Essai des caméras embarquées Tecno Globe TG Dash Cam


Avec la multiplication des délits de fuite d’automobilistes ayant renversé un motard, et l’augmentation du nombre de conducteurs sans permis et/ou sans assurance (en voiture comme à moto), l’utilité d’un dispositif permettant d’enregistrer en permanence ce qui se passe autour de soi paraît incontestable pour un motard. Les caméras embarquées Tecno Globe TG Dash Cam, abréviation de « dashboard camera » ou caméra de tableau de bord, proposées par l’importateur français Tecno Globe répondent à ce besoin.

Pourquoi une caméra embarquée ?

De plus en plus de conducteurs de deux-roues roulent avec une « action cam« . Souvent appelée caméra embarquée, elle est fixée soit sur la moto, soit sur le casque. Dans les deux cas, la caméra ne peut évidemment filmer que dans une seule direction à la fois. Et surtout, ces caméras embarquées pèchent toutes par un manque flagrant d’autonomie. Avec leur batterie intégrée, impossible de filmer en permanence sur un trajet de plus d’une heure… D’où l’idée de caméras installées à l’avant comme à l’arrière de la moto, et alimentées par le faisceau électrique de la machine.

Ces caméras, actives en permanence, permettent de filmer tout véhicule qui approcherait votre moto, par devant ou derrière (mais pas par les côtés), et qui pourrait venir la percuter, la renverser ou encore lui couper la route, entraînant une manœuvre d’évitement ou de freinage d’urgence, laquelle causerait une chute.

Les images, qui ne constituent pas une preuve en justice, seront dans tous les cas utiles pour prouver votre bonne foi face à votre assureur, et aider à établir les responsabilités en cas de sinistre. Une fonction particulièrement utile en l’absence de témoin, ou si le conducteur adverse a fui ses responsabilités ou soutient une version radicalement différente de la vôtre.

Une Dash Cam universelle

Tecno Globe (TG pour les intimes), importateur et distributeur Français, implanté à Lodève dans l’Hérault, s’est fait une spécialité de repérer des produits techniques pour les motards et les motos, afin de les distribuer sur le marché hexagonal.

Leur kit universel de caméras embarquées Tecno Globe TG Dash Cam comprend deux petites caméras cylindriques. Des caméras faciles à placer presque n’importe où, à l’avant et à l’arrière de toute moto. Le kit comprend aussi un écran de contrôle principal, léger et de petite dimension (92 mm x 53 mm x 15 mm pour une diagonale utile de 6,86 cm), ainsi qu’une télécommande avec micro et haut-parleur intégrés. L’ensemble est relié par quatre câbles : un pour la caméra avant, un pour l’arrière, un pour la télécommande et le dernier pour l’alimentation électrique. Les trois premiers peuvent être rallongés avec des rallonges de câble, fournies dans le kit.

Sur le papier, la brochure de Tecno Globe promet des prestations techniques intéressantes…

Outre son rôle évident de « boîte noire » pour disculper (ou pas) le motard en cas d’accident avec un autre véhicule, la caméra embarquée pourra également filmer les paysages et les motos placées devant et derrière lors de vos balades. Voire immortaliser vos exploits sur circuit ! Pour cela, chaque caméra est équipée d’un capteur présenté comme Full HD (haute définition) pour une résolution de 1920 par 1080 pixels, avec une optique grand angle à 155 degrés et une fréquence de 30 images par seconde. Les images des caméras sont enregistrées au niveau de l’écran de contrôle, sur une carte mémoire au format micro-SD de classe 10 (pour une vitesse d’enregistrement de 11 Mbits/seconde) et d’une capacité maximale de 256 gigaoctets. Soit environ six heures d’enregistrement pour une carte de 64 Go ou 16 heures sur une carte de 256 Go.

Attention, cette durée d’enregistrement annoncée est en réalité à diviser par deux puisque les images des deux caméras embarquées Tecno Globe TG Dash Cam sont sauvegardées sur une seule et même carte.

A monter soi-même… ou par un pro

Qu’en est-il dans la réalité ? Pour le savoir, nous avons réalisé le montage du kit sur une moto BMW R1200RT, puis réalisé une série de trajets routiers sur plus d’un millier de kilomètres, entre fin juillet et mi-août 2018.

Trouver un pro…

Passage obligé, l’installation des caméras embarquées Tecno Globe TG Dash Cam sur la moto n’a pas été de toute simplicité. D’abord parce qu’il a fallu trouver un professionnel qui soit ouvert en plein été, et qui accepte non seulement de monter cet équipement peu répandu mais aussi de se laisser filmer pendant ce travail. Encore tous nos remerciements à Stéphane, de STF Motors à Bordeaux (Gironde) pour sa disponibilité !

Installer sur la bonne moto…

Ensuite parce que l’installation du kit « universel » sur cette moto précise s’est avéré complexe. Le carénage massif facilite plutôt les choses pour trouver un emplacement convenable pour les caméras. Une surface plane assez large pour loger les adhésifs des fixations, avec un angle le plus dégagé possible vers l’avant ou l’arrière, tout en étant à peu près abrité de la pluie, sans gêner le fonctionnement des suspensions… Un ensemble de conditions difficile à remplir !

