Essai casque modulable Dexter Adron Carbon


Bien qu’ayant été tenté à de nombreuses reprises de passer au modulable, j’y ai jusqu’ici toujours renoncé, rebuté par le poids conséquent de ce type de casque. Ces dernières années, des marques comme Schuberth ont fait de grands progrès dans le domaine, mais les quelques grammes gagnés étaient généralement facturés au prix fort. Dexter, la marque de Motoblouz, vient tout juste de lancer une gamme de casques carbone et c’est ici le Dexter Adron Carbon, un des rares modulables 100% carbone sur le marché que j’essaie aujourd’hui. Une finition haut de gamme pour un tarif contenu, vais-je changer d’avis concernant les modulables ? La réponse tout de suite.

Mise à jour du 26 mars 2018 : Mon avis longue durée en vidéo sur le Dexter Adron et son remplaçant le Adron Evo au bas de cet article !

Un casque 100% fibre de carbone

Le Dexter Adron Carbon est l’un des rares casque modulable 100% carbone, comprenez que la mentonnière est également en fibre carbone, là où d’autres casques font appel au polycarbonate pour cette partie.
Il en résulte un casque extrêmement léger, annoncé à seulement 1450 grammes (à +/- 50 grammes), soit le poids d’un casque intégral de très bonne facture. On est loin des 1700 grammes des casques modulables Shoei ou Roof que j’avais déjà eu l’occasion d’essayer !
La mentonnière en carbone permet de ne pas subir un contrepoids trop important quand le casque est en position ouverte.

Une finition soignée

Le Dexter Adron Carbon est un casque au style résolument sportif, dans une catégorie généralement plutôt orientée touring. Un look qui s’accordera parfaitement à l’équipement des pilotes de roadster.

Toujours côté look, le tarif contenu du Dexter Adron Carbon n’empêche pas celui-ci de bénéficier d’une finition flatteuse à commencer par une trame carbone de qualité, recouverte par un épais vernis à l’instar de ce qu’on peut retrouver chez des marques « haut de gamme » comme chez X-Lite par exemple.

Les aérations s’intègrent parfaitement et ne donnent pas un effet « pièce rapportée » qu’on retrouve parfois sur les casques carbone. Mention spéciale aux éléments constituant les extracteurs d’air situés à l’arrière.
Seules certaines pièces plastiques à l’intérieur de la mentonnière donnent l’impression d’être un peu moins soignées et gâchent légèrement le tableau, alors que d’autres comme le mécanisme de l’écran se paient même le luxe de reprendre un motif en surface rappelant la trame du carbone.

On verra également plus loin que certains accessoires (bavette et déflecteur nasal), ne sont pas au niveau de l’aspect « haut de gamme » que renvoie le casque. Mais globalement, on peut tout de même affirmer que le Dexter Adron dans sa version en carbone bénéficie d’une finition soignée.

Un intérieur tout confort

L’intérieur du casque est composé de mousses multi-densités entièrement démontables et lavables. Le tissu est traité anti-bactérien et anti-transpiration. Il bénéficie d’un revêtement type « peau de pêche », très doux au toucher et renforce l’impression d’avoir affaire à un casque haut de gamme.

Les coutures sont de qualité et la tête est bien calée, cependant attention au choix de la taille : je suis habituellement juste bien dans les casques en taille L (HJC, Nolan/Xlite, Shark, Shoei), voire en XL chez Scorpion, mais le Dexter Adron taille un peu grand.
Si votre tour de tête est dans la fourchette basse de la taille L (L = 59/60cm), passer au M pourrait être judicieux afin d’être bien maintenu : la taille est un élément de sécurité essentiel dans le choix d’un casque.

Un équipement complet, mais avec quelques défauts

Le Dexter Adron Carbon dispose bien évidemment d’un écran solaire rétractable traité anti-UV, qui descend très bas, au ras du nez ; et qui est assez peu sujet à s’embuer facilement par temps froid, chose finalement assez rare.
Sa manipulation s’effectue par un levier coulissant positionné sur le côté gauche qui ne pose pas de problème particulier même avec des gants hiver malgré sa taille. Ce levier dispose d’un cran de verrouillage dans sa position la plus basse mais celui-ci se montre assez difficile à atteindre lorsque le casque est en position fermée.

Le casque est livré avec un écran transparent, avec possibilité de monter un Pinlock fourni avec le casque (Pinlock 70) évitant la formation de buée. On regrettera cependant qu’il ne s’agisse pas d’un Pinlock « Maxvision », couvrant un plus large champ de vision. D’autant que ledit champ de vision offert par ce casque est plutôt généreux. Dommage.

