Essai bottes route Forma Safari


Si l’appellation Safari évoque pour vous les pistes de terre à l’autre bout du monde, chez Forma, le mot semble être plutôt synonyme de routes bien bitumées. Les bottes Forma Safari appartiennent en effet à la gamme touring du fabricant italien. On peut donc compter sur elles pour aller bosser à l’abri des aléas météo comme pour voyager avec armes et bagages. C’est du moins ce qu’on a voulu vérifier par un essai !

Une rigidité sans conséquence

Premier contact : sorties de leur belle boite, les Forma Safari flattent l’œil par leur forme élancée. Mais tout de suite, on les sent bien rigides, et une fois enfilées, ce ressenti se confirme. L’inquiétude naît : va-t-il falloir les roader roder longuement avant qu’elles offrent tout leur potentiel en terme d’ergonomie ? Une fois en position sur mon roadster, je n’ai plus eu aucun reproche à formuler à ce sujet, même lors du premier trajet. Mieux, il aura suffi de quelques centaines de kilomètres pour « casser » le cuir et les rendre tout à fait imperceptibles, signe d’un agrément avéré. Sans parler de charentaises motardes, le rapport protection/souplesse me semble suffisant ! Bref, n’ayez pas peur s’il vous avez l’impression de manipuler des bottes en bois quand vous les recevez… Et puis notez qu’on a affaire ici à du vrai cuir pleine fleur dont l’une des caractéristiques est de bien se faire aux pieds au fil du temps, et pas l’inverse !

Bien taillées, les bottes Forma Safari

J’ai beaucoup apprécié le « taillant » des Forma Safari. En dépit de mes mollets de poulet, j’ai pu les serrer convenablement. Que les plus costauds que moi se rassurent, la fermeture velcro offre assez de latitude pour eux aussi, et puis l’échancrure à l’arrière suffira à laisser le muscle des footeux chevronnés suffisamment libre. Un coup d’œil aux avis clients achèvera de vous convaincre que les Safari siéent (si si, ça se dit !) à toutes les morphologies.

Qui plus est, leur forme slim, cheville comprise, les rend assez élégantes. Dynamiques, mais sans verser dans la parodie de bottes sportives. Bon, vous avez raison c’est avant tout une affaire de goût.

Des protections bien intégrées

Je ne sais pas si on s’en rend compte en photo, mais la tige des Forma Safari monte bien haut. Voilà qui s’avère rassurant en matière de protection. À plus forte raison parce que ces bottes embarquent en toute discrétion bon nombre de renforts. Entre la large coque insérée sous le cuir au niveau des tibias, les disques qui préservent les malléoles des chocs, les renforts sélecteur étendus jusqu’aux doigts de pieds, ceux intégrés autour des talons, vos pieds sont sous haute protection ! Leur certification en tant qu’EPI, certes obligatoire pour des bottes moto, confirme ces aptitudes.

Pas de gêne sur 8h de trajet d’affilée

C’est bien gentil toutes ces considérations techniques, mais les bottes sont faites pour être portées et pas examinées sous toutes les coutures ! Je glisse sans peine mon pied à l’intérieur, je remonte le zip (gare au soufflet d’étanchéité, très (trop ?) grand, qui s’y prend facilement) et je rabats le volet velcro. Dans mon cas (mollet fin, tout ça), le volet rebique un peu (voir photo). Je le passe sous mon pantalon DXR et cette particularité disparaît aussi sec. On peut y aller !

Sur la moto, le bout du pied s’avère assez fin pour se glisser sous le sélecteur. Pas besoin de s’y habituer à coup de faux points morts comme avec d’autres bottes neuves, je suis directement opérationnel ! J’apprécie aussi le grip sur mes repose-pieds garnis de caoutchouc. Même constat au sol. Gravillons, bandes blanches et bitume détrempés : check.

Pour ne rien gâcher, le confort est à la hauteur, même sur longs trajets. Une qualité que j’ai pu valider lors d’un p’tit périple de 8 heures avec l’Aventurier Viking, en bonne partie sous la pluie !

Une membrane vraiment étanche…

Pourtant, jusqu’à présent, question étanchéité, j’étais plutôt du genre Gore-Tex à tout prix, pour les bottes comme pour le reste de l’équipement. À titre d’exemple, mes vieilles Alpinestars Web Gore-Tex ne m’ont jamais déçues. Même si les années les ont généreusement défigurées, elles n’ont jamais pris l’eau. J’avoue par extension avoir quelques a priori sur les membranes « maison » des fabricants, après quelques déceptions par le passé. Enfin disons plutôt que j’attends qu’elles fassent leurs preuves avant de les conseiller sans arrière-pensées. Et justement, la membrane Drytex des Forma Safari m’a impressionné ! Un trajet de trois heures sous une pluie constante n’a ainsi pas laissé une goutte d’eau s’infiltrer. Ce qui n’est pas une mince affaire, entre les trombes d’eau, les projections de la route, le brouillard levé par la roue avant, l’eau qui ruisselle du pantalon… Bon point également pour la tige très haute, qui permet à nos Forma de vous tenir au sec même si votre pantalon remonte un peu trop (je m’adresse aux motards de plus d’un mètre quatre-vingt, là).

… avec ses avantages et ses inconvénients

Comme 9 paires de bottes moto sur 10, la conception des Forma Safari les rendra plutôt confortables à la mi-saison et en hiver. Un pic de température estival les a transformées en étuve, Air Pump System ou pas. Cet aménagement consiste en de petites canalisations pratiquées sous la semelle intérieure. Celles-ci sont censées laisser l’air circuler aussi sous votre pied pour une meilleure respirabilité. Pas de miracle, la transpiration a imprégné mes chaussettes à 35°C… Bref, dans ce domaine, elles font comme les concurrentes, pas mieux ! La membrane Drytex, bien étanche, atteint donc ses limites en respirabilité. Si vous en êtes victime, quand vous arrivez à destination, n’oubliez pas de retirer la semelle. Cette rapide manoeuvre accélère le séchage et limite l’apparition de mauvaises odeurs. Parce qu’un motard ne pue pas des pieds, pas vrai ?

Photos SH

Protection7.5
Confort7
Étanchéité9
Ergonomie9
Aspects pratiques8
Finition8

Mon avis : Rien à redire, sauf au plus chaud de l'été

Les Forma Safari m'ont sincèrement convaincu. Voilà l'un de ces produits pour lesquels on se dit avec satisfaction "j'en ai grassement pour mon argent" ! Parce qu'à ce prix, on peut difficilement se plaindre de leur prestation. Une fois rodées, elles assureront en toutes circonstances, exception faite des grosses chaleurs (comme presque toutes leurs concurrentes à leur décharge !) Donc du 36 au 47, vous tenez peut-être les remplaçantes idéales de vos bottes moto pour aller bosser et voyager !
8.1
Tags CuirRoute

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Loïc

Rédacteur et testeur pour Motoblouz, je suis l'extra-terrestre qui attend impatiemment la pluie pour mettre à l'épreuve l'étanchéité d'une veste ou d'une paire de gants... Fan inconditionnel de routes à virages, la moto est pour moi un moyen d'évasion comme un moyen de transport.

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