Produit offert par Held dans le cadre d’un test.
J’ai une nouvelle fois eu la chance de tester un équipement Motoblouz et cette fois-ci on change complètement de registre. Direction un univers que je ne connaissais pas du tout : celui de l’airbag moto. C’est l’airbag Held eVest PRO qui m’a été confié, un modèle équipé du système In&motion.
Autant le dire tout de suite, c’est la première fois de ma vie que je porte un airbag. Et j’avoue que j’étais curieux. Ces dernières années, on en entend de plus en plus parler et pourtant, autour de moi, quasiment personne n’en porte. Ni dans ma famille, ni parmi mes potes motards. Ce qui est dommage parce que certaines études sont plutôt claires sur le sujet : côté sécurité, ça peut vraiment changer la donne.
Quand la possibilité de tester ce gilet s’est présentée, je me suis dit que c’était l’occasion de me faire mon propre avis. Pas dans une optique « je prends un mur à 100 km/h pour voir si je suis encore là » (rassurez-vous) mais plutôt pour répondre à des vraies questions du quotidien. Est-ce que c’est gênant à porter ? Est-ce que ça complique la conduite ? Combien ça coûte réellement sur la durée ? Bref, je voulais vous proposer un test sans filtre. Et si en testant ce gilet je peux aussi inciter un peu autour de moi sur le port de l’airbag, alors je me dirais que j’ai fait ma part du travail.
Held, une marque qui a évolué au fil des années
Avant d’entrer dans le vif du sujet, un petit mot sur la marque parce que j’aime bien savoir ce qu’il y a derrière un produit. Held est une entreprise familiale allemande fondée en 1946. Ça commence à faire quelques années dans le paysage. À l’origine très connue pour ses gants haut de gamme, la marque a élargi sa gamme aux blousons, combinaisons et aujourd’hui aux airbags.

Ce qui est intéressant avec ce gilet airbag eVest PRO, c’est que la marque ne fait pas tout toute seule. Elle signe le gilet (le textile, la coupe, la dorsale, l’intégration) et elle a confié toute la partie électronique au spécialiste français de la détection de chute, In&motion. Un peu comme si Held faisait la « carrosserie » et In&motion le « cerveau ». Deux expertises qui se rejoignent sur un seul produit pour notre sécurité.
Découverte du gilet : je partais vraiment de zéro
Quand j’ai reçu le colis, je n’avais aucune idée de comment ça allait fonctionner. Est-ce que l’airbag est utilisable une seule fois et ensuite on change tout ? Est-ce qu’il y a une pièce à part qu’on peut recharger ? Je me posais vraiment toutes les questions de base.
En ouvrant la housse, on trouve donc le gilet en lui-même, avec les espaces gonflables intégrés (dos, thorax, épaules, poitrine, côtes) et une dorsale déjà en place. Et dans cette housse, un petit boîtier à part, la fameuse In&Box. C’est l’élément central, celui qui va analyser en permanence ce qui se passe sur la route, et envoyer le signal de déclenchement à l’airbag le moment venu. Sans ce boîtier, le gilet devient uniquement une dorsale.
Premier bon point : la dorsale intégrée est une D3O certifiée EN 1621-2 niveau 2. C’est-à-dire le niveau de protection le plus haut sur cette norme. Sur la mienne, elle est orange, ce qui correspond visuellement à ce niveau max. Ce n’est pas un détail : sur la plupart des blousons que j’ai pu avoir dans ma vie de motard, la dorsale est soit en option, soit d’un niveau plus basique. Là, elle est incluse, et au top. Une protection supplémentaire !

Autre possibilité intéressante : on peut ajouter une protection pectorale Held Exosafe by D3O, certifiée EN 1621-3 niveau 2 (là aussi, le niveau max). Elle se glisse dans des poches prévues sur le gilet. Je ne l’ai pas testée mais l’option est là pour ceux qui veulent pousser encore un peu la protection.
Côté matière, tissu Mesh 3D perméable à l’air à l’avant et à l’arrière, avec des panneaux Air Mesh 3D dans le dos. Ça respire ! Il y a aussi des bandes antidérapantes à l’intérieur des bras et à la taille, histoire que le gilet reste bien en place et ne remonte pas quand tu roules. Sur ce point, rien à dire, il ne bouge pas, même sur des trajets longs.
Les zones du corps protégées : un vrai point fort


