Essai pneus route Metzeler Roadtec 01


Je vous présente le Metzeler Roadtec 01, tout dernier pneu routier présenté par le manufacturier allemand ! Si le nouveau venu se veut être le descendant du Roadtec Z8 Interact, il ne le remplace pas au catalogue de Metzeler. Une bonne nouvelle tant le Z8 a séduit ceux qui l’ont essayé par son grip sur le sec et le mouillé, même s’il commence à dater. En d’autre termes, le Metzeler Roadtec 10 doit placer la barre très haut s’il veut se surpasser son aïeul, et plus largement s’il entend se faire une place auprès de concurrents toujours plus acérés…

Mise à jour du 25 octobre 2017 : Mon retour à la fin de la vie de mes Metzeler Roadtec 01 au bas de cet article !

2000 km en bonne compagnie

Pour me faire une idée de la question, ma R 1200 R s’est vue montée d’un train de Metzeler Roadtec 01 avec qui j’ai fait connaissance pendant un peu plus de 2 000 km. Et je dois dire que ces pneus classés dans la catégorie Sport-GT m’ont acquis à leur cause, en particulier sur le mouillé.

Si bien qu’une nouvelle fois, je me pose la question de l’intérêt d’opter pour des pneus plus sportifs pour un usage sur route ouverte… Des pneus sportifs homologués route comme les Metzeler M7RR s’useront pas loin de deux fois plus vite que les Roadtec 01, sans apporter un surplus phénoménal côté perfs, en tout cas dans les conditions de circulation et de météo variées qu’on peut trouver sur route. Reste que les fans de pilotage façon Tourist Trophy et de courbes prises à plus de 150 km/h pourront douter de cet avis subjectif, car tel n’a pas été mon protocole de test 😉

Les Metzeler Roadtec 01, stables et progressifs

Une chose est sûre : le grip des Metzeler Roadtec 01 est au-dessus de tout reproche ! Rapidement en température (en tout cas plus vite que mon flat), ils mettent en confiance très vite. En dépit d’un profil plus pointu que celui des Z8 qu’ils sont censés dépasser en maniabilité, je les ai trouvés assez progressifs, un peu dans la veine des Pirelli Angel GT que j’avais aimés pour ça. Moi qui ai une préférence pour une sensation d’assise franche sur l’angle que je trouve rassurante, j’ai été servi. La carcasse en ceinture acier à 0° joue bien son rôle ! En revanche, ceux qui priorisent la maniabilité pure et dure pour des changements d’angle rapides trouveront sans doute davantage leur compte avec le Dunlop Roadsmart 3, testé l’année dernière.

Moi qui ai une préférence pour une sensation d’assise franche sur l’angle que je trouve rassurante, j’ai été servi…

Un grip irréprochable

Courbes serrées, ouvertes, rapides, lentes, j’ai testé le Metzeler Roadtec 01 dans toutes les configurations sans jamais le mettre en défaut. Le composé tendre qu’on trouve sur les épaulements du pneu arrière (lequel est un bigomme) adhère comme du scotch d’emballage à un carton – pardon pour cette comparaison, déformation professionnelle ! J’ai eu beau accélérer ou freiner en pleine courbe puisque ma partie cycle le permet, jamais un raté. Enfin si, une fois, mais les pneus n’y sont pour rien contrairement aux gravillons non signalés… Depuis, j’ai fait monter des crash-bars SW-Motech par Nico de l’atelier Motoblouz 😉

J’irai même jusqu’à dire que le tempérament sportif se révèle sur l’angle : sur mes précédentes montes, je n’avais rencontré aucun soucis pour atteindre les bords du pneu. Avec le Metzeler Roadtec 01, il m’a fallu batailler un peu plus. Mon impression : il accepte plus d’angle, foi de poireau !

Repoussez vos limites sur le mouillé

Mais le meilleur reste à venir… La plus grande qualité de cette gomme, c’est sur le mouillé qu’elle m’est apparue, pendant un grand périple un week-end d’orage – trois pleins de BM, ça en fait des kilomètres ! L’itinéraire, étudié pour son degré de virolitude, me fait passer par l’Ardèche. Frustration ultime, les courbes affriolantes se déroulent sous mes pneus, mais le revêtement est rincé par les averses successives. Eh bien croyez-moi, j’ai quand même fini par m’amuser presque sans arrière pensée. Virage mouillé après virage mouillé, avec le Metzeler Roadtec 01, on fait reculer la barrière psychologique du « plus penché, je tombe » !

Virage mouillé après virage mouillé, avec le Metzeler Roadtec 01, on fait reculer la barrière psychologique du « plus penché, je tombe » !

Plus rassurant, tu meurs. Beaucoup de sculptures, ça joue, c’est sûr. Le taux d’entaillement (c’est à dire la surface de sculptures au centimètre carré) se montre clairement supérieur à la moyenne, un peu dans l’esprit des Michelin Pilot Road 4. C’est d’ailleurs ce qui leur vaut ce look assez atypique, qui ne fait pas forcément l’unanimité. Votre avis sur la question est bienvenu en commentaire !