Toujours au sujet de l’écran, j’ai été agréablement surpris par le mécanisme de verrouillage de celui-ci : La visière se démonte sans outils, d’un simple appui sur le bouton situé au milieu de l’articulation, d’une simplicité et efficacité qui n’a rien à envier aux grandes marques.

On note également la présence d’une bavette anti-remous, malheureusement sa fixation se faisant par l’intermédiaire de 4 pressions ne m’a pas convaincu : certaines pressions venant un peu trop facilement se déclipser lors de la manipulation de la mentonnière.

Le Dexter Adron est également livré avec un petit déflecteur nasal, un peu délicat à mettre en place à cause de ses trois points de fixation, mais qui tient solidement en place une fois installé. Le plastique employé pour cette pièce n’est malheureusement pas au niveau du reste du casque, avec notamment un ébavurage approximatif…

Le Dexter Adron Carbon et la sécurité

Gros point fort de ce casque : la présence d’un système d’extraction rapide des mousses des joues en cas d’urgence, qui permet de libérer la tête en cas d’accident avec un minimum de contrainte sur celle-ci.

La fermeture de la jugulaire s’effectue par l’intermédiaire d’une boucle micrométrique métallique et le fermoir dispose d’une languette permettant une ouverture facile.
Un système fiable et intuitif à l’usage (même si j’aurais préféré une fermeture double-D vue l’orientation sportive du Dexter Adron Carbon, mais aucun modulable ne semble proposer ce genre de fermeture à l’heure actuelle, toujours réservée aux intégraux sportifs).

La mentonnière s’ouvre facilement d’une main, et le large bouton de déverrouillage situé à l’avant se manipule aisément même avec des gants hiver.
La bonne fermeture est confirmée par le « clic » que laisse clairement échapper son mécanisme, ne laissant planer aucun doute sur le bon verrouillage du casque.
Pour moi qui ne suis pas un habitué, je me suis très rapidement fait à la manipulation et j’ai trouvé très rapidement mes marques. Un bon point.

Notez que le Dexter Adron ne dispose pas de la double homologation jet / intégral (comme par exemple le Shark Evoline), et que la protection n’est donc assurée qu’en position fermée, comme l’atteste la lettre « P » présente sur l’étiquette d’homologation située sur la jugulaire (« P » et « J » pour la double homologation)

Une isolation sonore perfectible

Les casques modulables sont généralement plus bruyants que les intégraux, c’est un fait. Et le Adron ne fait pas exception à la règle.
Ce à quoi s’ajoute un autre problème : Par nature, le carbone transmet plus facilement le bruit du vent que d’autres matières.
Ainsi pas de surprise, une fois passés les 70km/h, le Dexter Adron Carbon est vraiment un casque bruyant et ne peut rivaliser avec les références en la matière comme le Schuberth C3 Pro ou le Nolan N104. Mais il s’agit de casques nettement plus lourds et/ou proposés à un tarif plus élevé… Un choix s’impose.

Le bruit du vent se laisse entendre, certes, mais les ajustements de la visière et de la mentonnière sont bons et permettent aux joints de faire correctement leur travail, ainsi aucun sifflement n’est à signaler.

Si vous envisagez de longs trajets extra-urbains, les bouchons d’oreille s’imposeront.

Des ventilations efficaces

Même si la période hivernale pendant laquelle j’ai testé ce casque ne s’y prête pas vraiment, j’ai rapidement constaté l’efficacité des ventilations du Dexter Adron Carbon.

Le casque dispose de deux larges aérations :

  • Celle de la mentonnière se manipule très facilement et l’air qui rentre par l’orifice est directement propulsé vers le visage.
  • L’aération sur le haut du casque est en revanche un peu plus difficile à manœuvrer, il manquerait juste un petit ergot permettant de contrôler l’ouverture du volet.
    L’air passant par cette ventilation circule le sur le haut du calotin intérieur, rafraîchissant efficacement la tête en travaillant de concert avec les deux extracteurs situés sur l’arrière du casque, rappelant un peu ce qu’on retrouve chez Shark par exemple.
    Une partie de l’air est également redirigée directement vers le front.

En position fermée, aucun problème d’isolation, le haut et l’arrière de tête restent parfaitement au chaud. En revanche un courant d’air se fait sentir sur le bas du visage, à cause une nouvelle fois de la bavette anti-remous, décidément perfectible.

