Fact checking : On débunke les principales légendes urbaines autour du casque moto


Faut-il jeter un casque après 5 ans de bons et loyaux services ? Peindre un casque moto, le pire truc à faire ? On a fait le tour des principales légendes qui gravitent autour du casque moto pour trier le vrai du faux. Et vous allez probablement être surpris(e) par certaines !

Gage que ce que je vais vous raconter tient la route : j’ai fait appel à des professionnels issus de divers corps de métier : pompiers, service d’aide médicale d’urgence (SAMU), fabricants de casques moto (Shoei, Roof et Dexter), policiers et gendarmes motocyclistes. Si avec ça, je ne vous convaincs pas !

« La durée de vie d’un casque moto, c’est 5 ans »

5 ans, la barre fatidique… Est-il vrai qu’un casque que vous possédez depuis plus de cinq ans ne peut plus protéger correctement votre noble crâne ?

Avant les années 2000, c’était vrai. À l’époque (je vous parle d’un temps…), la calotte externe du casque était fabriquée en plastique ABS, un matériau sensible aux UV qui finissait par devenir cassant avec le temps. Pas top pour la sécurité, vous en conviendrez !

Depuis, l’industrie du casque a fait d’énormes progrès. Les matériaux utilisés – polycarbonate, fibre composite – tiennent largement plus de 5 ans, UV ou pas. D’ailleurs, les vernis utilisés de nos jours jouent un véritable rôle de protection contre les méchants ultraviolets.

Quand on leur pose la question, les fabricants estiment qu’un casque dont on a pris soin, exempt de choc ou chute et manifestement en bon état peut dépasser les 5 ans. L’âge de 8 ans a même eu droit de cité. Tout dépend surtout de votre usage : si vous roulez vraiment beaucoup, vous aurez tout de même intérêt à le changer avant, ne serait-ce que pour des raisons de confort.

Quand vous décidez de changer votre casque, profitez-en pour faire votre BA du jour : allez frapper à la porte de la caserne de pompiers la plus proche de chez vous et confiez-leur votre vieux casque. Ils s’en serviront en entraînement.

Casque moto en train de tomber quasiment au contact avec le sol

« Attention chérie, ça va taper »

« Un casque tombé par terre est bon pour la benne »

Si je cogne mon casque ou s’il tombe par terre, mon casque est-il définitivement hors service ? Eh bien pas obligatoirement ! Tout dépend de l’importance du choc. Je vous laisse approfondir la question dans cet article dédié aux casques tombés par terre.

Bien entendu, en cas d’accident, considérez-le comme inapte au service, même s’il est visiblement en bon état. Si la coque externe n’est pas fragilisée, le calotin interne s’est quant à lui écrasé sous le poids de votre tête, remplissant son rôle d’amortisseur. Il ne peut jouer ce rôle qu’une seule fois, son remplacement est donc indispensable.

« Repeindre son casque empêche les secours de faire des radios du crâne à travers en cas d’urgence »

Celle-ci est pleine d’incertitude, mais dans le doute, on la croit… Repeindre son casque ou le barder d’autocollants empêche-t-il vraiment les secours de vous faire passer une radio ou d’effectuer tout autre examen en cas d’accident grave ?

La réponse est non. Tout simplement parce qu’en cas d’accident grave, l’équipe urgentiste intervenante retirera le casque dans tous les cas. Ils ont des procédures spécifiques pour lesquelles ils s’entraînent régulièrement. Jamais mon interlocutrice n’a vu un motard passer une radio ou subir un autre examen avec le casque sur la tête en 15 ans d’expérience. Même si la personne est gravement touchée, elle devra être intubée, ce qui impose d’office le retrait du casque.

Bref, vous pouvez décorer votre casque comme vous l’entendez. En revanche, si vous repeignez votre casque, attention aux produits utilisés : ils ne doivent surtout pas fragiliser les matériaux du casque.