Leur défaut : Un bruit de roulement supérieur à la moyenne

Des défauts, le Metzeler Roadtec 01 n’en a pas vraiment. Ah si, maintenant que je me creuse, je lui en trouve un, mineur : il est bruyant ! Le pneu avant, surtout, émet une sorte de sifflement assez grave, qui devient plus aigu avec la vitesse. Rien de vraiment gênant en soi, mais lors des premières sorties, on ne peut s’empêcher de penser à une baisse sévère de la pression des pneus ou à la manifestation d’une paire de roulements de roue en fin de vie… Attention, le bruit n’est pas aussi présent qu’avec des pneus mixtes de trail, quand même, faut pas pousser, mais si vous êtes un habitué des pneus routiers et que vous les adoptez, ne soyez pas surpris, c’est normal. La contrepartie du fameux taux d’entaillement, sans doute ! Bref, rien d’éliminatoire.

Durée de vie : J’y reviendrai !

Et le kilométrage ? Les photos de la galerie l’attestent, après 2000 km, mes Roadtec 01 ont encore de beaux jours devant eux. Je vous tiendrai au courant quand j’aurai un peu plus de recul sur la question, parce qu’avec autant de sculptures, on peut se demander si sa durée de vie sera entamée. Si l’on en croit Metz’, il n’en est rien : le manufacturier annonce 10% de distance en plus par rapport à son prédécesseur, le Roadtec Z8 Interact. une histoire de formule de gomme, encore, ça ! Même interrogation pour la stabilité des performances dans le temps.

Le prix quant à lui est conforme à celui de ses concurrents directs. Et je ne sais pas si c’est un argument pour vous, mais sachez enfin que ce pneu est fabriqué en Europe, dans l’usine Metzeler sise à Breuberg, non loin de Francfort (Allemagne), pour être précis. Bref, à Francfort, on trouve des saucisses et des boudins !

À noter : Si vous roulez sur une grosse GT et que vous voulez tester les Metzeler Roadtec 01, sachez qu’en plus de la version standard, une version HWM (Heavy Weight Motorcycles) – dédiée aux motos les plus lourdes – est disponible.

 

Mise à jour du 25/10/2017

Longue durée : 9 000 kilomètres de bonheur avant l’usure

Cette fois, c’est la fin. L’heure du témoin est toute proche… Il m’aura donc fallu 9 000 km pour venir à bout de Metzeler Roadtec 01, kilométrage pendant lequel je n’ai rien eu à reprocher à ces gommes. Notez que l’avant et l’arrière sont tous deux en fin de vie à ce kilométrage. Dans mon cas, l’usure se montre clairement plus importante sur les épaulements que sur le centre de la bande de roulement. Dans la mesure où ce pneu a essentiellement parcouru des routes de montagne, rien de surprenant.

Sur la seconde moitié de la durée de vie des Metzeler Roadtec 01, j’ai constaté une usure irrégulière sur les bords du pneu, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière. Une usure en escalier, je dirais, déjà rencontrée sur ma monte précédente, des Dunlop Roadsmart 2. Réglage de suspension ? Freins/frein moteur trop fort sur l’angle ? Je n’ai pas d’explication sur la genèse de cette déviance. Une chose est sûre, la pression, surveillée de près avec un TPMS, n’est pas en cause. Bien que visuellement peu rassurante, cette usure atypique n’a eu absolument aucune incidence sur le feeling de la moto. La sensation de grip n’a jamais été altérée, et aucun comportement parasite ne s’est manifesté.

Tout au long de ces 9000 km, le pneu sport-GT de Metzeler ne m’a jamais déçu. Il ne m’a jamais causé de mauvaise surprise, même en toute fin de vie, sur une chaussée débordant d’eau et tapissée de feuilles mortes. Vous pouvez y aller en confiance. Mieux, son principal défaut, le bruit de roulement supérieur à la moyenne, s’est estompé au fil des sorties. Bref, le Metzeler Roadtec, pour moi, c’est que du bonheur !

Agilité4.25
Grip sur le sec4.75
Grip sur le mouillé5
Temps de chauffe4.5
Longévité4.5

Mon avis : C'est pas lui qui rendra la main !

Le Metzeler Roadtec 01 est bluffant. Collé au bitume sur le sec, impérial sur le mouillé, ce pneu rassure et invite à se dépasser grâce à la confiance qu'il instaure entre votre moto, la route, et vous. Son seul défaut, c'est un bruit de roulement supérieur à la moyenne. M'enfin passé 50 km/h, on ne l'entend plus, et si vous êtes de ceux qui ont customisé leur ligne d'échappement, vous ne noterez même pas la différence. En ce qui me concerne, c'est pas ce qui me fera changer de monte !
4.6

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Loïc

Rédacteur et testeur pour Motoblouz, je suis l'extra-terrestre qui attend impatiemment la pluie pour mettre à l'épreuve l'étanchéité d'une veste ou d'une paire de gants... Fan inconditionnel de routes à virages, la moto est pour moi un moyen d'évasion comme un moyen de transport.