Essai du casque Caberg Ghost


Depuis 1974, la firme Caschi di Bergamo, plus connue sous le nom de Caberg, nous propose des casques made in Italy. En 2016, elle nous propose un casque jet qui vient concurrencer l’omniprésent héritier du Shark Raw, le Shark Drak / Drak S. Pour ce dernier, Monsieur Marcin vous rendra un essai courant août 2018. Voici donc une ombre qui descend des brouillards alpins… Une ombre qui veut hanter nos routes… Mesdames et messieurs, tremblez devant le casque Caberg Ghost.

Un « jet » qui en jette

Comme un gosse qui trépigne le matin de Noël, c’est tout excité que j’ouvre l’emballage du casque Caberg Ghost. Et là, c’est l’horreur, le sacrilège, la déchéance. Le casque est totalement rouillé.

Ah, et bien non, je l’avais commandé dans sa version « rusty », avec finition à la main s’il vous plaît, pour coller avec mon « rat’s bike malgré lui ». Rassurez-vous, il existe en plusieurs déclinaisons plus ou moins classiques. Jetez donc un œil → ici ←. La peinture est plutôt correcte sans être époustouflante. Très bonne surprise, elle n’est pas salissante. Je l’enfile, et yyyyeaaaaah, bonne taille du premier coup !

Un casque jet 4 en 1, et un peu plus

Terminé les pleurnicheries du genre « Chéri(e), j’ai rien à me mettre » tout en regardant votre étagère à casques, qu’elle soit vide ou non. Le casque Caberg Ghost vous offre un panel de configuration assez large :

  • Avec masque et visière : pour lutter contre la pluie, le froid et rouler dans l’anonymat.
  • Sans masque et avec visière : pour protéger vos yeux tout en vous permettant de faire votre plus beau sourire en cas de contrôle routier.
  • Sans masque et sans visière : pour ceux qui aiment rouler en jet le plus simplement possible…

Et là, je vous entends dire « Mais il ne sait pas compter cet abruti ?! ». En Fait quand la marque Caberg parle de « 4 en 1 », comprenez :

  • Masque et visière avec protège nez
  • Masque et visière sans protège nez
  • Visière sans protège nez
  • Visière avec protège nez

Bon, et ce fameux protège nez alors ? Faut le retirer ou non ? Honnêtement, je n’ai pas un attribut nasal très proéminent et malgré tout, je sens la pression de la fameuse mousse. Ca gêne même ma respiration… Pour le retirer c’est assez simple, il suffit de tirer fermement vers l’intérieur du casque. En roulant sans le protège nez, on gagne en confort notamment l’été, mais il n’y a pas de secret : le casque Caberg Ghost sera moins étanche au bruit.

Et pour ceux qui veulent pousser le vice encore plus loin, sachez que vous pouvez en plus choisir différents types d’écrans après achat. Encore une fois jetez donc un œil →ici←. Attention lors du changement, les fixations sont hyper fragiles. Je le sais, j’en ai cassé une à moitié…

Bon, c’est mignon tout ça mais est-ce qu’il faut un bac + 5 en assemblage / désassemblage de casque pour passer d’une configuration à l’autre ?

SOS fantôme, j’écoute ?

Allez, je me lance dans le démontage du masque. Bon, j’avoue que la première fois fut un véritable carnage. Une fois que l’on a démonté le masque et le protège nez, c’est plus simple pour comprendre le fonctionnement. Encore une fois, il faut tirer fermement vers l’intérieur du casque. En effet, la notice fournie d’origine n’est pas vraiment d’une grande aide… Pour plus de simplicité, je recommande de retirer d’abord le protège nez avant le masque, et inversement pour le remontage.

Du coup, je me lance dans le démontage de l’écran pour mettre le casque Caberg Ghost en mode Full Jet. Encore une fois, c’est un peu fastidieux : il faut démonter le cache vis, dévisser le cache de l’écran, faire sauter les ressorts, retirer l’écran, remonter le cache de l’écran, visser, remettre le cache vis…

Flippante, la finition ?

Lors de ma première prise en main avec le masque, le casque Caberg Ghost me donnait une bonne impression de finition. Mais lors de ma séance de démontage / montage, mon avis a plutôt changé.

En effet, les accroches du masque n’ont pas l’air exceptionnellement solides… Quand je me suis lancé au démontage de l’écran, les caches vis semblaient assez fragiles ainsi que les pattes de fixation des ressorts. Et ce qui devait arriver arriva, comme expliqué plus haut, j’ai cassé la moitié d’une fixation de l’écran…

Mousses internes, hygiène & confort

Tant que le heaume est à moitié démonté, allons-y à fond hein… Rien de plus désagréable qu’un casque sentant le cuir chevelu qui a mangé des kilomètres, n’est-ce pas ? De ce fait, les mousses respirantes du casque Caberg Ghost sont démontables, histoire que vous puissiez les laver. Concernant le démontage / montage, ici, il est d’une simplicité déconcertante. Deux boutons pressions à faire sauter, vous tirez sur l’ensemble et tadammm, tout vient d’une seule pièce. Et le remontage est tout aussi simple.