Paradoxalement, ce qui a causé le plus de souci a été la fixation de l’écran de contrôle, avec tous les câbles qui en dépassent largement, et une patte de support aimantée côté écran et avec adhésif circulaire de 20 mm de diamètre à l’autre bout. Pas facile de trouver un emplacement qui soit dans le champ de vision, mais qui ne gêne pas le maniement des commandes. Ni ne masque le tableau de bord… Sans compter que le guidon de la RT est tout sauf cylindrique. Et il ne permet pas d’employer un support de type RAM. Pour couronner le tout, la moto était déjà équipée de deux autres écrans : un navigateur GPS et un terminal Coyote, lesquels devaient rester visibles et lisibles !

Après avoir renoncé à fixer l’écran sur le guidon, nous avons pu trouver une zone du tableau de bord convenable. Sur d’autres motos, surtout celles à guidon cylindrique, il est probable que l’installation de l’écran posera bien moins de problème. A l’inverse, l’installation des caméras pourra se révéler plus délicate sur des motos sans carénage…

Raccorder au faisceau…

Enfin parce qu’il a fallu trouver la meilleure façon de raccorder l’alimentation électrique de l’ensemble au faisceau de la moto. En effet, le kit des caméras embarquées Tecno Globe TG Dash Cam ne dispose pas d’interrupteur. Alors, le raccorder directement sur la batterie risque de la vider. De plus, il reste toujours déconseillé de brancher un équipement directement sur la batterie sans fusible. Il est préférable de le raccorder sur un « plus après contact », comme celui des phares ou de la connexion GPS. Dans notre cas, il a fallu démonter le carénage de tête de fourche afin d’accéder à la prise du GPS.

Au total, il nous a fallu plus de deux heures pour installer correctement l’ensemble des composants du kit caméras embarquées Tecno Globe TG Dash Cam. Un point à ne pas négliger si vous confiez cette tâche à un professionnel. Tecno Globe lui-même facture cette installation à 160 €.

Caméras embarquées Tecno Globe TG Dash Cam, complexes à paramétrer

Une fois le matériel installé, reste à configurer le logiciel. Autrement dit, à essayer de s’y retrouver dans le menu de l’écran de contrôle à l’aide des quatre boutons situés sous le boîtier. Et pour tout dire, l’ergonomie n’est pas évidente. A part la touche « M » (Mode) et la touche « OK », vous n’avez que deux autres touches, gauche et droite. Mais elles servent aussi de touches haut et bas. Autant dire qu’il n’est pas aisé de naviguer dans les menus…

Paramétrages du premier menu !

Le premier menu permet de paramétrer la résolution d’enregistrement vidéo. Deux options : 720 ou 1080 pixels. A moins d’utiliser une carte mémoire de très faible capacité (moins de 16 Go), nous recommandons de rester sur le paramètre par défaut du Full HD à 1080 pixels. En 720 pixels, l’image s’avère peu lisible.

Deuxième paramètre, la périodicité d’enregistrement continu. Vous pouvez choisir de filmer en continu par séquences d’une, trois ou cinq minutes, ou désactiver cette fonction. En la désactivant, la carte mémoire va enregistrer jusqu’à ce qu’elle soit pleine puis réécrire sur le fichier enregistré. Si vous choisissez un temps d’enregistrement en continu, cela rendra plus facile l’exploitation des images et la recherche des séquences qui vous intéressent. Par contre, si vous choisissez un temps court (une minute), il y a un risque que la séquence en question soit coupée sur deux fichiers différents.

Troisième paramètre, la détection de mouvement permet d’activer ou non l’enregistrement vidéo seulement si la caméra détecte un mouvement. Cela évite d’encombrer la carte avec des images tournées à l’arrêt. Toutefois, cela n’a d’intérêt que si le kit est alimenté en permanence, et que vous avez l’habitude de vous arrêter sans couper le contact.

Le quatrième paramètre est appelé « acoustique record ». Une mauvaise traduction pour « enregistrement audio ». Le kit est doté d’un microphone, implanté au niveau de la télécommande, qui peut enregistrer le son environnant. Mais il s’avère assez peu utile quand vous roulez… Le micro est en toute logique positionné sur la moto, alors il n’enregistrera que le vent et le bruit de votre moteur, au mieux.

Enfin, le cinquième paramètre permet d’afficher ou non la date et l’heure d’enregistrement sur chaque fichier vidéo. Il est recommandé d’activer cette fonction pour que vos enregistrements servent de preuve auprès de l’assurance en cas de sinistre.

Et le 2ème menu ?

Le second menu concerne les paramètres généraux. Ils se règlent en général une fois pour toutes : format de la date et de l’heure, langue d’affichage des menus (dans notre cas, français mal traduit), retour aux paramètres d’usine, formatage de la carte mémoire, activation ou désactivation du bip sonore sur les touches, activation ou non du Wifi entre le boîtier et votre smartphone…

Deux autres fonctions pourront vous intéresser. D’abord le réglage du temps d’affichage des images sur l’écran de contrôle : en permanence ou pendant 10 secondes, 30 secondes ou une minute. Il a curieusement été traduit par « régulière hors de l’écran »… Ensuite, il y a le réglage de l’arrêt auto, pour définir la durée de fonctionnement de la Dash Cam après coupure du contact (trois minutes, cinq minutes ou dix minutes).

