Essai casque LS2 MX436 Pioneer


Le casque LS2 MX436 Pioneer est-il un aventurier ? Pour le savoir, je l’ai testé pendant plusieurs semaines au guidon de diverses motos et sur une bonne variété de terrains. En route pour la Thaïlande !

Un casque « aventure » ?

Le casque LS2 MX436 Pioneer… En voilà un taillé pour l’aventure. La plupart des fabricants d’équipements moto ont su prendre la vague du trail lorsque ce marché spécifique a explosé. Ils proposent chaque année davantage d’innovations dédiées à cette pratique. Les motards sont de plus en plus nombreux à vouloir voyager, et surtout à vouloir poursuivre leur route lorsque l’asphalte disparaît. Que ce soit pour faire le tour du monde ou pour explorer les chemins de sa région, l’équipement, et surtout le casque, doit répondre à des critères bien spécifique pour convenir à un usage mixte terre / goudron.

… C’est quoi ?

Une face avant typée « cross », allongée, pour pouvoir respirer plus facilement dans les phases d’effort physique en tout-terrain, et pour éventuellement faire passer le tuyau d’un camelbak. De bonnes aérations sont aussi nécessaires pour refroidir les ardeurs du pilote. Il faut également une protection du visage plus efficace qu’un simple masque de cross pour les liaisons à haute vitesse et les arsouilles dans le sinueux, sur les portions goudronnées.

Un écran large, permettant une excellente vision même en pilotage debout, et une insonorisation correcte sont à prendre en compte. Un niveau de confort acceptable s’impose aussi. Surtout pour cet équipement qui aura souvent vocation à être porté de longues heures d’affilée.

Une visière réduira quant à elle les risques d’éblouissement, et surtout protégera l’écran des projections de pierres dues à la remise de gaz virile du pilote qui vous précède. La visière déviera également les impacts directs de branches d’arbres lorsque votre roadbook vous conduira dans d’hostiles jungles ou sous-bois. Un écran solaire intégré peut également être bien apprécié.

Pas tout à fait enduro, ni tout à fait roadster ou routier, l’ADN des casques « Adventure » repose donc sur un subtil équilibre qui vise la plus grande polyvalence possible. Un exercice pas facile pour les concepteurs de matériel. Les équipes de la marque LS2 ont-elles réussi à trouver le juste compromis avec ce casque LS2 MX436 Pioneer ? « Nous l’allons montrer tout à l’heure », comme disait ce bon vieux Jean de la Fontaine. Je profite d’un road trip de plusieurs mois en Asie du Sud-Est avec ma copine pour tester ce casque LS2 MX436 Pioneer. Retour sur un premier mois d’utilisation intensive !

Test longue durée du casque LS2 MX436 Pioneer

Quelques mots sur les conditions d’utilisation de ce casque intégral au cours des dernières semaines. Ma copine et moi-même sommes pour le moment basés au cœur du Triangle d’Or, cette zone située aux frontières de la Thaïlande, de la Birmanie et du Laos. Nous travaillons au quotidien avec certaines des minorités ethniques qui peuplent les montagnes et les jungles de la région. La moto est l’outil indispensable pour rejoindre ces peuplades reculées. Ou, les jours de « repos », pour explorer les environs.

Nous disposons de plusieurs motos, en fonction des besoins et des objectifs de chaque jour. Histoire de nous adapter au mieux aux contraintes du terrain. On trouve par ici des routes sensationnelles, que l’on croirait tracées par et pour des motards. Les courbes s’enchaînent sans fin sur un revêtement digne des plus grands circuits internationaux. La moto est rarement droite plus de 5 secondes et le genou jamais très loin du contact avec le sol… Du moins, j’aime le croire.

Mais ces routes ne mènent pas partout. Et il est parfois nécessaire d’enfourcher des machines taillées pour le tout-terrain. Les pistes de latérite sont magnifiques. Elles franchissent rivières et montagnes, menant l’audacieux motard au plus près des ethnies les plus reculées… Mais ces pistes peuvent parfois être très exigeantes, lorsqu’elles deviennent monotraces, qu’elles longent de vertigineux précipices, lorsque les dernières moussons ont creusé de profondes ornières, ou encore quand elles deviennent de véritables murs, au dénivelé impressionnant. Certaines portions sont recouvertes de fesh-fesh, cette poudre plus fine que la farine et qui n’est définitivement pas exclusive aux pistes africaines. Et puis très souvent, les pistes présentent tous ces profils à la fois…

Sur plusieurs montures…

Je roule donc tous les jours, parfois en duo avec ma copine, parfois en solo. En roadster ER-6 ou CBF650 pour arracher le bitume sur de longues distances, en CRF250 pour les zones plus sauvages et nécessitant des franchissements techniques, ou en trail Versys 650 quand un savant mix terre / goudron s’impose, ou s’il est nécessaire de transporter plus de bagages.