Avant de parler du cerveau du système, un mot sur ce que l’airbag couvre réellement une fois déclenché. Sur la version PRO, Held a adapté et fait évoluer les zones de protection par rapport à l’eVest classique : le coussin d’air protège la poitrine, la colonne vertébrale, le cou, les côtes et les épaules. Ce sont ces zones épaules et côtes qui différencient la version classique de la version Pro.
À cela, on ajoute la dorsale D3O passive EN 1621-2 niveau 2 qui reste présente en permanence (déclenchement ou non). Autrement dit, même si l’airbag ne se déclenche pas, ton dos reste protégé au meilleur niveau. C’est ce combo airbag + dorsale qui fait la force du produit, je trouve.
Une technologie qui bosse pour toi sans que tu t’en rendes compte
C’est là que la magie opère ! Le système In&motion, c’est 1000 analyses par seconde. Oui, mille. Le boîtier scrute en permanence ce qui se passe : ton mouvement, ton angle, ta vitesse, les accélérations. Il est capable de distinguer un freinage d’urgence violent d’une vraie chute, ce qui évite les déclenchements à tort et à travers.

Côté vitesse de déploiement, l’In&motion annonce un gonflage complet en environ 55 à 60 ms après la détection. Pour remettre ça en perspective : lors d’une chute, la collision du motard avec un obstacle ou avec le sol intervient en moyenne autour de 90 ms après le début de la chute. Le gilet doit donc être entièrement déployé avant ce moment-là. Avec 55-60 ms, on est dans la fenêtre de tir. Dans les faits, c’est largement suffisant pour encaisser correctement un impact sur route.

Autre chose que j’ai découvert : l’In&Box propose plusieurs modes de conduite. Au moment d’adhérer, tu choisis ton mode principal (route, piste, aventure, rallye-raid, ou motocross). L’algorithme de détection s’adapte en fonction : logique, une petite chute à l’arrêt n’a rien à voir avec un highside à 130 km/h sur circuit. À noter aussi, pour les amateurs de circuit, le gilet airbag Held eVest PRO est homologué FIM et compatible avec les réglementations FFM, ce qui veut dire qu’il est accepté sur les journées de roulage et en compétition amateur. Bon à savoir si tu comptes faire quelques tours de piste.
Dans le cadre de ce test, je me suis cantonné au mode route parce que c’est mon usage principal. Mais je dois avouer que ça me titille pas mal. Je fais beaucoup de balades dans les chemins, un peu de trail, et aussi du motocross. Alors tester le mode cross, j’avoue que je serais curieux… Même si, bon, je n’ai pas forcément envie d’utiliser trois recharges parce que je suis tombé dix fois dans le sable à Loon-Plage. On verra.
L’application My In&box et l’autonomie au quotidien
Tout se pilote via l’application mobile My In&box. Tu y connectes ton équipement (gilet + boîtier), tu renseignes ton type de produit et tu retrouves un tableau de bord avec : état de la batterie, pourcentage de charge, nombre de kilomètres parcourus dans l’année, stats de la communauté, mises à jour disponibles. C’est bien fait, et ça donne une vraie visibilité sur ton équipement. Un peu comme le tableau de bord de ta voiture mais pour ton airbag.
Côté autonomie, l’In&Box annonce environ 30 heures d’utilisation sur une charge complète. Dans mon cas, avec mes trajets domicile/travail et les balades du week-end, ça représente facilement 2 semaines d’utilisation sans avoir à recharger. Le boîtier passe automatiquement en veille après 5 minutes d’inactivité, ce qui évite de griller la batterie si on oublie d’éteindre. La recharge se fait via un câble USB-C. Dans la pratique, ça rentre vite dans la routine : on met en charge à la maison, comme on le fait pour un intercom Bluetooth ou son portable.
À l’essai sur la route : « on a l’impression de porter un pull »
Maintenant, le cœur du sujet : qu’est-ce que ça donne vraiment à l’utilisation ?
J’ai porté le gilet dans mon usage habituel : trajets domicile / travail en semaine et petites balades le week-end. Pas d’usage exceptionnel, juste la vraie vie du motard. Et honnêtement, je ne suis pas du tout gêné, au contraire.
Une fois enfilé, on a vraiment l’impression d’avoir un simple pull sur le dos. C’est pas plus épais que ça. La seule zone où on sent une épaisseur, c’est à l’arrière, au niveau de la dorsale et du logement de l’In&Box. Mais franchement, à moto, tu ne t’appuies quasiment jamais contre un dossier (sauf peut-être sur une Goldwing, et encore). Donc au final, ça ne se sent pas à la conduite.