Bref, un casque qui se montrera idéal par grandes chaleurs, surtout une fois la bavette retirée.
Conjugué à son très faible poids, il excellera lors des déplacements urbains en été.

Communicant

L’intérieur du Dexter Adron est prévu pour faciliter l’installation d’intercom, comme le Dexter D-1. Mais bien évidemment, les emplacements des écouteurs étant de diamètre standard, il sera tout aussi aisé d’y installer n’importe quel autre intercom, comme les dispositifs proposés par Cardo ou Sena.

Le large espace entre le visage et la mentonnière sera un incontestable avantage pour installer confortablement un micro-perche.

Une note personnelle

Pour conclure, le Dexter Adron Carbon a réussi à me faire changer d’avis concernant les modulables. Même s’il ne s’agit définitivement pas du type de casque le plus adapté à ma pratique de la moto, le pari est clairement réussi concernant le poids.
Vu le tarif contenu, même s’il manque encore un peu d’équilibre vis-à-vis de la qualité des accessoires (manipulation de l’écran solaire, déflecteur nasal et fixation de la bavette), le Dexter Adron Carbon offre une prestation de choix.

C’est même un casque que je peux recommander aux élèves qui s’apprêtent à passer leur plateau, surtout si les cours se dérouleront sous la chaleur de l’été. Son excellente ventilation y fera merveille, et sa légèreté épargnera les cervicales des débutants.
Le coût supplémentaire par rapport à un casque plus basique pour débuter est à mon avis complètement justifié. Pour un budget plus serré, il existe toutefois une version en fibre de verre de ce même casque.

 

Mise à jour du 26/03/2018

Vidéo : Mon avis longue durée sur le Dexter Adron et son remplaçant le Adron Evo

Depuis la fin de l’année dernière, une version baptisée « Adron Evo » est apparue, qui corrige plusieurs problèmes rencontrés par la première variante.

En réalité c’est un casque que j’ai essentiellement porté pendant la belle saison de l’année 2017. La principale raison étant que le Adron est un casque plutôt mal isolé des courants d’air, et il se prête donc plus à être porté quand les températures sont clémentes, surtout si comme moi vos trajets sont plutôt d’ordre extra-urbain.

Il est important de souligner que ce casque ne dispose pas de la double homologation, attention donc à ne pas circuler avec en ayant la mentonnière relevée !

Pas génial en hiver, top quand il fait chaud !

Comme je viens de le dire, ce n’est pas le casque idéal pour l’hiver, d’autant que si le Adron est fourni avec un Pinlock afin d’éviter la buée par basse température, il ne s’agit pas du modèle « MaxVision » que l’on trouve sur beaucoup de casques aujourd’hui. Dommage, car cette lentille permet d’augmenter de façon importante la surface de l’écran couverte, et surtout augmente de façon importante le champs de vision.

En revanche, il s’agit d’un casque idéal quand il fait chaud, celui-ci étant exceptionnellement bien aéré. On trouve deux entrées d’air : un sur la mentonnière, et une sur le haut du casque. Celle du bas se manipule facilement en roulant, mais celle du haut aurait mérité un ergot pour faciliter son déplacement. Au final j’ai fini par m’habituer, mais ce n’est pas parfait.

Les problèmes de la première version du Adron

Pour laisser l’air circuler encore mieux, j’ai la plupart du temps retiré la bavette anti-remous sous la mentonnière. Pas seulement par confort, mais aussi car cette bavette posait un gros problème de fixation et avait tendance à se dé-clipser bien trop facilement…

Autre soucis, en position ouverte, le bas du casque avait tendance à s’écarter très légèrement, ce qui pouvait gêner à la bonne tenue du casque, et qui m’avait même valu de me questionner quant au bon choix de la taille lors de mon essai initial.

Cette déformation faisait aussi que le casque ne se verrouillait pas de façon franche en position fermée, ce qui pouvait laisser planer le doute vis-à-vis de la bonne fermeture de la mentonnière.
De même, la manipulation de l’écran solaire n’était pas franche non plus, avec un blocage en position haute pas toujours facile.

Light mais pas super isolé

Pour le reste, LE gros avantage est le poids ultra contenu que propose le Adron grâce a sa conception tout carbone, et pour moi qui ne suis pas un adepte du modulable, il faut bien reconnaître qu’il a été très agréable à porter, malgré une insonorisation tout juste dans la moyenne. Ne vous attendez pas à retrouver le niveau sonore d’un casque Schubert par exemple !