Casque moto jet décoré de nombreux autocollants

Feu vert pour les autocollants sur le casque ! – Photo casque-moto.com

« Les autocollants rétro-réfléchissants sont obligatoires »

On parle bien des autocollants blancs réfléchissants livrés avec votre casque. Et bien oui (malheureusement), ils sont obligatoires en France – et rien qu’en France. Il existe même une norme précisant leurs emplacements, leurs tailles et formes.

D’ailleurs, le fait de ne pas les mettre sur notre territoire constitue vis-à-vis de la loi la même entorse que de porter un casque non homologué… Dans ce cas, vous êtes passible d’une amende de 135€ et d’un retrait de 3 points sur votre permis de conduire.

Bonne nouvelle, il existe des autocollants réfléchissants pour casque noirs, plus discrets dans la plupart des cas que les blancs ou gris clairs fournis d’origine. Tant qu’ils ont la même forme et taille que les originaux et qu’ils réfléchissent en blanc, ils sont acceptés.

« Les écrans fumés sont interdits sur route ouverte »

Ai-je le droit de monter un écran fumé sur mon casque moto ? L’idée est tentante, autant pour le look que pour la protection des yeux pour les casques non pourvus d’écran solaire interne.

Les écrans homologués pour rouler sur route doivent laisser passer un certain pourcentage de lumière, de jour et de nuit. Donc de jour certains écrans fumés sont autorisés, sous réserve qu’ils soient labellisés « utilisation de jour uniquement » ou « usage piste uniquement » pour un usage… sur piste.

De nuit, c’est écran clair (ou cristal) obligatoire. Et même, certains écrans pourtant clairs, mais équipés d’un Pinlock, ne laissent pas passer assez de lumière : ils ne sont donc pas homologués pour rouler de nuit !

Concernant les écrans iridiums, ils ne sont tout simplement pas homologués pour un usage sur route.

Casque schuberth c4 Pro équipé d'un écran iridium

L’écran iridium miroir est interdit sur route ouverte

« J’affiche mon groupe sanguin sur mon casque pour plus de sécurité »

On raconte parfois qu’il est bon d’inscrire son groupe sanguin sur le casque afin de faciliter le travail des urgentistes. Il paraît évident qu’il sera plus facile de vous faire une transfusion s’il n’y a pas d’examen préalable à effectuer en cas de souci, non ?

Pourtant, dans les faits, cela ne sert à rien. Eh oui, rien ne prouve que ce casque vous appartient bien ! S’il vous arrive quelque chose, avant de faire une transfusion, l’équipe médicale effectuera donc une recherche de votre groupe. Et si c’est une urgence absolue, il reste la solution du groupe universel.

« Acheter un casque d’occasion, c’est le bon plan »

Un casque d’occasion, même à un tarif ultra attirant, n’est pas forcément une bonne chose. Que savez-vous sur la vie de ce casque ? A-t-il déjà été accidenté, a-t-il subi des chutes, des modifications ? Bref c’est selon moi tout sauf une bonne affaire.

Mon tuyau pour faire baisser la facture d’un casque, choisissez les coloris unis. En général ils sont entre 100 et 150 € moins cher que ceux parés d’une déco. Et je ne parle même pas des réplicas, qui eux peuvent vite faire monter la facture…

Shoei NXR 2

Le Shoei NXR 2, l’un des premiers casques homologué ECE 22.06 et testé par mes soins !

« Il faudra remplacer son casque ECE 22.05 en 2024 »

Avec l’entrée en vigueur de la norme ECE 22.06  pour les casques moto à compter de 2024, les casques de l’ancienne norme (ECE 22.05) devront -ils être remplacés ? Rassurez-vous, ce n’est pas du tout le cas !

En fait, l’obligation en question concerne les revendeurs (comme Motoblouz) qui ne pourront plus vendre de casque ECE 22.05 à partir du 1er janvier 2024. Mais les casques ECE 22.05 achetés jusqu’à cette date pourront être utilisés sur route sans problème.

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Thibaud

Amateur de gros roadsters et de routes à virages. La moto pour moi est un loisir, je l'utilise rarement en tant qu'utilitaire, je me balade souvent avec les copains ou en duo avec mon fils.