#END – La fin d’un long et beau voyage à moto


Réveil matinal à 6h30. Je regarde par la fenêtre : pas de kangourous ce matin, je suis déçue. Il n’y a pas d’urgence à se lever puisque aujourd’hui, c’est une petite étape de quelques 250 km pour partir à l’assaut des Tamborine Mountain. 

Passer du très chaud au frais, et remettre son équipement

Il y a une grosse différence de température, puisque nous avons perdu 25°C en deux jours. Et c’est aussi dur que quand nous avions trop chaud. Nous retrouvons nos doublures de veste, les tours de cou sont ajustés et les casques ont la visière fermée. En plus, la chute des températures s’accentue avec l’altitude. Bien que ces températures auraient été qualifiées d’estivales en France, nous, nous avons froid. Nos corps n’ont pas encore digéré cette amplitude thermique et la régulation corporelle est difficile. Nous respirons mieux et profitons des paysages variés. La route est magnifique, sinueuse et bientôt montagneuse.

Nous longeons des champs de rochers empilés. C’est à la fois étonnant et magnifique… Et notre route est entrecoupée de petites périodes de piste. Même si la difficulté n’est pas extrême, le fait d’être à deux sur la moto entraîne une inquiétude de la part du pilote par rapport à sa passagère. Cela génère du stress et le risque de faire quelques fautes d’inattention. Le profil des pistes est différent.

Il n’y a plus de sable, et nous retrouvons le gravel des premières semaines… Nous nous arrêtons régulièrement pour nous détendre et nous réchauffer, il ne fait que 20°C. Pour nous, il fait froid !

Tamborine Mountain, le rendez-vous des motards

Au kilomètre 217, nous nous arrêtons au premier feu tricolore depuis 21 jours. Nous déjeunerons en ville. Et au cours de cette pause repas, nous avons vu passer plus de motos que durant tout notre voyage. Tous les motards des environs se donnent rendez-vous ici sur les Tamborine Mountain. C’est une route tellement agréable à moto. Ca monte, ça descend, ça tourne à droite, à gauche… Bref, c’est un régal ! C’est un peu la Corse, l’Auvergne et les Alpes réunis en un seul endroit.

Puis nous traversons une région de chevaux. Il y en a partout, et ils ont des centaines d’hectares pour paître. Eux aussi ont plus de chance que ceux du bush.

Dernière soirée tous ensemble

Nous arrivons relativement vite à l’hôtel, puisqu’il est 15h30. Une petite douche, et je vais voir les chevaux de l’hôtel. Il y en a dix et deux poneys. Ils servent aux balades, ils sont donc relativement costauds et beaux.

Après un bon repas, Eric nous fait la surprise de nous remettre un diplôme pour nous récompenser de nos efforts sur la route et sur la piste durant ces 8 000 km. Chacun y va de ses compliments, de ses remerciements ou de sa petite larme. C’était un moment très fort lors duquel même les absents n’ont pas été oubliés : ceux qui ont été rapatriés ainsi que ceux qui n’ont fait que la première partie. Nous serons demain à Brisbane, et savourons notre dernière soirée tous ensemble.

La soirée est chaleureuse bien qu’elle augure la fin de notre trip. Personne ne souhaite pourtant la faire durer artificiellement, tellement l’émotion est présente. Quelques petits groupes discutent ensemble et pour la grosse partie de la troupe, il faut quand même aller se coucher… L’étape du lendemain est une formalité de quelques centaines de kilomètres.

Nous retrouvons les grosses agglomérations et la circulation. C’est pas vraiment fun tout cela. Mais nous faisons un petit détour pour rejoindre les bords de la Gold Coast, et ainsi égailler cette dernière journée. On croirait rouler sur Océan Drive à Miami tellement il y a ici de ressemblances ! De belles voitures, des immeubles luxueux, la plage avec ses Lifeguards de cinéma… On s’arrête quand même prendre quelques photos, mais la Gold Coast est assez bling-bling.

Des retrouvailles avec une « vieille » bécane…

Un dernier petit verre en terrasse puis, nous faisons route direction l’hôtel. Nous récupérons rapidement nos chambres, et allons ensuite déjeuner dans un grill où nous étions déjà allés, dans la « food-court » à côté de l’hôtel. La viande y est toujours aussi bonne, pourtant nous ne traînons pas… Pour presque tout le groupe, il faut se préparer pour le vol du lendemain matin. Donc exit le dessert et la petite sieste, et je pars recharger la moto de Hubert qui a été rapatriée dans le garage de l’hôtel. Elle y est depuis trois semaines, et la revoir me fait chaud au cœur. Je la recharge scrupuleusement avec le même chargement que lorsqu’elle est arrivée, pour éviter à Eric tout problème avec la douane.

Par contre, je dois gérer mon excédent de bagages ! En effet, lors de son rapatriement, Hubert n’a pu emmener qu’un petit sac avec des affaires courantes. J’ai donc deux gros sacs à ramener alors que mon vol ne m’autorise qu’un sac en soute, et 30 kg maximum. J’ai du coup dix kilos d’excédent de bagages. Hubert a regardé sur le site de la compagnie, et c’est près de 400 dollars le coût de la surcharge… Il faut donc que je trouve une solution.