Difficile de trouver meilleures conditions pour tester la polyvalence d’un casque adventure, non?

A la réception

Lorsqu’on sort le casque LS2 MX436 Pioneer de sa boîte et de sa housse de protection, on se retrouve avec un casque au look résolument atypique entre les mains. Les aérations latérales bien marquées et le treillis asymétrique placé sur l’avant me font penser a un casque de pilote de chasse. Avec également un petit quelque chose de Star Wars. L’ensemble est en tout cas très réussi et homogène, pas du tout tape à l’œil. LS2 a su réaliser un casque esthétiquement différent, innovant, mais qui sait finalement rester sobre et discret.

Sa couleur Solid Mat vient souligner ses lignes et ajoute une petite « touch » de neutralité. Ce gris mat, que l’on voit rarement sur nos routes, est très réussi et me change du noir mat que je porte au quotidien.

On se rend également tout de suite compte que l’on a affaire a un casque très léger, avec 1350 g annoncés. Une prouesse pour un équipement de cette catégorie, avec visière et écran solaire intégrés. L’utilisation des dernières innovations en matière de composants en polycarbonates permet d’obtenir ce poids plume. Et sans compromis sur la solidité et la sécurité.

Dissection

Premières manipulations avant même d’enfourcher une moto. Le casque LS2 MX436 Pioneer s’avère suffisamment confortable malgré des mousses pas très épaisses à première vue. Mousses que je démonte immédiatement pour installer un système intercom. Démontage et remontage intégral rapide, sans difficulté particulière, pratique si l’on souhaite procéder à un lavage en profondeur.

Les mousses sont maintenues par un système de clips en plastique et de velcros. C’est la première fois que je vois ce genre de clip, étant plutôt habitué à trouver des boutons pression. Ces clips ont l’air un peu fragiles de prime abord, mais finalement très pratiques. Et après les avoir beaucoup manipulés sans ménagement, ils s’avèrent suffisamment solides et remplissent parfaitement leur rôle.

Focus sur l’écran

L’écran est très large et promet une excellente visibilité. Sa manipulation est aisée, même avec de gros gants, grâce à l’ergot situé au niveau du nez. En position ouverte, l’écran se fait oublier et disparaît presque complètement sous la visière. Tandis qu’en position abaissée, un petit « clic » confirme sa fermeture totale et son maintien en position verrouillée. Cet écran est traité anti-rayures, anti-buée et permet la pose d’un Pinlock. Il est aisément démontable et le profil du casque permet l’utilisation d’un masque de cross, si le besoin s’en fait sentir.

La visière est très profilée et promet un excellent aérodynamisme. En plus d’être esthétiquement agréable. Deux vis, conçues pour être manipulées sans outil, permettent d’ajuster facilement cette « casquette » afin qu’elle convienne parfaitement à la position et au style de pilotage de chaque motard.

L’écran solaire interne se manipule aussi facilement grâce à sa commande dédiée. Et il tombe parfaitement devant les yeux. Pour les binoclards comme moi qui roulent en permanence avec des lunettes, aucun souci d’utilisation de cet écran solaire. Et s’il n’est certes pas aussi efficace que de bonnes lunettes de soleil, il filtre suffisamment d’UV pour être bien appréciable lorsque le soleil est bas sur l’horizon. Ou pour atténuer la forte luminosité tropicale avec laquelle je dois composer en ce moment.

Et les aérations…

Les aérations permettent une bonne circulation de l’air à l’intérieur du casque. Deux prises d’air sont situées de chaque côté, deux autres sur le haut du crâne, et enfin une principale à l’avant, devant la bouche. Cette dernière est la seule à disposer d’un bouton de réglage, situé sur la face interne, permettant d’ajuster à son gré l’ouverture de la prise d’air. Amplement suffisant à mon sens.

Soyons honnêtes, combien sommes-nous à manipuler régulièrement les différentes aérations dont nos casques sont pourvus ? Une fois le réglage optimal trouvé, en général on n’y touche plus. Et justement, le réglage par défaut des aérations du casque LS2 MX436 Pioneer est très satisfaisant. Reste à jouer de temps en temps avec la prise d’air de la face avant pour parfaire le confort en fonction des conditions rencontrées.

En selle

A l’assaut des routes parfaitement goudronnées qui serpentent dans les montagnes à proximité de la frontière birmane, on peut sortir la grosse attaque en roadster. Un casque typé sport ferait ici parfaitement l’affaire. Pourtant le casque LS2 MX436 Pionner sait se faire oublier dans ces conditions. Son profil aérodynamique ne laisse aucune turbulence perturber le pilotage. Même sur une moto non équipée de bulle. Sa bonne pénétration dans l’air ne génère aucune fatigue musculaire… Vos cervicales vous remercieront d’avoir choisi ce casque.