Du côté de la jugulaire, le Adron fait appel à une boucle micrométrique, simple d’utilisation et efficace. J’aurais personnellement préféré une fermeture type double-D vu le positionnement sportif de ce casque, mais ce n’est pas vraiment le genre de système souvent employé dans cette catégorie.

Les retours des utilisateurs pris en compte : Le Dexter Adron Carbon Evo

Le Adron « V1 » n’était donc pas exempt de défauts, certains comme le problème de fixation de la bavette, la difficulté de fermeture de la mentonnière et la manipulation de l’écran solaire ont été plutôt gênant sur le long terme.

Des défauts qui ont été remontés via le service client de Motoblouz au bureau en charge du développement des produits Dexter et DXR.

C’est donc en fin d’année 2017 qu’est arrivé le Dexter Adron Carbon Evo, ici dans sa version « Édition limité » munie d’éléments en plastique rouge métallisés du plus bel effet. Une version avec les mêmes parties couleur gris métal est disponible, en plus du coloris d’origine noir. Personnellement je trouve que ces petites touches de couleurs arrivent à sublimer le look très sportif de ce casque. Après c’est une question de goût, je sais qu’il y a beaucoup d’adeptes des équipements « full black » (la version noire existe toujours pour le Evo)

Des problèmes (presque) tous résolus

Il ne faut pas longtemps pour s’apercevoir que la majorité des points négatifs cités plus haut ont été corrigés : Plus de jeu dans la partie basse du casque, le verrouillage de la mentonnière se fait maintenant de façon nette et précise, avec un rassurant « clic » venant confirmer la bonne fermeture. Arrêté à un stop, on hésite plus à ouvrir le casque un instant de peur de mal le refermer ensuite.

Idem côté écran solaire, la manipulation ne pose plus aucun souci et le verrouillage en position haute est tout aussi satisfaisant.

Enfin pour la bavette, les pressions tiennent fermement, plus aucun risque de voir celle-ci se décrocher en ouvrant ou fermant le casque.

Ce qui a également eu pour effet d’un peu mieux isoler du froid, ce qui m’a permis de rouler une partie de l’hiver avec le Adron. Toujours sur de courtes distances néanmoins, il reste toujours aussi aéré.

En bonus, le casque semble même un peu moins bruyant, même si ce n’est pas flagrant.

Petite déception de cette version Evo, toujours pas de pinlock MaxVision.

Une dernière remarque, la manipulation de l’écran principal est un peu rude, notamment sur le premier degré d’ouverture : entrouvrir la visière est un peu brutal lors des premières sorties, mais ça s’arrange par la suite, une fois le mécanisme d’ouverture un peu « rodé ».

Dexter Adron Carbon Evo : Mon bilan

Au final le Dexter Adron Carbon Evo est un casque que je recommande, là où j’avais quelques réticences à conseiller la première version. Tous les défauts plutôt pénibles ont été corrigés, rendant le casque réellement plaisant à porter. Néanmoins il faut savoir qu’il s’agit d’un modulable orienté sport, plus adapté au quotidien qu’aux grands voyages, notamment en raison de l’isolation sonore et thermique assez moyenne. Pour les beaux jours et si la légèreté est un critère important pour vous, vous pouvez foncer !

Légèreté5
Finition4.5
Confort Intérieur4.25
insonorisation2
Aspects pratiques3.5
Ventilation4.5

Mon avis : Un modulable poids plume

Le point fort du Dexter Adron Carbon est indéniablement son poids. En faisant le choix du tout carbone, il s'agit d'un des rares modulables qui sait se faire oublier en toutes circonstances, même en position ouverte. Toutefois, son insonorisation perfectible le limite à un usage principalement urbain, ou alors les bouchons d'oreilles seront indispensables. De même, la protection contre le froid est limitée, réservant ce casque aux beaux jours, où il excellera lors des journées les plus chaudes grâce à sa ventilation performante.
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Cédric

Enseignant de la conduite et de la sécurité routière depuis 10 ans et motard depuis plus de 15 ans, j’ai lancé le site "Le Moniteur Hors Des Clous !" dans le but de partager le regard particulier que je portais sur l'actualité auto/moto, tout en amenant les lecteurs à penser “en dehors du cadre” concernant les événements en lien avec notre passion. Bénéficiant au quotidien d'une position d’observateur privilégié, j'essaye d’apporter un éclairage particulier sur la prévention routière, la législation et la formation, en dépassant les dogmes et en apportant les éléments nécessaires pour se forger sa propre opinion.