pour moi un moyen d'évasion comme un moyen de transport.