Niveau poids, soyons honnête : on sent qu’il y a quelque chose en plus. Je ne peux pas dire qu’on ne le sent pas, ce serait faux. Mais c’est vraiment raisonnable. Ça s’oublie très vite une fois en mouvement.
Comment le porter et prévoir de la place !
Point à connaître avant l’achat : le gilet airbag Held eVest PRO se porte en dessous du blouson. C’est son principe même, avec sa fermeture éclair frontale qui permet de l’enfiler comme un gilet classique, puis de passer sa veste moto par-dessus.

Du coup, il faut impérativement prévoir de l’espace sous le blouson pour que l’airbag puisse se déployer correctement au moment venu. Held recommande officiellement un espace équivalent à la taille d’un poing entre le gilet et la veste. Dans mon cas, j’ai une veste assez large et souple, donc aucun souci. Mais si ton blouson est très ajusté ou taillé près du corps, il vaut mieux envisager de passer à la taille au-dessus sur ton prochain blouson, sinon tu prends le risque que l’airbag n’ait pas la place de se déployer complètement.
Petit conseil complémentaire sur la taille du gilet lui-même : certains revendeurs indiquent que la gamme Held eVest taille plutôt grand. Regarde bien le guide des tailles Motoblouz avant de commander, et en cas de doute, les retours gratuits permettent de rectifier le tir.
Parlons du prix car ce n’est pas négligeable !
C’est toujours un peu délicat de parler de prix quand on parle de sécurité. Pour un casque, ce qui va jouer c’est la qualité, la longévité, les matériaux, l’insonorisation, etc. Pour un airbag, la question devient surtout : qu’est-ce que tu es prêt à payer pour ta sécurité ?
Le tarif du gilet
Le gilet airbag Held eVest PRO est affiché à 479,95 € sur Motoblouz. Pour un airbag haut de gamme, avec dorsale niveau 2 intégrée, homologation CE EN 17092-6 et système In&motion, on est sur un positionnement cohérent avec le marché voire un peu plus accessible que certaines références concurrentes d’après ce que j’ai pu constater dans mes recherches. À titre de comparaison, on trouve d’autres airbags électroniques haut de gamme entre 650 € et 750 € hors adhésion (Alpinestars Tech-Air 5 autour de 750 €, Rev’it Avertum Tech-Air autour de 700 €, Helite e-Turtle 2 autour de 690 €).
L’adhésion In&motion : deux options
Il y a un choix à faire :
- Option location du boîtier : 12€/ mois ou 120 € par an. Pour cette deuxième option, cela revient à 10 €/mois. Tu bénéficies des mises à jour logicielles, d’une garantie à vie du boîtier, et tu peux suspendre pendant 4 mois l’adhésion pendant l’hivernage qui passe à 4 €/mois. Il est important de noter que tu peux aussi acheter le boîtier à tout moment.
- Option achat du boîtier : environ 400 € une fois pour toutes. Tu es propriétaire mais tu restes soumis à la durée de vie du produit (quand il sera défectueux, il faudra en racheter un).
Et le bon plan à ne pas louper : si tu es assuré chez certaines compagnies (comme la Mutuelle des Motards par exemple), tu peux bénéficier d’une réduction sur l’adhésion. Chez eux, ça tombe à environ 90 €/an, soit 7,50 €/mois.



7,50 € par mois, pour ma sécurité. Franchement, entre un abonnement Netflix et ça, le choix est vite fait. Je préfère largement mettre ce budget-là dans quelque chose qui peut potentiellement me sauver la vie un jour.
Les modes supplémentaires
Petit point à connaître : si tu veux utiliser ton gilet dans plusieurs configurations (par exemple route + piste + cross), chaque mode supplémentaire coûte 8 €/mois en plus, ou 25€/an. Au moment de l’adhésion, tu choisis ton mode de prédilection puis tu peux en ajouter si besoin. C’est un peu dommage que ce soit à la carte et que cela représente un coût proportionnellement élevé par rapport à l’adhésion de base mais la logique derrière est compréhensible, l’algorithme est différent pour chaque usage. La In&Box peut néanmoins être utilisée aussi bien pour un motard que pour un passionné d’équitation, ce qui reste un plus-value par rapport à la concurrence.