Caméras connectées avec votre téléphone

Matériel installé, paramètres configurés… Reste à apprendre à manier l’application numérique iDashCam pour smartphone (sous Android ou iOS) ! Après avoir téléchargé et installé l’appli, il vous faudra ensuite vous enregistrer (en entrant votre pays et votre numéro de téléphone) et vous connecter en WiFi sur le boîtier de contrôle. Attention, ne perdez pas la petite carte dans la boîte qui vous donne le mot de passe (plutôt simple) afin d’établir la connexion.

A partir de là, vous pourrez régler les principaux paramètres vidéo. Vous pourrez afficher sur le téléphone les images de la caméra avant, arrière ou les deux en vue partagée, et visionner ou éventuellement supprimer les images (seulement celles enregistrées sur le téléphone).

Justement, que donnent-elles, ces images ?

La qualité de résolution des capteurs des caméras embarquées Tecno Globe TG Dash Cam n’est pas en cause. Elles sont effectivement affichées en haute définition. Mais en l’absence de stabilisateur optique, force est de constater que la qualité des images capturées est tout juste bonne.

A cause des vibrations de la route, difficile par exemple de lire une plaque d’immatriculation ou les détails d’un visage à plus de cinq mètres de distance… On distingue bien les véhicules, leur couleur, leurs mouvements. Mais les détails sont peu perceptibles. Et les choses empirent sous la pluie car les projections d’eau sur la caméra avant créent un effet de flou. Il faudra également penser à nettoyer régulièrement les optiques des deux caméras afin de les garder propres et de préserver la qualité des images.

 

Et que valent les composants du kit ?

La qualité de la majorité des composants de ce kit s’avère plutôt bonne. Le boîtier de contrôle est certifié IP67, ce qui veut dire qu’il est protégé contre la poussière, les éclaboussures et les projections d’eau (avec des jets basse pression tels qu’un robinet, et il peut supporter une immersion à 1 mètre dans une eau statique pendant 30 minutes maximum).

Les caméras embarquées Tecno Globe TG Dash Cam sont quant à elles certifiées IP68. Elles sont totalement protégées de la poussière? et peuvent supporter une immersion à 1,50 mètre dans une eau statique pendant 30 minutes maximum. IP signifie « protection internationale » ou « protection contre les pénétrations ». Il s’agit d’une échelle d’évaluation pour déterminer la résistance à la poussière et à l’eau. L’IP est toujours suivi de deux chiffres : le premier évoque la protection contre la poussière et le second contre l’eau.

Les éléments de faiblesse du matériel sont, avant tout, les fixations des caméras et du boîtier central. Les caméras sont fixées sur la moto par des colliers, eux-mêmes collés sur la moto par un adhésif. Difficile de dire quelle sera la résistance de cet adhésif dans le temps. Surtout confronté aux intempéries, à l’eau, aux vibrations, à la poussière, aux fortes chaleurs et/ou aux grands froids que nous pouvons rencontrer à moto. Les colliers quant à eux sont constitués d’un métal fin, assez souple. Les caméras sont maintenues dans le collier par une simple vis, qui peut se desserrer. Et impossible d’installer une dragonne ou un Rilsan qui empêcherait la caméra de tomber. En l’absence de « silent block« , il est difficile d’empêcher les caméras de vibrer à cause des cahots de la route.

Au final…

Le kit des caméras embarquées Tecno Globe TG Dash Cam convient plutôt bien pour son usage primaire. A savoir enregistrer en permanence ce qui se passe devant et derrière votre moto pour éventuellement fournir à votre assureur la preuve en images de votre absence de responsabilité en cas d’accident. Par contre, si vous espérez filmer de belles images de vos balades moto ou de vos sorties sur circuit, vous risquez fort d’être déçus.

Pour ce type d’usage, il est préférable de se tourner vers des caméras embarquées, comme celles de Sena. Que ce soit la 10C ou la Prism. Ou encore une caméra à 360 degrés, comme la Fly.

Fonctionnalités6
Qualité d'image7
Facilité d'installation7
Facilité d'utilisation9
Connectivité 8

Mon avis : une bonne dashcam moto, sans plus...

Le kit des caméras embarquées Tecno Globe TG Dash Cam propose une bonne solution pour les motards qui recherchent un outil de qualité sur cette seule fonction... Au prix toutefois d'un montage qui peut s'avérer complexe et d'un paramétrage qu'il faut prendre le temps d'étudier. Le manque de polyvalence de ce matériel grève son rapport qualité/prix, car au prix d'achat viennent s'ajouter le prix de la carte mémoire et de l'installation. A chacun de décider si l'investissement en vaut la peine.
7.4

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Fabien Lecoutre

Formateur de conduite, journaliste moto, auteur de guides touristiques motards et du site Passion Moto Sécurité... je suis surtout un "roule toujours" passionné.