Je fais part de mon problème à l’équipe, et spontanément certains se proposent pour me prendre un sac et les bottes d’Hubert. Merci les amis ! C’est bien de voyager en première : deux bagages et 60 kg sont autorisés… Ouf. Je passerai notre dernière soirée plus détendue, le problème étant réglé. Et j’offre la bière de l’apéro en remerciement. Je récupérerai ces affaires ainsi que la moto dans quelques mois. Le lendemain à l’aéroport, je suis à 500 grammes du poids limite. Encore une fois : ouf !

Voilà, c’est fini…

Le vol est long pour rejoindre Paris où ma fille m’attend dans le hall d’arrivée. Puis deux heures plus tard, je suis à la maison et je retrouve enfin Hubert…

Voilà, c’est fini. Nous en parlions depuis 2 ans, nous l’avons préparé pendant 1 an. Nous l’avons rêvé, partagé, présenté dans l’école du village. Et c’est fini. Nous rapportons de ce voyage tellement de souvenirs, de ressentis, de sensations, de partages, d’attentes, d’espoirs et de fatigue aussi… Autant de choses qui se sont ancrées en nous à tout jamais.

Nous revenons riches de nouvelles rencontres, de contacts avec ces populations magnifiques, de paysages extraordinaires, surprenants, dépaysants, et de situations parfois même hors du temps.

Un bien beau groupe de motards !

Nous avons eu la chance de partager cette aventure avec un groupe de motards qui, comme nous, s’intéresse aux autres et avait, comme nous, soif de découvrir et de partager. C’était COOL ! Merci à eux aussi de m’avoir permis de continuer ce trip après l’accident d’Hubert.

Le « squat » de leur selle m’a permis de terminer ce périple sans mon pilote de mari, et d’être ainsi sur une moto plutôt que sur la banquette arrière du 4×4. Les sensations ne sont pas les mêmes ! Même si sur la piste, j’étais souvent un handicap, jamais ils me l’ont fait sentir.

Ce voyage a été empreint d’un très bon esprit de groupe. Amitiés qui je sais, perdureront bien après notre retour.

Voilà c’est fini. Et paradoxalement, après quelques jours pour se retrouver et reprendre ses obligations professionnelles, l’envie de repartir est bien présente. Cette envie de repartir est partagée avec Hubert qui lui, doit en plus gérer la frustration d’avoir raté l’essentiel. D’autres continents nous tendent les bras.

En attendant, il faut nous refaire une santé financière pour prévoir une nouvelle aventure hors de nos frontières. Il faut aussi qu’Hubert se retape. Remarcher et reprendre la moto, voilà ses objectifs de l’année 2019.

Nos conclusions !

Dès que possible, c’est ensemble que nous reprendrons la moto pour quelques road trip locaux. Notre fille et son conjoint passent actuellement leur permis, et comme notre fils et notre belle fille sont déjà motards… peut-être qu’un petit road trip familial pourra s’envisager. En tout état de cause, que celui-ci soit dans la région ou à des milliers de kilomètres, ce voyage nous aura confortés sur trois choses.

  1. Il faut voyager toujours l’esprit ouvert pour « profiter » pleinement des différences et des richesses qu’apportent le voyage et les rencontres…
  2. Etre et partir bien assuré ! Même les meilleures préparations n’apporteront jamais un risque zéro.
  3. Et pour terminer : être bien équipé. On peut vite pourrir un bon moment ou une partie de son voyage à cause d’un mauvais équipement moto…

Merci encore à Motoblouz pour nous avoir accompagnés sur ce point. La qualité du matériel fourni nous a permis d’endurer  les températures extrêmes de notre trip. Et elle a aussi limité les conséquences de l’accident d’Hubert…

Merci à vous

Voilà, c’est fini. Nous espérons que cette écriture à quatre mains vous aura fait voyager avec nous, et qu’elle vous donnera envie d’enfourcher votre moto et de prendre la route à la rencontre d’autres univers.

Nous ne pouvions clôturer ce récit sans remercier nos principaux partenaires :

  • Motoblouz pour la fourniture de notre équipement motard
  • Boxer Evasion à Ronchin, pour la préparation technique de la moto.
  • DCDIS à Seclin pour son accompagnement dès le début de notre projet de road trip.
  • Gamm vert à Bailleul pour la prise en charge de la nourriture de nos animaux pendant notre absence.

Et un dernier conseil. Surtout, n’oubliez pas une chose : prenez des notes tous les jours, car l’écriture, c’est la mémoire du futur ! Merci à vous tous d’avoir lu et partagé notre aventure. Voilà, cette fois-ci, c’est bel et bien fini.

Hubert et Flo

 

Credit photos : booking.com 

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Florence et Hubert

Tous deux, à la cinquantaine plus les intérêts, vivons la vie avec passion. Ce que nous recherchons dans nos voyages? L’émerveillement ! Vous savez : cette petite lumière qui s’allume dans les yeux à un moment ou un autre… et quand on peut en plus, la partager, n’est-elle pas encore plus belle ?