Et si l’airbag se déclenche, combien ça coûte ?
Bonne nouvelle, sur le système In&motion, le réarmement se fait par l’utilisateur. On change la cartouche soi-même, sans avoir à renvoyer le gilet à l’usine. C’est un vrai différenciateur par rapport à certains concurrents. Comptez environ 70 € pour une recharge. Et le système peut être rechargé jusqu’à 5 fois (ce qui, soyons honnête, laisse de la marge avant d’avoir à remplacer le gilet).
Des homologations, en veux-tu, en voilà !
Je ne vais pas vous faire un cours sur les normes mais quand on parle de sécurité, autant savoir ce qu’il y a derrière les sigles. Sur le gilet airbag Held eVest PRO, on retrouve :
- Homologation CE EN 17092-6 : la norme européenne obligatoire pour les équipements de protection des motards.
- Dorsale EN 1621-2:2014 niveau 2 : le niveau de protection dorsale le plus élevé sur cette norme.
- Protection pectorale en option EN 1621-3:2018 niveau 2 : la protection pectorale Held Exosafe by D3O (art. 92227) est également au niveau max.
- Conformité FIM et FFM : cet eVest PRO respecte les réglementations des principales instances de compétition (MotoGP, WSBK, EWC, FFM France), ce qui en fait un gilet utilisable en roulage circuit et en compétition amateur.
C’est du sérieux, et on sent vraiment que Held n’a pas fait les choses à moitié sur la partie protection « passive », au-delà même de l’airbag.
À qui s’adresse ce gilet ?
Après plusieurs semaines de test, je dirais que ce gilet airbag Held est particulièrement adapté à
- celui qui roule souvent : trajets quotidiens, balades régulières, soit un gros utilisateur
- le polyvalent : route, piste, aventure, cross… l’In&Box s’adapte via les modes
- celui qui veut une protection dorsale sérieuse en plus de l’airbag : dorsale niveau 2 intégrée, c’est un vrai plus !
- celui qui fait un peu de circuit : homologation FIM / FFM, donc pas de souci pour accéder aux journées de roulage
Ce qu’il faut avoir en tête avant d’acheter
J’aime bien être honnête dans mes tests, donc autant mettre les choses à plat. Oui, c’est un budget. Entre le gilet et l’adhésion, on parle de plusieurs centaines d’euros. Mais à mettre en perspective avec le prix d’un blouson premium ou d’un casque haut de gamme, on est dans les mêmes ordres de grandeur. Et ici, on parle de sécurité active.
Oui, il faut penser à recharger l’In&Box régulièrement. Comme un casque Bluetooth, comme ton téléphone. Ça rentre dans une routine mais c’est à ne pas oublier. Heureusement, avec 30h d’autonomie et la mise en veille automatique, ce n’est pas non plus à faire toutes les semaines.
Oui, il peut y avoir de rares cas de déclenchements intempestifs (la moto qui tombe à l’arrêt par exemple). In&motion communique une fiabilité de 96 % (les seuls à communiquer un niveau aussi élevé), et les retours utilisateurs sont globalement très positifs mais l’honnêteté m’oblige à le mentionner.
Oui, il faut penser à l’espace sous le blouson. Le gilet ne se porte qu’en dessous, donc si ta veste est vraiment collante, ça coincera au moment du déploiement.
Pour moi, ça reste anecdotique face au bénéfice global.
On est vulnérable à moto, et ça se compense
On le sait tous mais on a parfois tendance à l’oublier : à moto, on est clairement vulnérable. Et on le voit tous les jours sur la route, certains l’ont complètement oublié. Cette vulnérabilité, elle se compense par l’équipement. Plus on est équipé (sans tomber dans le mode Robocop pour autant), plus on augmente ses chances de s’en sortir en cas d’accident.
Et aujourd’hui, l’airbag est en train de se démocratiser. Les prix deviennent raisonnables. Au final, un airbag, c’est le prix d’une veste moto, parfois moins. C’est un équipement qui devient vraiment accessible si on décide de mettre sa sécurité en priorité.

Mon verdict : je ne roule plus pareil
Ce que je n’avais pas anticipé en commençant ce test, c’est à quel point ça allait devenir un réflexe. Aujourd’hui, si j’oublie le gilet à la maison avant de partir, je culpabilise. Je me dis : « mince, j’ai un airbag chez moi qui aurait pu m’aider s’il se passe quelque chose. » En fait, une fois qu’on a goûté à la sensation de rouler avec cette protection supplémentaire, on n’a plus envie de rouler sans.
Le gilet airbag Held eVest PRO coche clairement les bonnes cases. Confortable, bien fini, avec une vraie dorsale niveau 2 intégrée, la technologie In&motion, le réarmement en autonomie et des options pour aller plus loin (protection pectorale, modes supplémentaires, roulage piste). Le tout à un tarif qui reste, selon moi, cohérent par rapport à ce qui est proposé.
Alors oui, il y a un coût d’entrée. Oui, il y a l’adhésion. Mais quand je mets tout ça en face de la tranquillité que ça m’apporte sur la route, rien que pour ça, « J’ACHÈTE ! »
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