Aucun souci non plus à la rotation de la tête, même à vitesse soutenue. Cela peut sembler idiot de le préciser, mais j’ai eu l’occasion de porter des casques qui se font cruellement sentir lorsque l’axe de la tête quitte momentanément celui de la moto. Sur ce casque LS2 MX436 Pioneer, les ajournements profilés de la visière permettent au regard de suivre naturellement la trajectoire dans les courbes serrées et les épingles… Ou de jeter un petit coup d’œil dans l’angle mort sans effet rédhibitoire de prise au vent.

Seul point négatif à signaler : une insonorisation un peu faible au-delà de 110 – 120 km/h. Le bruit aérodynamique se fait alors plus persistant. Si comme moi, vous appréciez rouler avec de la musique dans les zoreilles, il faudra pousser le volume jusqu’à des niveaux peu recommandables. Rien de rédhibitoire pourtant, et puis nous l’avons vu, un casque type aventure repose sur un équilibre subtil. L’insonorisation pourrait être améliorée à haute vitesse… Mais au détriment de la ventilation et du confort à basse vitesse dans les chemins. A chaque pilote de décider où placer le curseur au moment de choisir son casque.

Et dans les chemins justement ?

De longues sessions enduro m’ont permis de juger des bonnes qualités de ce casque LS2 sur les pistes. Visibilité excellente aussi bien en position assise que debout. On profite pleinement des paysages tout en gardant un œil attentif sur la trace qui défile devant les roues.

Dans les secteurs de franchissements plus musclés, le casque LS2 MX436 Pioneer laisse suffisamment d’espace devant la bouche pour respirer à pleins poumons, même avec l’écran fermé… Ce qui est souvent nécessaire ici, tant les insectes rencontrés n’ont rien à voir avec le petit gabarit des moucherons de nos campagnes européennes.

La ventilation est elle aussi parfaitement satisfaisante. Bien sûr, elle trouve ici ses limites à faible vitesse lorsque l’effort physique est intense, avec une température moyenne de 38 degrés. Aucun casque ne ferait de miracle dans ces conditions. Et puis, on est là pour faire du sport. Alors on transpire, c’est comme ça. Pourtant la fraîcheur circule à nouveau dès que la piste se fait plus roulante, et le pilote apprécie pleinement les efficaces prises d’air de ce casque LS2.

Côté sécurité

Le casque LS2 MX436 Pioneer est conçu en polycarbonate et composites thermoplastiques. Un gage de légèreté et de solidité. Certifié ECE 22.05, ce casque répond aux normes d’homologation les plus draconiennes. Sa jugulaire se ferme par boucle réglable micrométrique, fort pratique. Un système d’extraction d’urgence des coussinets de joues permettra aux secours d’intervenir dans les meilleures conditions en cas d’accident.

Je n’ai pas poussé le test jusqu’à mettre à l’épreuve sa résistance au crash. Vous me pardonnerez ce léger manque de professionnalisme. Je peux pourtant vous préciser que de rudes contacts avec de grosses branches et de solides bambous en travers de pistes n’ont pas laissé de traces significatives sur le casque. Ni sur mon intégrité physique.

Par ailleurs, un très bon ami utilisateur de ce même casque LS2 MX436 Pioneer en moto trail a pour habitude de le porter également lorsqu’il repousse ses limites en snowboard. Pourquoi pas. Il m’a fait part d’un très violent crash survenu cet hiver avec fort impact de la tête sur neige glacée, lui faisant craindre le pire notamment pour la visière… Et il n’a finalement pas bronché, et a accepté de bonne grâce ce mauvais traitement. Il fut lui-même très bien protégé et ne semble souffrir d’aucune séquelle cérébrale. Du moins, pas plus qu’avant cette quiche.

Poids4.5
Ergonomie4
Confort3.75
Insonorisation3
Ventilation4.25
Finition4.25

Mon avis : L'équipement polyvalent par essence

Un très bon casque de milieu de gamme, avec un excellent rapport qualité/prix. Taillé pour divers types d’utilisations, on touche là à l’essence même de l’équipement polyvalent. Quelques points peuvent être améliorés, comme l’insonorisation par exemple. Mais le casque LS2 MX436 Pioneer satisfera de nombreux baroudeurs. Les mousses internes pourraient être un peu plus épaisses, mais elles épousent assez bien la morphologie du pilote après quelques heures d’utilisation et restent suffisamment confortables. En tout cas, c’est certain, je ferai encore de très nombreux kilomètres avec ce casque, lui confiant ma sécurité sans crainte.
3.95

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Cédric Bret

Baroudeur de petite et longue portée, j'avoue une préférence pour les bécanes tâchées par la boue des grands espaces. De nombreux périples au compteur, souvent dans des contrées exotiques, à la rencontre des gens du cru !