En fin de compte, elles se montrent assez confortables et ce malgré le port de lunettes de soleil. Une « couronne » de mesh assure un minimum de respirabilité, bien que celle-ci sera passive (absence de prise d’air). Bon, ça reste un casque jet hein ! Les contours de cuir semblent bien solides. Enfin, l’ensemble est très bien fini et procure une bonne impression de durabilité.

Sécurité du casque Caberg Ghost

Le masque amovible du casque Caberg Ghost vous protégera des moucherons, bourdons et autres projectiles. Cependant, si vous avez l’idée saugrenue d’inspecter le bitume, mieux vaut avoir un bon chirurgien esthétique et dentiste dans vos contacts… Et oui, le casque Caberg Ghost est un pur jet homologué en tant que tel à savoir ECE 22.05/J.

Pour atteindre ce niveau d’homologation, la calotte tricomposite est constituée de fibre de verre, de kevlar et de carbone. Le tout pour un poids annoncé à 1 150 g. Je l’ai pesé à 1 140 g avec l’ensemble des éléments le constituant. Pour le maintien sur votre précieuse caboche, c’est une boucle micrométrique qui s’en chargera.

Conditions d’essai

Pour réaliser cet essai, j’ai parcouru environ 600 kilomètres dont 340 de nationale (en Belgique où l’on a encore le droit de rouler à 90 km/h), 170 en ville et 90 sur autoroute.

Sur la route, le visage au vent

Première phase de test, on va plutôt rouler sans masque ni visière. À vous de sortir vos plus belle lunettes de soleil ou votre masque. Pour éviter que celui-ci s’envole, une attache par pression est prévue à l’arrière du casque. Cette pièce de cuir est plutôt sympa, je vous laisse regarder les photos pour vous faire une idée. Cependant, les fixations de la partie avant sont plutôt proéminentes et en me regardant dans le miroir, j’ai l’impression de ressembler à Jacques VILLERET (RIP) dans la Soupe aux choux… Si vous comptez rouler plus souvent en full jet, alors n’hésitez pas à vous tourner vers le casque Caberg Freeride !

Sur la route, le visage pas au vent

Maintenant on va rouler avec le masque, le trifouiller, le tripoter et voir s’il est pratique. Déjà premier point positif, l’écran est livré avec la lentille Pinlock 70® installée (modèle milieu de gamme de la célèbre lentille antibuée). Un beau matin à 14°c, j’ai réussi à faire apparaître de la buée à un feu rouge… Pas rassurant pour l’hiver ça. On relèvera donc l’écran avec une facilité déconcertante.

Même si dans l’ensemble le masque protège bien, passé les 60 premiers km/h, on se retrouve en pleine tempête. Pas forcément agréable… Après 40 bornes d’autoroute je regrettais de ne pas avoir mes Alpine Motosafe Pro. Il n’y a cependant pas d’effet cloche, et on ne subit pas le « résonnement » de l’échappement libre. En subissant les remous du poids lourd de devant, la tête ne se promène pas de droite à gauche intempestivement. La manipulation de l’ensemble visière / masque est on ne peut plus simple. À mon grand étonnement, la visibilité reste bonne.

Par contre sur autoroute avec vent de face, en tournant ma tête pour checker l’angle mort, la visière montrait une grosse envie de se relever d’elle-même. Pas terrible…

Tais-toi et roule !

Pour les pipelettes qui ne peuvent pas s’empêcher de raconter leur vie au guidon, sachez que Caberg a pensé à vous en prédisposant le casque pour accueillir le « Caberg Bluetooth communication system JUST SPEAK S » (rien que ça).

Poids9
Ergonomie6
Confort10
Insonorisation7.5
Finition6.5
Ventilation (avec masque)7

Mon avis : un casque Jet qui en jette !

Le casque Caberg Ghost peut compter sur son aspect bien sympa pour se faire une place sur le marché concurrentiel des casques jet au look atypique. S’il tente de se démarquer par son côté 4 en 1, il faut avouer que ce n’est pas un franc succès. Ceci peut cependant être compensé vu le catalogue de coloris et d’écrans disponibles. La finition reste correcte tant qu’on ne se lance pas dans une opération de démontage / montage à chaque ride. En dehors de ces aspects, ce casque jet répond à ce que l’on attend d’un casque : un minimum de protection, un bon confort, une isolation phonique correcte hors autoroute et une bonne visibilité.
7.7

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Gab

Gabriel, détenteur du permis moto depuis 2013. Depuis, je ne sais plus me passer d'une moto. Je roule quotidiennement sur Sportster, histoire d'aller bosser avec le sourire ou m'évader là où l'envie me mène, tout en ridant sereinement. N'étant pas du genre cloisonné sur un seul type de moto, je compte parallèlement découvrir l'univers du trail. Quoiqu'il en soit, je suis toujours à la recherche du matériel sachant allier style et efficacité.